I. — SUR LES NERFS CONSTRICTEURS VASCULAIRES
A. Ramifications du nerf sympathique accompagnant les artérioles, escitées par la faradisation localisée. — L’électrisation localisée (la faradisation localisée, ou la galvanisation localisée par courants interrompus) est la seule méthode qui permette d’exciter directement les ramifications du grand sympathique, destinées aux muscles des membres et de la surface du tronc.
Il est en effet démontré par l'anatomie microscopique que les ramifications de ce nerf accompagnent les artérioles presque jusque dans leurs dernières divisions et qu’on les trouve accolées aux capillaires de la seconde variété. Ce fait anatomique à été découvert, en 4856, par M. Ordoñez (1), et confirmé, en 1865, par mon ami M. Gimbert(de Cannes) (2), l’un des élèves les plus distingués de M. le professeur Ch. Robin, dans un excellent Mémoire auquel j'emprunte la figure 3%.
Dans cette figure, on voit, au niveau des anastomoses des capillaires artériels, les nerfs présenter des ganglions G, desquels partent de nouveaux filets qui serépandentsurles capillaires, et se terminent en pointe, Ils sont alors réduits à l’état de fibres de Remak isolées R.
On conçoit done que, par l'électrisation musculaire localisée, qui consiste à promener sur tous les points de la surface des muscles les rhéophores humides, aussi rapprochés que possible l’un de
(1) M. Ordoñez a montré sur de belles préparations microscopiques les vaso-moteurs accompagnant les vaisseaux artériels dans leurs dernières ramifications. Cet histologiste les a presque suivis jusqu’à leur terminaison dans leurs capillaires de la seconde variété. Il a constaté, chez l’homme, ce fait anatomique important, sur les petites artères de la rétine et du cervelet ; il l’aurait également trouvé, m'a-t-il dit, sur les artérioles des autres organes, s’il lui avait été possible de les isoler aussi facilement. La découverte de M. Ordonez a é'é annoncée, en 1865, par M. G. Pouchet (Rapports du grand sympathique avec le système capillaire, leçon faite au Muséum d'histoire naturelle, Revue des cours scientifiques, etc., p. 709). — Pour être équitable, je dois ajouter qu’à cette époque, M. Schweigger, de Berlin, avait découvert le même fait anatomique, les artérioles de la choroïde et de la rétine de l’homme.
(2) Gimbert, Structure et texture des artères. Thèse de Paris, 1865.
l’autre, et à produire des recomposilions électriques dans l’épaisseur des muscles, à différentes profondeurs, en faisant varier l’intensité du courant, on comprend, dis-je, que, par cette méthode d'électrisation, on puisse porter directement l'excitation dans les vaso-moteurs qui accompagnent les artères jusque dans leurs divisions en capillaires de deuxième variété.