ÏJ. — APPAREIL DE NUIT
Sitôt que la paralysie du triceps sural (jumeaux et soléaire) est diagnostiquée, on doit se hâter de prévenir, à l’aide de moyens pro- | thétiques, la chute progressive du | talon (le talus) et les déformations | articulaires qui en sont la conséquence, ainsi que je l’ai démontré précédemment (p. 986). Le triceps sural artificiel remplit parfaitement cette indicalion, parce qu'il peut produire à la fois l’extension du pied dans l'articulation tibio-astragalienne etson adduction dans l’articulation calcanéo-astragalienne.
Dans cebut, on fixel’extrémité inférieure de ce muscleartificiel à une guêtre et au niveau de la terminaison du tendon d’Achille, puis on attache son extrémité supérieure à une molletière. Ensuiteon donne au muscle artificiel assez de tension pour maintenir le pied étendu pendant le repos musculaire. On peut remplacer la guêtre par une légère sandale, au talon de laquelle serail attaché le muscle artificiel.
Si l'emploi de la molletière et de son cuissard contentif était contre-indiqué, on appliquerait l'appareil représenté dans La figure F6,26 M dent da a 944. Cet appareil, que j'ai fait triceps sural.
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construire par M Charrière, présente des dispositions qui méritent d’êlre décrites.
Il se compose d’un tuteur métallique placé en dehors, terminé en haut par un cercle métallique, comme dans l'appareil 243 et articulé, au niveau de l'articulation tibio-tarsienne, avec un étrier qui peut être incliné en dedans et en dehors, au moyen d’une vis de pression (appelée marteau, À, fig, 241) et d'une charnière placée au niveau de l'articulation calcanéo-astragalienne. Une planchette sur laquelle le pied est maintenu par une courroie G est fixée à l’étrier ; on peut la faire pivoter sur l'axe de la jambe de dehors en dedans (et vice versa dans d’autres circonstances) (1) par la vis de pression B. Si l’on a bien présent à l'esprit le mécanisme du mouvement d’adduction de l'articulation calcanéo-astragalienne, on comprendra que cet appareil imite parfaitement le mouvement d'adduction naturel, au moyen des mouvements combinés d’inclinaison latérale et de rotation de l'arrière-pied sur l’axe de la jambe, mouvements que l’on règle avec les vis de pression A, B. Lorsque le pied est placé en adduction, comme je viens de le dire, on le maintient dans l’extension, à l’aide du triceps sural artificiel attaché d’une part à la partie postérieure de li planchette et de l’autre à la partie postérieure du cercle ou avec la vis de pression C.
Lorsque la paralysie du triceps sural n’est pas récente et que cependant on a quelque espoir de rappeler les mouvements et la nutrition dans ce muscle, les moyens prothétiques que je viens de décrire peuvent être encore utiles, si le pied n’est pas très déformé. La tension du muscle artificiel doit être plus forte. Non-seulement cet appareil peut alors relever le talon, mais, en plaçant ce muscle dans le raccourcissement, il favorise encore la guérison par la faradisation. Mais si ce dernier ne donne plus de signe d'existence, s’il est gras et que le talus pied creux, consécutif à sa destruction, soit à son plus haut dégré, est-il hésoin de dire que toute tentative de réduction ne pourrait donner aucun résultat heureux?