ARTICLE II PARALYSIE FONCTIONNELLE
L'exercice abusif de certains mouvements volontaires produit quelquefois la paralysie temporaire d'un ou de plusieurs des muscles qui concourent à ces mouvements. — Celle paralysie fonctionnelle affecte les mêmes muscles que le spasme fonchonnel.
OBsERvATION COX VI, — M. le chanoine X..,, secrétaire de monseigneur l’évêque de Nevers, vint me consulter en 1852 pour une affection musculaire qui l’'empêchait d'écrire, et par conséquent de remplir ses fonctions de secrétaire, Il n’avait jamais éprouvé la moindre gêne ou faiblesse dans les mouvements des doigts de la main, de l’avant-bras sur le bras, ni même de celui-ci sur l'épaule, lorsqu’en 1851 il commença à ressentir de la fatigue dans l’épaule droite, principalement au niveau de la région scapulaire, lorsqu'il avait dû faire une correspondance un peu longue. Celle fatigue alla dès lors en augmentant. Il suffisait pour la produire que M. X... écrivit quelques lignes; alors il lui était impossible de continuer sa Correspondance. « Les doigts, me dit-il, dirigeaient parfaitement la plume; mais dès que cette fatigue survenait, après avoir écrit un ou plusieurs mots, la main et l’avant-bras semblaient cloués au bureau. » Un certain temps de repos rendait à M. X... le pouvoir d’écrire quelqueslignes ; puis bientôt apparaissaient les mêmes troubles fonc-
tionnels, M. X... me rendit plusieurs fois témoin de ces phénomènes morbides en écrivant sous mes yeux, et je constalai que lorsqu'il avait (racé quelques lignes, il lui était impossible de faire tourner son bras de dedans en dehors, et en Conséquence de mouvoir dans Ja même direclion son avant-bras fléchi sur le bras. Aussi devait-il, après chaque mot,
tirer avec sa main gauche le papier de droite à gauche pour écrire le mot suivant.
A la suite cette observation rapportée dans la précédente édition (p.934), j'ai fait les remarques suivantes : «M. X..., élait atteint d’une variété de la maladie connue sous le nom de crampe des écrivains, qu'il serait alors plus juste d'appeler quelquefois #mpotence fonctionnelle des écrivains, et dont le siége était, dans ce cas, dans le muscle Sous-épineux (1). »
J'ai été consulté par plusieurs autres malades qui, après avoir tracé quelques mots, se trouvaient arrêtés tout à COUP, ne pouvant
plus mouvoir les doigts. Ils n'éprouvaient cependant aueun spasme musculaire.
OBSERVATION CCX VII. — J'ai vu, entre autres, un teneur de livres chez qui l’'adducteur du pouce était frappé d'inertie, après avoir écrit une ligne où deux, au point que la plume lui tombait des mains. Il ne pouvait écrire qu'en plaçant sa plume entre l'index et le medius, et en la conduisant d'après la méthode américaine, Cependant il se servait facilement de ce muscle adducteur du pouce toutes les fois qu'il ne s'agissait pas de tenir la plume pour écrire. J'ai parfaitement analysé ce phénomène, et j'affirme qu'il n’existait chez lui aucun sSpasme musculaire.
L'existence de l’impotence fonctionnelle est donc incontestable, On s’étonnera que les auteurs qui ont fait une élude spéciale du Spasme fonctionnel dit crampe des écrivains, aient méconnu ce phénomêne morbide, Il existe aussi d’autres impotences fonctionnelles qui se manifestent pendant l'exercice de certaines fonclions ; par exemple l’impotence fonctionnelle du long péronier, pendant Ja station debout el la marche,
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