ART. III, $ VII, — PARALYSIES PARTIELLES DU POIGNET
(ce que l’on observe fréquemment dans la paralysie saturnine), le premier métacarpien est placé d’une manière continue dans une opposition et dans une adduction encore plus grandes, et en même temps les deux phalanges du pouce sont infléchies dans la paume de la main, comme dans la figure 217. Il en résulte que le pouce se trouve ainsi enfermé dans la paume de la main, lorsque le sujet ferme celle-ci ou lorsqu'il veut saisir avec elle un objet quelconque.
L'absence du court extenseur du pouce (seul producteur réel de
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Fiori Fic, 218.
l’abduction du premier métacarpien) occasionne de la difficulté dans certains actes, comme lorsqu’en écrivant ou en dessinant, le trait est dirigé d'avant en arrière. On remarque en effet (voyez la fig. 218) que, dans ce mouvement, le premier métacarpien se porte dans l’abduction, pendant que les deux phalanges sont fléchies, ou, en d’autres termes, que Ce mouvement, opposé à celui qui trace le trait d’arrière en avant, est produit par le court extenseur et le long fléchisseur du pouce.
Par le fait de la paralysie du long fléchisseur du pouce, les mouvements de la deuxième phalange du pouce sont complétement abolis, et l'articulation phalango-phalangienne ne tarde pas à s’ankyloser. On comprend que les usages de la main en soient nécessairement restreints et considérablement gènés.
S VEH. — Paralysie des muscles extenseur abducteur (premier radial) (extenseur adducteur), cubital postérieur extenseur direct (second radial) du poignet.
Les paralysies partielles des muscles extenseur adducteur et extenseur abducteur du poignet surviennent consécutivement à la lésion traumatique du nerf radial ou de ses filets, dans la paralysie salurnine et dans la paralysie rhumatismale du nerf radial. C'est ce qui ressort de l’observation pathologique.
Ï. — FAITS FHYSIOLOGIQUES FONDAMENTAUX,
A. — Le premier radial est extenseur adducteur de la main; — le çubital postérieur produit l'extension avec adduction, — et le second radial l’extension directe.
B. — Le premier radial est le plus important des muscles extenseurs de la main, parce que seul il exécute le mouvement d’abduction nécessaire aux principaux usages de la main, et parce qu'étant destiné à modérer l’action adductrice du cubital postérieur, une déformation de larticulation du poignet se produit, conséculivemeñt à sa paralysie, déformation qui maintient celui-ci dans une abduction exagérée et irréduclible à la longue, el gène ou même annule quelques fonctions de la main.
ÎT. — TROUBLES FONCTIONNELS ET SIGNES DIAGNOSTIQUES.
Lorsque les trois muscles extenseurs du poignet (le premier radial, le second radial et le cubital postérieur) sont simultanément paralysés, le diagnostic est facile, car le poignet tombe toujours, alors même que les extenseurs des doigts sont sains, ces muscles étant par eux-mêmes incapables de produire avec quelque force l'extension du poignet. Mais on pourrait méconnaître les paralysies partielles des extenseurs du poignet (paralysies partielles que j'ai fréquemment observées dans la paralysie saturnine), parce qu'alors l’extension de ce dernier est alors encore possible.
Si le premier radial est seul affecté, l'extension du poignet ne peut être faite sans adduclion. C’est au contraire l’abduction du poignet qui a lieu pendant son extension, lorsque le cubital postérieur est paralysé.
La paralysie du second radial ne semble troubler aucunement l'extension du poignet, car l'extension directe est, dans ce cas, produite par la synergie des premier et second radiaux, et extension abductrice ou adductrice a lieu par Paction isolée ou par la prédominance de l’un deux. Qn reconnaît cependant la paralysie du second radial par le défaut de tension de son tendon, pendant l’extension du poignet, Enfin ce dernier mouvement se fait avec moins de force.
Les troubles fonctionnels occasionnés par l’impossibilité de relever le poignet sont trop connus pour que j'aie à les décrire ici.
[1 n’en est pas de même de ceux qui sont produits par les paralysies partielles de ces muscles,
La paralysie du premier radial (extenseur abducteur du poignet), dans laquelle la main est portée dans une adduction continue, est la plus grave de ces paralysies partielles, parce qu’elle ne permet
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pas à la main de servir la partie antérieure du corps, ou du moins parce qu’elle rend cet usage très-difficile.
On peut du reste en faire l’expérience sur soi-même en tenant son poignet dans l’adduction et en essayant, par exemple, de porter les doigts à la bouche, à la figure, de poser son chapeau sur la tête, de mettre sa cravate, elc., et l’on verra quelles difficultés on éprouve pour remplir ces fonctions. Il est bien d’autres usages qui sont empêchés par celte paralysie partielle du premier radtal. J'en ai rapporté un cas dans l'observation LXVIIL, et l’on voit dans la figure 407, page 434, quelle est l’attitude de la main consécutivement à cette paralysie.
J’ajouterai qu’à la longue les muscles adducteurs se sont contracturés et que l'articulation radio-carpienne s’est déformée. Tous les usages de la main en étaient considérablement gènés.
La paralysie du cubital postérieur (de l’extenseur adducteur du poignet), à la suite de laquelle la main est placée dans l’abduction, occasionne comparativement beaucoup moins de gêne dans les usages manuels,
Quant à la paralysie du second radial (extenseur direct du poignel), les malades ne s’en aperçoivent pas, quoique le mouvement d'extension du poignet soit exécuté plus faiblement que du côté opposé ; il n’y a que l’examen attentif du médecin qui la fasse découvrir.
Quelquefois j’ai vu les palmaires détruits partiellement par l’atrophie progressive; alors je n’ai noté d’intéressant que le trouble fonctionnel suivant : lorsque les malades étendaient les doigts parailélement aux métacarpiens, pendant que la main était en pronation, leur poignet se renversait malgré eux sur l’avant-bras. Ce mouvement était produit par les extenseurs des doigts (qui sont aussi extenseurs du poignet), qui ne pouvaient plus être modérés synergiquement par les palmaires.
S VERT. — Paralyÿsie des muscles qui produisent la supination et la pronation,
J'ai observé la paralysie partielle des muscles qui produisent la supination consécutivement à des lésions traumatiques. J'ai vu aussi ces muscles atteints partiellement dans l’atrophie musculaire progressive,
J, — FAITS PHYSIOLOGIQUES FONDAMENTAUX
Il existe trois muscles pronateurs : deux de ces muscles, le rond pronateur et le carré pronateur, sont indépendants; le troisième, qui produit à la fois la semi-pronation et la flexion de l’avant-bras
sur le bras, est connu sous le nom de long supinateur, (Gelte dénomination est inexacte, puisque ce muscle est demi-pronateur el fléchisseur de l’avant-bras sur le bras.) — J’ajouterai que tous les muscles qui s’altachent à l’épitrochlée concourent à la pronation.
Deux muscles président à la supination : l’un, le court supinateur, est supinateur indépendant; l’autre, le biceps brachial, exécute simultanément la demi-supination et la flexion de l’avant-bras. La pronation et la supination peuvent donc se faire indépendamment, soit dans l’extension, soit dans la flexion de l’avant-bras sur le bras, : tandis qu’un seul muscle exécute à la fois ou la pronation et la flexion (le long supinateur), ou la supiuation et Ja flexion (le biceps brachial). Je dois ajouter que, pour donner une entière liberté à la flexion de l’avant-bras sur le bras, la nature lui a attribué un fléchisseur indépendant : le brachial antérieur.