‹ De l'électrisation localisée et de son application à la pathologie et la thérapeutiqueChapitre 49 sur 400 · I. — Faradisation du rectum et des muscles de l'anus · texte numérisé non relu

I. — Faradisation du rectum et des muscles de l'anus

Les selles involontaires et les chutes du rectum sont souvent occasionnées par la paralysie du sphincter et du releveur de l'anus; il peut être indiqué de faradiser ces muscles. Alors une olive métallique, montée sur une tige également de métal, isolée par une sonde de caoutchouc, est introduite dans le rectum et mise en communication avec l’un des pôies d’un appareil d’induction; un second rhéophore humide est promené sur le pourtour de l’anus. Pendant que l'appareil est en action, on imprime à la tige un mouvement qui permet de placer l’olive en contact avec les muscles qui se trouvent à la partie inférieure du rectum, c’est-à-dire le releveur de l'anus et le sphincter de l'anus. Veut-on exciter la tunique musculeuse de l'intestin rectum, on promène l’olive sur toute la surface interne de cet organe. On doit toujours débarrasser préalablement le rectum des matières stercorales, au moyen de lavements.

Veut-cn combattre la constipation consécutive à l’insensibilité de la muqueuse du rectum ou à la paralysie de sa tunique musculeuse ? Lerhéophore, introduitalors, comme précédemment, dans l'intestin, est promené sur toute sa surface, pendant que le second rhéophore humide est maintenu sur la paroi abdominale, — La marge de

(1) Je rappelle qu'il ne suffit pas qu’un organe soit traversé par un courant pour qu'il soit excité par lui ; il faut, pour cela, où que la recomposition électrique s'opère dans son tissu, ou que le nerf qui l’anime soit stimulé directement.

l'intestin est tellement sensible, que la moindre excitation faradique y détermine un ténesme insupportable. Aussi, dans les circonstances précédentes, ne doit-on jamais négliger d'isoler la tige qui supporte l’olive, à moins qu'il ne soit indiqué d’agir sur le muscle sphincter de l’anus.

Il, —- Faradisation de la vessie.

Dans toutes les opérations faradiques pratiquées sur la vessie, cet organe est préalablement vidé, comme pour la faradisation du rectum. Sans celte précaution, l'excitation, loin d’être limitée aux parois de ces deux organes, arriverait au plexus sacré ou hypogastrique.

Si l’on veut faradiser lès fibres musculaires du col de la vessie, dans le traitement de l’incontinence d’urine, par exemple, un rhéophore terminé par une olive métallique (rhéophore rectal) est placé dans le rectum, comme dans l’opération précédente; on introduit dans la vessie une sonde métallique courbe que l’on a mise en rapport avec l’un des pôles de l’appareil, et qui est isolée par une sonde de caoutchouc, excepté à son extrémité vésicale, dans une étendue de 2 à 3 centimètres. Dès que l’appareil est en action, la sonde est ramenée de manière que son extrémité vésicale se trouve successivement en contact avec tous les points du col vésical. Le malade soumis à cette opération ressent alors des contractions résultant de l’excitation des fibres musculaires qui concourent à former le sphincter du col de la vessie.

Est-il indiqué de réveiller ou la sensibilité ou la contractilité du corps de la vessie, le rhéophore vésical est promené sur tous les points de sa surface interne. Il n’est pas toujours nécessaire de recourir à celle opéralion dans les paralysies de la vessie, qui compliquent la paraplégie. Il suffit quelquefois alors de faradiser énergiquement la paroi musculaire de l’abdomen, pour rétablir cette fonction. Cette même opération fait aussi souvent disparaître la constipation qui a lieu d'habitude dans la paraplégie. Les faits nombreux que je possède semblent démontrer qu’un certain nombre de paralysies, soit de la vessie, soit du rectum, ne reconnaissent pas d'autre cause que la paralysie ou l’affaiblissement des muscles abdominaux.

L'excitation électrique du rectum peut avoir des inconvénients qui ne permettent pas le procédé de faradisation que je viens de décrire, Dans ce cas, j'introduis deux réophores dans la vessie en me servant d’un instrument que j'ai fait fabriquer, dans ce but, par M. Charrière, et que j'appelle rAéophore vésical double (fig. 28 et 29).

Le rhéophore vésical double est composé de deux tiges métalliques flexibles, introduites dans une sonde à double courant qui les

isole l’une de l’autre. Ces deux rhéophores sont terminés à leur

| extrémité vésicale comme dans ja figure 29, de telle sorte qu’étant rapprochés, comme dans la figure 28, ils présentent la forme d’une sonde ordinaire, Le rhéophore vésical double étant ainsi fermé et introduit dans la vessie, ses liges sont poussées de 3 à 4 centimètres, tandis que la sonde de caoutchouc est maintenue en place, de manière à produire l’écartement de l’extrémité vésicale de ses rhéophores comme dans la figure 29, Alors, après que chacun des rhéophores a été mis en rapport avec les pôles d’un appareil d’induction, l'instrument est manœuvré comme précédemment. La sonde de caoutchouc, à cloison, qui conduit les tiges des rhéophores, ne doit jamais être pénétrée par l’humidité, car les courants pourraient passer en partie d'un rhéophore à l’autre, et se recom- / WeLE poseraient ainsi dans l’intérieur de la FRE med ne 2 sonde, au lieu d'arriver aux plaques qui sical double ouvert. les terminent. C’est pourquoi il faut avoir soin de vider préalablement la vessie,

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