‹ De l'électrisation localisée et de son application à la pathologie et la thérapeutiqueChapitre 369 sur 400 · ART, II. $ IT. — PROTHÈSE MUSCULAIRE DU POUCE · texte numérisé non relu

ART, II. $ IT. — PROTHÈSE MUSCULAIRE DU POUCE

qui à rendu de grands services à mon malade, a cependant des inconvénients que je dois signaler : 1° il exerce une pression circulaire sur un point trop limité du pouce et gêne en conséquence la circulation; 2 il a trop peu d'action d’extension sur la deuxième phalange; 3° il estinsuffisant pour le travail à l'aiguille; 4° le caoutchouc vulcanisé subit trop l’in-

Fig. 237, — Gantelet du court abducteur et de l’opposaut.

fluence des variations de température. — (Le malade a dû remplacer le caoutchouc par un ressort mélallique.)

Je pourrais rapporter aussi plusieurs observations d’atrophie limitée au court abducteur du pouce, desquelles il ressort que l’usage de la main en était presque aussi gravement lésé que dans le cas précédent, où tous les opposants étaient détruits. — On conçoit que le court abducteur artificiel a dû rétablir l'intégrité des fonctions du pouce.

Quant à l’atrophie du court fléchisseur, il ne cause pas assez de perturbation dans l'usage de la main pour compenser la gêne occasionnée par l'appareil lui-même.

Il, — PROTHÈSE DES MUSCLES LONG EXTENSEUR, COURT EXTENSEUR, LONG ABDUCTEUR ET LONG FLÉCHISSEUR DU POUCE.

À. La paralysie du long extenseur du pouce existe rarement isolément. Je ne l’ai observée qu’une fois (à la main droite), consécutivement à une contusion de la partie postérieure et inférieure de l’avant-bras. L'usage de la main n’en fut pas très-compromis ; le sujet écrivait aussi facilement qu'auparavant. Cependant l'opposition constante du pouce et l’impossibilité de le relever pour une foule d’usages occasionnaient de la maladresse. Un long extenseur artificiel (voy. 3, fig. 232) fit disparaître la gêne et rendit l’habileté manuelle. C’est, on le voit, un tendon artificiel, 3, qui suit la direction

anatomique du long extenseur, et s'attache à un ressort E fixé à la manchette B.

B. La paralysie simultanée du long extenseur et du long abducteur du pouce s’observe communément dans la paralysie saturnine. Il en résulle que le premier métacarpien se trouve constamment dans une opposition exagérée, et que le pouce tombe dans la paume de la main (voy. la fig. 258).

On prévoit que l’usage de la main est bien plus gêné par celte attilude vicieuse du pouce que dans le cas précédent. Le long extenseur artificiel du pouce décrit ci-dessus (voy. 3, fig. 234) suffirait, à la rigueur, pour rétablir la fonction et l'attitude à peu près normale du pouce ; mais l’absence du court fléchisseur (seul preducteur réel de l’abduction du premier mélacarpien) occasionne de la d'fficulté dans certains actes, comme lorsqu’en écrivant, en dessinant, le trait est dirigé d'avant en arrière. On remarque en effet (voy. la fig. 239) que, dans ce mouvement, le premier métacarpien se porte dans l’abduction, pendant que les deux phalanges sont fléchies, ou, en d’autres termes, que ce mouvement, opposé à celui qui trace le trait d’arrière en avant, est produit par le court exlenseur et le long féchisseur du pouce.

Les malades se sont bien trouvés, dans ces cas, d’un abducteur

Fig. 238. Fig. 239.

arlificiel ajouté au long extenseur arlüificiel, Un ruban de fil fixé à l'extrémité supérieure et postérieure de la première phalange, glissant dans une coulisse qui suit la direction naturelle du court extenseur, s'ouvre au niveau de la face inférieure et externe du radius et se relie à un ressort fixé à la face postérieure de la marchette : ce muscle artificiel, dis-je, produit les mouvements propres du cour! extenseur.

Je n’ai pas encore eu l’occasion d’appliquer le long fléchisseur arlifciel du pcuce.

ART, I, $ IT. — PROTHÈSE MUSCULAIRE DU POIGNET. 1057 S HiZ. — Prothèse musculaire du poignet,

N'ayant pas encore eu l’occasion de faire l'application du gantelet des fléchisseurs artificiels de la main, il ne sera Question dans ce paragraphe que des extenseurs de cette partie,

L — GANTELET Des EXTENSEURS DU POIGNET.

J'ai dit précédemment qu'il suffit de la paralysie partielle des extenseurs des doigts pour que le poignet se fléchisse avec force, quand le sujet veut ouvrir la main, Si l’on se rappelle le mécanisme physiologique de ce phénomène; on ne commettra pas la faute de l’attribuer à la paralysie des extenseurs de la main. Ai-je besoin de rappeler aussi que les extenseurs artificiels de la main seraient ici impuissants, et qu’il suffit de produire artificiellement l’extension des premières phalanges, pour faire cesser cette paralysie apparente des extenseurs du poignet ?

Il est une espèce de paralysie qui alteint ordinairement, en même temps, les exlenseurs des doigts et les extenseurs du poignet: c’est la paralysie saturnine.

Si tous les extenseurs sont paralysés, on place deux ressorts à la partie postérieure de la manchette B (lg. 234), l’un en dedans, l’autre en dehors, et s’agrafant, l’externe au niveau du second mélacarpien, et l’interne au niveau du cinquième métacarpien.

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