IL. — GANTELET DU CUBITAL POSTÉRIEUR (EXTENSEUR ADDUCTEUR) ARTIFICIEL
Il arrive quelquefois, dans cette paralysie, que le cubital postérieur est seul atteint en même temps que l’extenseur des doigts. Le gantelet de l’extenseur des doigts (décrit dans le premier paragraphe) rétablit alors, il est vrai, les fonctions de la main, mais alors l’extension du poignet ne peut se faire sans abduction,
Chez une jeune coloriste atteinte de paralysie saturnine des extenseurs des doigts et du cubital postérieur, l'application du gantelet des extenseurs des doigis avait rétabli l’usage de la main; son travail à l’aiguille étaitaussi facile qu'avant sa paralysie, mais l'attitude de l’abduction continue finissait par lui donner, dans l'articulation radiocarpienne, un sentiment de fatigue qui disparut quand j’eus ajouté à son appareil un cubilal postérieur artificiel (voy. F, fig. 232), qui rétablit l'attitude normale de sa main.
Des trois extenseurs du poigret, le premier radial est le plus fréquemment atteint isolément dans la paralysie saturnine. Sur plus d’une centaine de cas, je n’ai pas vu une seule fois le second radial paralvsé partiellement. Les troubles fonctionnels qui en résultent sont bien plus grands qu’après la paralysie du cubital postérieur, On yremédie aisémentavec un ressorl qui s'attache à un gant, comme je l'ai dit, au niveau du premier métacarpien.
DUCHENNE. — 3 édition. 67
Mais lorsque la paralysie du premier radial est ancienne, l'articulation se déforme, par suite de l’abduction continue du poignet : les ligaments latéraux s’allongent du côté externe et se rétractent en dedans, au point que l’on ne peut ramener la main dans son attitude normale, surtout si l’action du second radial est également abolie. L’articulation se déforme aussi dans le sens dela flexion, et résiste aux efforts d'extension. J’ai eu plusieurs fois l’occasion d’observer cette difformité du poignet, coïncidant avec la griffe consécutive à la paralysie des interosseux, et j'en ai représenté un exemple dans la figure 94. Avec l'appareil que j'ai décrit précédemment (p. 1051), et que j'ai appliqué à la guérison de cette déformation des phalanges (voy. la fig. 234), voici comment j'ai obtenu graduellement l’exlension abductrice du poignet : de l'extrémité de la tige fixée à la portion palmaire B de l’appareil partent deux ressorts H, I, qui vont s'attacher à la partie supérieure de la face postérieure et externe de la manchette C; j'ai tendu ces ressorts de manière à ramener graduellement la main dans l'extension et dans l’abduction.
ARTICLE IT