‹ De l'electrisation localisee et de son application a la pathologie et la therapeutique par courants induits et par courants galvaniques interrompus et continusChapitre 110 sur 543 · ART. 1I# SYMPTOMATOLOGIE, DIAGNOSTIC ET PRONOSTIC · texte numérisé non relu

ART. 1I# SYMPTOMATOLOGIE, DIAGNOSTIC ET PRONOSTIC

On voit donc que, deux mois de faradisation pratiquée deux ibis par semaine, pendant un mois et, pour le reste du traitement, une fois seulement par semaine, ont pu rappeler, chez Bellet, le mouvement dans les muscles dont la contractilité et la sensibilité étaient seulement affaiblies, tandis que les muscles dans lesquels ces propriétés étaient, abolies, sont restés paralysés et se sont atrophiés à peu près complètement, bien qu'ils eussent été également faradisés. Enfin, c'est seulement vers le neuvième mois qu'ils ont commencé à renaître. La guérison eût été plus rapide, si lafaradisalion avait pu être pratiquée trois à quatre fois par semaine.

IV. Le pronostic de ces paralysies traumatiques est en général beaucoup moins grave ^lorsque, la contractilité électro-musculaire étant éteinte y la sensibilité des muscles est conservée ou seulement faiblement dimi* nuée.

J'ai vu la démonstration complète de celte proposition importante chez un malade dont je vais résumer l'observation.

Observation XXXIV. — Paralysie atrophique du membre supérieur gauche, consécutive à une luxation scapulo-humérale. — Inégalité de la lésion nerveuse dans les muscles paralysés, reconnue à l'aide de l'exploration électro-musculaire. — Les muscles dont la sensibilité est peu affaiblie, ne s'atrophient pas, malgré la perle de leur contractilité électrique, et recouvrent leur mo~ tililé vers le sixième mois, tandis que ceux qui ont perdu leur sensibilité et leur contractilité électriques, restent paralysés et s'atrophient considérablement.

Lambert, 39 ans, est jeté par terre dans une rixe et se luxe l'épaule gauche. La réduction est opérée, douze heures après l'accident,le 7 mars, par M. Chassaignac. Après la réduction, le malade s'aperçoit, que son membre est complètement paralysé, bien qu'il n'y éprouve aucune douleur. Vers le 15 avril (un mois après la luxation), il m'est adressé par M. Chassaignac, et je constate que le membre supérieur gauche est entièrement privé de mouvements; que le muscle deltoïde, les muscles du bras et ceux qui sont sous la dépendance du nerf radial, ont perdu leur contractilité électrique, et que cette dernière propriété est seulement un peu affaiblie dans les muscles placés sous la dépendance des nerfs médian et cubital; que la sensibilité électrique est normale dans ces derniers, un peu affaiblie dans le muscle deltoïde et dans les muscles du bras, et enfin qu'elle paraît abolie dans les muscles animés par le nerf radial; la sensibilité de la peau est partout normale. — De l'ensemble de ces signes, je déduis immédiatement, en présence des personnes présentes à ma clinique civile,-Ie pronostic suivant : Les muscles animés par les nerfs médian et cubital sont très-légèrement lésés et doivent recouvrer rapidement leur motilitepar lafaradisalion localisée; les muscles du bras et le deltoïde s'atrophieront très-peu, et se contracteront volontairement, dans cinq à six mois; enfin les muscles placés sous la dépendance du nerf radial s'atrophieront, quoi qu'on fasie, la nutrition et le mouvement volontaire ne commençeront à revenir que huit à dix mois après le début de la paralysie. - L'événement a entière-

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