‹ De l'électrisation localisée et de son application à la pathologie et la thérapeutiqueChapitre 93 sur 400 · PEINE D · texte numérisé non relu

PEINE D

. Paralysie,

‘ophique

de l’enfance.

‘16. 99. Paralvsie atr

99, Paralvsie

atrophique de l'enfance.

rieur, enfin le sterno mastoïdien sont alrophiés ; sa sensibilité s’est conser- \ée intacte; la miction et la défécation ont toujours élé accomplis normalement.

Je vais exposer un autre Cas non moins grave que les précédents dont il diffère, en ce sens que la maladie a détruit tous les muscles des membres inférieurs, à l’exceplion de quelques faisceaux muscu-

laires des fléchisseurs de la cuisse sur le bassin, et parce qu'il n’y a pas eu de fièvre apparente.

Ossenvarion LIL, — Paralysie atrophique de tous les muscles moteurs des membres inférieurs, à l'exception du tenseur aponévrotique gauche. — Trois heures de convulsions, au début, sans fièvre appréciable.

Eugène Sivry, onze ans. A l’âge de trois ans,sans cause connue, mouvements convulsifs généraux dans les membres et dans le tronc; perte de connaissance pendant trois heures.Les parents ne se sont pas aperçus qu'il eût de la fièvre. Après ses convulsions, il recouvre sa gaieté et son appétit, mais il ne peut remuer les membres inférieurs, ni se tenir assis. Îl ne se plaint pas de douleurs. Un mois après le début de la paralysie, il peut se tenir assis; se redresser, quand il se penche en avant; mais ses membres iuférieurs sont restés paralysés, et de plus ils se sont amaigris rapidement. Une médication assez active paraît avoir été suivie, dès Île début : vésicaloires promenés le long du rachis, strychnine, bains sulfureux, rien n’a pu améliorer l’état de ce malheureux enfant qui m'a élé présenté en 1858 (huit ans après le début de sa maladie) ; il importe de noter ici que les fonctions de la vessie et du rectum sont restées normales.

Voici ce que je constate alors : la peau des membres inférieurs est littéralement collée aux os, comme on peut s’en faire une idée, en voyant les figures 99 et 100, héliographées d’après mes photographies. Par le pincement, je n’y reconnais du issu charnu dans aucun point. L'exploration électrique n°y provoque pas la moindre contraction, excepté au niveau du tenseur aponévrotique droit. Cet enfant ne peut mouvoir ni les orteils, ni les pieds ni les jambes. Il fléchit seulement très-légèrement la cuisse gauche sur le bassin, lorsqu'on le couche sur le côté droit; mais ce mouvement est tellement faible, qu’il ne saurait surmonter le poids du membre inférieur, comme lorsqu’étant assis il essaye d'élever la cuisse. Si l'on place celte cuisse dans la flexion sur le bassin, il ne peut l’étendre. Du côté opposé, les mouvements de la cuisse sont nuls. Une bride formée par le tenseur aponévrotique rétracté du côté gauche s'oppose à l'extension complète de la cuisse, et lorsque l’on veut en vaincre la résistance, le bassin se renverse en arrière sur la colonne vertébrale, de manière à former une ensellure très-prononcée. Si l’on veut faire tenir l'enfant debout, les trois segments du membre inférieur s'infléchissent les uas sur les autres, comme dans la figure 99, où on le voit forcé d’eutourer de ses bras Le cou de sa mère pour ne pas s’affaisser. Cependant, quelques mois après le début de sa paralysie, cet enfant s’est mis, de même que tous ceux que j'ai vus atteints par cette infirmité, à se transporter d'un lieu à un autre, à la manière des culs-de-jatte, c’est-à-dire en se trainant sur son derrière, à l'aide des membres supérieurs. Mais il a trouvé bientôt une manière plus commode et plus rapide de progresser sur ses membres inférieurs : s'arcboutant, comme dans la figure 100, il saisit ses pieds avec ses mains el les porta l'un après l’autre en avant, imilant ainsi le pas de la marche.

Ii acquit bientôt tant d'habileté, dans cet exercice, qu’il se transportait, de cette façon, d’un lieu à un autre plus rapidement qu’en se traînant sur son derrière. Il put même aussi monter un escalier, La première fois que je le vis, il marchait de cette maniôre depuis plus de six ans. Il en élait résullé que les ligaments de larticulation du coude, trop faibles pour supporter incessamment, à cet âge, le poids du corps, avaient été distendus dans le sens de la flexion, au point que l’avant-bras faisait en arrière un angle rentrant avec le bras, pendant l’extension (voy. la figure 100), quand il prenait pour marcherl'attilude que je viensde décrire.

Ainsi voilà une affection qui a détruit à peu près tous les muscles des membres inférieurs, et dont l'invasion subite a été annoncée seulement par trois heures de convulsion, sans que l’on ait pu constater la moindre fièvre.

Pour compléler cet exposé des faits cliniques principaux qui puissent présenter celte maladie sous toutes ses formes, en donner une idée complète et servir surtout de base à sa symptomatologie et à son diagnostic, il me faudrait encore exposer des faits, dans lesquels la paralysie, après une fièvre de début intense et durant plusieurs jours, n’a frappé que l’un des membres inférieurs et s’est localisée dans ur seul muscle. Souvent cette localisation a lieu dans le jambier antérieur ou dans le triceps sural dont la destruction (la transformation graisseuse ou granulo-graisseuse) produit des pieds-bots spéciaux, qui occasionnent des infirmités incurables et condamnent les malades à porter, touteleur vie et surtout jour et nuit, des appareils prothétiques et orthopédiques. Je devrais enfin montrer, dans les faits que j’airecuillis, en très-grand nombre, la paralysie frappant les membrès supérieurs et inférieurs tantôt hémiplégiquement et tantôt d’une manière croisée. Mais l’exposition de tous ces faits prendrait ici une trop grande place,

La description que je vais faire, dans les articles suivants, de la paralvsie atrophique de l’enfance, reposera uniquement sur mes propres recherches cliniques qui datent de plus de vingt années, et sur des faits anatomiques que j’ai constatés à l’œil nu ou par l’examen microscopique de préparations que j'ai souvent dessinées à la chambre claire ou photographiées.

ART. II. — SYMPTOMATOLOGIE, 393

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