‹ De l'électrisation localisée et de son application à la pathologie et la thérapeutiqueChapitre 48 sur 400 · ART, III. — FARADISATION CUTANÉE · texte numérisé non relu

ART, III. — FARADISATION CUTANÉE

A l’état normal, l’excitabilité électro-cutanée varie considérablement dans certaines régions du corps; il importe au succès des applications faradiques, dans le traitement des anesthésies cutanées, ou des diverses lésions de la sensibilité tactile, de connaître la différence d’excitabilité de chacune de ces régions, à l’état normal.

La peau de la face doit à la cinquième paire son exquise sensibilité; aussi son excitabilité électrique est telle, que le courant faradique le plus faible y produit une vive sensation, alors même que ce courant exerce une action à peine appréciable sur les autres parties du corps. La peau de la face est beaucoup plus sensible à l’action électrique, dans les points les plus voisins de la ligne médiane ; ainsi son excitabilité est plus grande sur les paupières, le nez et le menton que sur lés joues. La peau qui recouvre la paupière supérieure, les ailes et le lobule du nez, et surtout les bords des orifices des narines, la dépression sous-nasale de la lèvre supérieure, le lieu de jonction de la peau et de la muqueuse labiale, sont les points qui ressentent le plus vivement l'excitation électrique.

Au front, la sensibilité électro-cutanée est moins grande qu à la face, et diminue d’autant plus qu’on approche davantage du cuir chevelu ; elle est comparativement peu développée dans ce dernier point, où il faut un courant assez intense pour l’exciter.

L’excitabilité .électro-cutanée est notablement plus grande sur le cou, sur le tronc, que sur les membres; dans les régions cervicale et lombaire que sur les autres parties du tronc; sur les faces interne et antérieure des membres, que sur leurs faces externe et postérieure.

La peau de la paume de la main jouit de très-peu d’excitabilité électrique; il en est de même de la face plantaire du pied, excepté dans sa partie moyenne et interne. Chez les individus dont les mains sont souvent exposées à l’air et à l'humidité, la sensibilité de la peau est tellement émoussée, ainsi que je l’ai dit, qu’il faut recourir à des procédés particuliers et à un très-fort courant pour l’exciter.

Il n'existe pas un seul agent thérapeutique dont l'action soit comparable à celle de la faradisation cutanée: cette dernière seule peut exciter la sensibilité de la peau, soit en passant rapidement du simple chatouillement à la douleur la plus intense, soit en passant graduellement par tous les degrés intermédiaires ; elle seule peut produire à la peau une excitation que le feu égale à peine, sans désorganiser les tissus, sans même soulever l'épiderme, quelque prolongée que soit l'opération. La sensation qu’elle éveille cesse brusquement et presque toujours complétement, dès que le rhéophore n'est plus en contact avec la peau; enfin l’instantanéité de son action permet de porter rapidement la stimulation électrique sur tous les points de la surface du COrps.

Cette exposition des propriétés principales de la faradisation cutanée doit donner une idée de la puissance de son action thérapeutique, et des nombreux services qu’elle est appelée à rendre à la thérapeutique. C’est ce que j'aurai souvent l’occasion d'établir dans le cours de cet ouvrage.

ARTICLE IV

FARADISATION DES ORGANES INTERNES, DES ORGANES GÉNITAUX ET DES ORGANES DES SENS.

La plupart des organes situés dans les cavités sont accessibles à l'excitation faradique (1), soit directement, par l’action des rhéophores placés au niveau de leur tissu, soit indirectement, par la stimulation des nerfs qui les animent. Je vais décrire les différents procédés de faradisation que j'ai adoptés, dans le but de diriger l’excilation faradique sur ces organes.

$ I. — Faradisation des organes internes.

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