‹ De l'électrisation localisée et de son application à la pathologie et la thérapeutiqueChapitre 373 sur 400 · ANNE · texte numérisé non relu

ANNE

Fig. 240. Fig. 241. Fig. 249, Prothèse physiologique des muscles moteurs du pied, muscles artificiels, d’un système de déligation avec ou sans tuteurs métalliques, qui servent de points d’appui aux muscles artificiels à force élastique ou rigide.

4° La guêtre est en coutil; elle s'étend de quelques centimètres au-dessus des malléoles à un centimètre en avant des articulations métatarso-phalangiennes, de manière à conserver la liberté des mouvements des orteils. Elle est coupée comme pour une botline, c’est-à-dire que ses coutures longent la circonférence du pied. Ges dernières sont plates et ne blessent pas la peau. Gette guêtre est lacée ordinairement en avant; je dirai, par la suite. dans quelle circonstance elle doit être lacée en dehors ou en dedans. Enfin elle est bien ajustée, ne fait pas de plis, et ne doit pas exercer trop de sompression. Je la fais porter par-dessus un bas de fil, parce qu’ainsi elle se conserve propre plus longtemps que si elle était appliquée à nu sur la peau. D'ailleurs avec les muscles artificiels qui s’attachent à celte guêtre, dans certains points anatomiques, on obtient aussi bien, dans les deux cas, les mouvements articulaires partiels et composés que l’on se propose de produire,

2° La portion des muscles artificiels qui correspond à la guêtre est la partie essentielle, fondamentale, dans la prothèse musculaire physiologique; de cette espèce de tendons artificiels dépend toute la mécanique des appareils. On peut voir, dans les figures 240, 241 et 242, que l'extrémité inférieure de ces tendons artificiels destinés à produire les mouvements si complexes des articulations du tarse et du métarse s’attache exactement dans les points anatomiques, et que leur direction et leur passage dans des coulisses ont lieu comme dans la nature; ils sont construits avec des lacets de soie. Je reviendrai sur leur descriplion en traitant de la prothèse des paralysies musculaires partielles

Les agents moteurs de ces tendons artificiels sont élastiques ou rigides. J’ai dit précédemment (page 1042) que l’expérience m'avait bien vite démontré l'insuffisance des tissus de caoutchouc vuleanisé, et que j'ai dû donner la préférence aux ressorts métalliques en spirale, parce qu’ils répondaient mieux aux indications que j'avais à remplir, Ces ressorts métalliques, dont on augmente la force suivant les cas particuliers, sont recouvertsà la manière des ressorts de bretelles. Leur course est limitée (voy. les figures 240 et 242) et ne peut dépasser le tiers de leur longueur, de sorte qu’on peut les employer aussi comme moteurs fixes, en les tendant au delà de leur extensibilité. Ces moteurs sont terminés inférieurement par des agrafes qui sont passées dans les anneaux des tendons artificiels, et supérieu- | lement par des courroies percées de trous qui sont fixées à l’appareil que je vais décrire,

3° Je me suis appliqué dans ces essais à simplifier la fabrication des appareils prothétiques et à les débarrasser autant que possible de l'emploi du métal. Primitivement, j'avais fait construire une molletière de cuir épais (voy. les figures 240, 242 et 244), embras-

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sant exactement la partie supérieure de la jambe, lacée en dehors, et pouvant être serrée au niveau de la jarretière, de manière à être maintenue aussi solidement que possible. Des boutons fixés à cette molletière servaient de points d’attache aux muscles artificiels: mais je n'ai pas tardé à remarquer qu’elle étaitinsuffisante. Chez les enfants dont les membres malades étaient amaigris ou atrophiés, elle n’était pas applicable, parce qu’elle ne pouvait être solidement maintenue et descendaïl sur Ja partie inférieure de la jambe, sous l'influence de la traction exercée par les muscles artificiels. Lorsque les muscles de la partie postérieure de la jambe étaient assez développés pour soulenir la molletière, la compression circulaire qu’il fallait alors exercer au niveau de la jarretière pour résister à la pression exercée par les muscles artificiels, ou ne pouvait être longtempssupportée, ou augmentait l’atrophie de la jambe.

Alors j'ai essayé de soutenir la molletière à l’aide d’un cuissard qui prenaitson point d'appui au-dessus du condyle du fémur (voyez les figures 240 et 242). Pour fixer solidement ce cuissard, deux coussins de 8 à 10 centimètres de diamètre, et d’un centimètre à un centimètre et demi d'épaisseur, ont été fixés à la face interne et externe de la cuisse et placés un peu au-dessus des condyles du fémur. De cette manière le cuissard, comprimant la cuisse transversalement, était retenu par les condyles, et maintenait solidement la molletière à laquelle il se reliait, à laide de courroies placées latéralement ; 1l n’occasionnait aucune gêne, parce qu’il n’exerçait pas de compression circulaire.

Cet appareil, on le voit, a une grande ressemblance avec celui de la main, qui a été décrit antérieurement (voyez la fig. 232), qui, lui aussi, prend son point d'appui principal sur les tubérosités interne et externe de la partie inférieure de l’humérus. Mais il n’est malheureusement pas applicable dans tousles cas, surtout lorsque les museles artificiels doivent agir avec une grande puissance. Il faut alors serrer très-fortement le cuissard, etil en résulte un amaigrissement rapide de la partie inférieure de la cuisse, et surtout au niveau du vasteinterne et du vaste externe. Cet amaigrissement de la cuisse est même inévitable après un long usage de ce cuissard, quelque modérée que soit la compression. Ainsi, j'ai observé que le volume de ces muscles avait diminué d’un tiers et quelquefois de moitié après une à deux années d’usage.

Cette espèce d’amaigrissement des extenseurs de la jambe sur la cuisse, occasionnée par le cuissard, contre-indique l'emploi de ce dernier, lorsque ces muscles sont déjà affaiblis, paralysés ou atrophiés en même temps que les muscles moteurs du pied. De plus, le cuissard est très-incommode et difficile à porter et à maintenir, pendant les chaleurs de l'été, à cause de la transpiration abondante

qu'il provoque. Enfin, il est des cas assez nombreux où il faut combiner la force élastique avec la force rigide, ce qui nécessite l'emploi de tuteurs métalliques.

L'appareil représenté dans la figure 243 répond à toutes les indications pour les paralysies partielles des muscles moteurs du pied.

IL est composé, comme les appareils orthopédiques ordinaires, d’un ou de deux tuteurs métalliques sur lesquels sont fixés deux cercles également de métal, C, C, dont la moitié antérieure est articulée et peut s'ouvrir pour recevoir le membre; d’un étrier métallique B, auquel est fixée une semelle de cuir, quelquefois consolidée par une plaque métallique aussi légère que possible. Le métal est partout recouvert de peau ou de coutil.

Lorsque le pied est mis dans sa guêtre, le membre est placé dans l’'appareilcomme dansla fig. 243, et une bottine maintient solidement tout le système, comme l’indiquentles lignes ponctuées quientourent le pied et la partie inférieure de la jambe. Alors les muscles artificiels D, E, F,etc., sont tendus et fixés au cerclesupérieur CG, enpassant les boutons rivés sur ce dernier dans les trous de leurs courroies.

Mes expériences sur la prothèse musculaire physiologique des membres inférieurs ont été faites, en grande partie, dans des cas de paralysie spinale de l'enfance. J'ai procédé alors différemment, suivant la période de la maladie où j'étais appelé à intervenir, La plupart des jeunes sujets m'ont été adressés à une période assez avancée de leur affection musculaire. Lorsque j'ai eu à lestraiter au début ou à une époque voisine du début, c’est-à-dire à un moment où la paralysie régnait encore dans les muscles moteurs du pied, ou bien, lorsque, par l'exploration électro-musculaire, il m'a été démontré que certains muscles paralysés devaient s’atrophier ou étaient menacés de se transformer en graisse, j'ai fait appliquer immédiatement l’appareil représenté dans la fig. 243, en limitant la course de son étrier pour laisser peu de jeu au mouvement d’extension ou deflexion du pied; puis j'ai tendu tous les muscles artificiels de manière à réta-

CRE blir l'équilibre des forces toniques qui pen- AE ARE dés dant le repos musculaire maintiennent la teurs du pied. Appareilde jour. forme normale du pied. Getappareil, dont le bat principal est d’aider à la marche et de contenir solidementle pied. n’estappliqué que le jour. C’est un appareil d’allente; caraussillôt que, les muscles qui ont été moinslésés dans leur innervation commencent

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à recouvrer leur motilité et leur force tonique, je tends davantage les muscles artificiels destinés à suppléer à leurs antagonistes paralysés, afin deprévenir les déformations partielles qui, sans cette équilibration des forces, se seraient infailliblement produites à la longue. Îl arrive un moment où la paralysie se localise, en d’autrestermes, où un certain nombre de muscles ont recouvré complétement leur motilité et leur force: alors la prothèse musculaire doit être modifiée suivant les cas particuliers, comme je vais l’exposer brièvement dans les paragraphes suivants. é

SE. — Prothèse du triceps sural.

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