‹ De l'électrisation localisée et de son application à la pathologie et la thérapeutiqueChapitre 60 sur 400 · II. — ACTION THÉRAPEUTIQUE DANS LE TRAITEMENT DES PARALYSIES · texte numérisé non relu

II. — ACTION THÉRAPEUTIQUE DANS LE TRAITEMENT DES PARALYSIES

1! est quelquefois indiqué d’exciter les centres nerveux. C'est dans ce cas que l’on a recours ordinairement à des médicaments divers qui possèdent la propriété spéciale de provoquer des contraclions musculaires, en stimulant l’arbre nerveux. L'électrisation des extrémités nerveuses par action réflexe agit d’une manière analogue. Je l'ai donc appliquée au traitement de certaines paralysies où je pouvais, sans danger, porter la stimulation vers les centres nerveux.

Je n'ai pas toujours eu à me féliciter de l’emploi de ce mode d’électrisation. Les paralytiques que j'ai faradisés par ce procédé, ont, ilest vrai, éprouvé quelquefois une amélioration; mais, consé cutivement à ce traitement, certains d’entre eux ont ressenti des douleurs profondes dans le trajet des nerfs, dont les ramifications avaient été excitées; douleurs qui ont souvent persisté, sous forme de névralgies. L'excitalion énergique des nombreuses ramifica-

tions nerveuses, spécialement destinées à la sensibilité, explique la fréquence de ces accidents.

Dans certaines circonstances, ce procédé de faradisation par ac- ‘tion réflexe expose les malades aux accidents les plus graves. En voici un exemple.

CBSERVATION V. — Un étudiant en médecine, M. X..., âgé de 22 ane, avait été frappé d’apoplexie en 1851. L'hémiplégie, qui régnait à gauche et qui était due à une hémorrhagie cérébrale, s'était dissipée progressivement en une année. Mais les mouvements volontaires étaient gênés par la contracture continue de queiques muscles, surtout des fléchisseurs de l’avant-bras et de la main, contracture qui s'étendait à un plus grand nombre de muscles, lorsqu'il voulait faire certains mouvements ou qu'il ép’ouvait une impression quelconque.

Ces phénomènes ne sont pas seulement sympiomatiques d’une sclérose secondaire de la moelle, comme cela semble ressortir des recherches modernes; ils peuvent être quelquefois Symptomatiques d'une hypérémic qu'il faut se garder de surexciter, sous peiue de provoquer les plus graves accidents. Ignorant ce danger, notre étudiant, qui avait mal interprété l’une de mes publications, croyail que l’on pouvait sans danger appliquer, dans tous les cas, la faradisation au traitement de l’hémiplégie cérébrale, de six mois à un an après son début. Ce jeune homme n'avait pas compris la différence qui existe entre limiter l'excitation électrique dans les muscles en évitant de provoquer des sensations douloureuses, et produire leur contraction au moyen d’une forte électrisation par action réflexe. Voici ce qu'il fit dans l’espoir de hâter sa guérison,

Ayant mis en action un appareil d’induction, dont les intermittences marchaient avec une grande rapidité à l’aide d’un trembleur, ilpritdans chaque main un cylindre métallique excilatcur, de manière que le courant de l’hélice parcourût ses nerfs brachiaux des extrémités aux centres. Au moment où le courant commença à passer, ses mains se fermèrent avec une grande force, sans qu’il pût lâcher les cylindres. Sentant alors que son membre paralysé se contracturail lrès-douloureusement, il eut la présence d'esprit de renverser d'un coup de pied la pile de Bunsen qui faisait marcher son apparcil d'induction. Le courant s'arrêta à l'instant, mais il était trop lard; son action, qui n'avait duré que quelques secondes, avait déjà occasionné les plus grands désordres ; la tête était extrémement douloureuse, la contracture avait gagné tout le côté du malade et,une heure après, le pauvre jeune homme, qui se trouvait seul dans sa chambre, fut trouvé étendu sur le plancher, se roulant dans des convu'sions. I; fut transporté à la Charité, où je recueillis plus tard, de sa propre bouche, la malheureuse histoire que je viens de raconter. Sa vie fut pendant plusieurs jours en danger; malgré des saignées réitérées, des purgatifs et un vésicatoire à la nuque, les contractures douloureuses et comme tétaniques persistèrent plusieurs semaines. Enfin ce ne fut qu'après un assez long séjour à l’hôpital, qu'il put sortir, ayant Conservé, dans son côté droit, des contracturcs beaucoup plus géuérales et beaucoup plus fortes qu'avant qu’il eût conçu la malheure:se idée de se farsdiser par action réflexe.

Si, dans ce cas, l'excitation électrique cût été limitée aux muscles paralysés, malgré les conditions particulières où se trouvait le centre cérébral de ce jeune homme, et l’état hypérémique qui peut exister dans le point où s’est développée une sclérose secondaire de la moelle, conditions qui, pour moi, contre-indiquent l’application de la faradisation même localisée, ces accidents graves, évidemment dus ici à une surexcitation centrale, ne seraient pas arrivés; je puis l’affirmer, parce qu’une longue expérience me l'a appris. Combien de fois, en effet, n’ai-je pas, dans mes recherches faradisé localement les muscles de sujets qui se trouvaient dans Île même état que ce jeune homme, sans observer le moindre inconvénient ! J'en suis arrivé à conclure que ces applications localisées sont souvent alors inutiles, mais non dangereuses, quand elles sont faites avec circonspection. Au début de mes expériences électrothérapeutiques, il m’est souvent arrivé de faradiser par aclion réflexe les antagonistes des muscles contracturés des sujets héminlégiques, et j'ai quelquefois eu lieu de m’enrepentir ; aussi doit-on Âtre circonspect dans l'application d’une méthode d’électrisation aussi dangereuse.

Les bains électro-dynamiques donnés à dose assez faible pour ne pas provoquer des contractions musculaires, produisent une excitation qui augmente les forces musculaires dans certaines paralysies générales. Je les ai employés souvent avec succés.

Le mode d’administralion que j'ai indiqué ci-dessus (p. 113) me paraît préférable, en raison de sa simplicité, à quelques autres plus compliqués.

$ HE. — Excitation par action réflexe en faisant passer des courants d'induction de la bouche à l'anus.

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