‹ De l'électrisation localisée et de son application à la pathologie et la thérapeutiqueChapitre 353 sur 400 · NATURE DU SPASME FONCTIONNEL ET DE L'IMPOTENCE FONCTIONNELLE · texte numérisé non relu

NATURE DU SPASME FONCTIONNEL ET DE L'IMPOTENCE FONCTIONNELLE

Cette affection est-elle périphérique, c’est-à-dire limilée au muscle dans lequel se localise le trouble fonctionnel? Les centres nerveux envoient-ils normalement lPagent nerveux aux muscles, et

(1) J'ai expliqué dans la Physiologie des Mouvements, 1866, le mécanisme des troubles fonctionnels occasionnés par la paralysie du sous-épineux.

l'excitabilité nerveuse de ces derniers serait-elle seulement tantôt augmentée et tantôt diminuée ou perdue, pendant l'exercice de certains mouvements volontaires ou instinctifs ?

Ou bien existerait-t-il un point des centres nerveux qui, surexcilé ou épuisé par l'exercice souvent répété de certaines fonctions musculaires, tantôt ferait une décharge nerveuse trop considérable et produirait la contracture de certains muscles, tantôt leur enverrait l’excilant nerveux irrégulièrement et occasionnerait des tremblements ou des mouvements cloniques, tantôt enfin cesserait de leur distribuer la force nerveuse, et tout cela seulement pendant l’accomplissement de ces mêmes fonctions musculaires ?

Le mécanisme du trouble fonctionnel que je cherche à expliquer doit être l’un des deux derniers. J'avoue que je ne suis pas actuellement en mesure de résoudre cet important problème; cependant, rationnellement, je penche pour la seconde hypothèse (celle qui fait dépendre les troubles fonctionnels d’un état morbide quelconque d'un point des centres nerveux). Comment, en effet, admettre qu'un muscle serait plus surexcitable et se contracturerait ou s’agiterait convulsivement, ou qu’il aurait perdu son aptitude à réagir sous l'influence de l’excitant nerveux, quand il aurait à remplir certaines fonctions, tandis qu'il se contracterait normalement pour toutes Îles autres fonctions? Il ne répugne nullement, au contraire, de supposer que la perturbation règne dans l’acte nerveux central. Cette hypothèse me paraît presque justifiée par l'observation clinique. En effet, j'ai vu, entr’aulres, deux sujets qui, ne pouvant plus écrire de la main droite, à cause d’une contracture existant, chez l’un, dans le rond pronateur, et chez l’autre, dans les muscles de l’éminence thénar, s’élaient exercés à écrire de la main gauche avec assez d’habileté, mais qui, après un certain temps, furent atteints de contracture spasmodique du côté opposé. Chez l’un d'eux, le rond pronateur se contracturait comme celui du côté droit.

Ces faits ne tendent-ils pas à démontrer que lexcitation volontaire, souvent répétée par telle ou telle fonction, à non-seuiement produit, à la longue, un état morbide dans un point donné de Ja moelle, mais encore qu’elle a étendu son action sur un point voisin et similaire du côté opposé de la moelle?II faut en outre admettre, pour le développement de cette maladie, une prédisposilion parliculière, comme pour toutes les autres; en effet, une foule de gens abusent, par exemple, de la plume, sans être atteints pour cela de ce que l’on appelle la crampe des écrivains.

J'écrivais encore dans la première édition: «On ne sait rien encore sur l’anatomie pathologioue de cette affection musculaire; mais il

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