I. — ÉTIOLOGIE DE L'ATROPHIE MUSCULAIRE PROGRESSIVE DE L’ADULTE
Elle me paraît naître dans tous les pays et sous tous les climats. On m'en à adressé en effet de Russie (de Moscou, de Saint-Pétersbourg), de différents points de l’Allemagne, de l'Espagne, de l’Afrique, de la Turquie, des États-Unis, du Brésil. Toutefois la trèsgrande majorité m’est venue de la France; j'en ai observé le plus grand nombre à Paris.
J'ai vu quelquefois le froid et l'humidité prendre une certaine part à son développement, mais le plus souvent l’excès de travail musculaire à été la cause occasionnelle, dans la classe ouvrière.
(1) A la page 537, au lieu de D'agnostie, lisez : Article II, Étiologie, — Diagnoslie. — Le $ [, Etiologie, ayant été égaré, a eté placé ici en appendice.
ART, IIT DU CHAP, V, $ I.—ÉTIOLOGIE DE L’ATROPNIE MUSC. PROG. 1097
Ces causes, auxquelles on pourrait en ajouter d’autres (les chagrins profonds, les bouleversements sociaux ou politiques, l’onanisme, l'abus des plaisirs vénériens), en un mot, tout ce qui jette le système nerveux dans un état d’épuisement, sont seulement occasionnelles.
Des faits trop nombreux, hélas! prouvent que l’atrophie musculaire progressive se développe sans cause connue, comme on l’a vu plus haut, chez plusieurs membres d’une même famille, et quelquefois pendant plusieurs générations, « En moins d’une année, écrivais-je dans la précédente édition, j'ai vu l’atrophie musculaire progressive alleindre une dizaine de personnes de la classe riche ou aisée, chez lesquelles il m’a été impossible de découvrir une cause occasionnelle quelconque qui aurait pu provoquer le développement de celte maladie. Le sujet représenté dans la figure 124 en est un exemple très-frappant (1). On peut se faire une idée des désastres occasionnés chez ce malheureux jeune homme, à la vue des figures 124 et 123. Eh bien! il m'a été impossible de découvrir la cause de sa maladie, Il n’a jamais été malade avant 1846 ; il n’a jamais éprouvé la moindre douleur; il affirme n’avoir jamais abusé des plaisirs vénériens, ni s’être livré à l’onanisme. En sortant du collége, il ne s’accordait d’autres occupalions, d’autres plaisirs que la chasse à laquelle il s’est livré, sans abuser de ses forces. Enfin, personne dans sa famille n’a été atteint d’une maladie semblable à la sienne.
J'ai également recueilli un cas d’atrophie chez un homme qui ne s'était livré qu’à des études lilléraires, qui n’avait subi aucune espèce &e privalions, qui n'avait jamais souffert, qui n'avait pas eu d’autre maladie, chez lequel, en un mot, il était impossible de découvrir la moindre cause qui eût pu provoquer cette affection.
Depuis 1855 (époque où fut publiée ia première édition de ce livre), combien d'histoires, toutes aussi déplorables, pourrais-je ajouter aux précédentes ! Elles démontrent que l’atrophie musculaire progressive se déelare souvent sans cause connue ou occasionnelle, et qu’il n'existe pas de classe privilégée qui ne soit pas exposée aux atteintes de cette maladie,
Lafon, je rappellerai ici ce singulier principe héréditaire en vertu duquel, depuis plusieurs générations, l’atrophie musculaire progressive est transmise aux aînés d’une même famille, (Ce fait a été rapporté précédemment, obs., CII, et représenté dans les figures 444, 145, 146).
(1) Voir pour la relation de ce fait clinique dans ÉVectrisalion localisée, 1855, obs. XXVUIÏ, et 1861, obs. CIV.