‹ De l'electrisation localisee et de son application a la pathologie et la therapeutique par courants induits et par courants galvaniques interrompus et continusChapitre 109 sur 543 · CHAP. I. — PARALYSIES CONSÉC. AUX LÉS. DES NERFS MIXTES · texte numérisé non relu

CHAP. I. — PARALYSIES CONSÉC. AUX LÉS. DES NERFS MIXTES

l'exploration électro-musculaire m'a permis d'établir, après mou premier examen, le pronostic suivant, chez le second (obs. XXXI); les muscles qui ont perdu leur contractilité et leur sensibilité électriques, vont s'atrophier, quoique l'on fasse, et quand la force nerveuse leur reviendra {dans huit à dix mois), on pourra y rappeler la nutrition et la motilité. Chez l'autre, au contraire, mon pronostic a été favorable, j'ai annoncé en effet que non-seulement les muscles ne s'atrophieraient pas, mais que, très-probablement, ils allaient recouvrer rapidement leur motilité par la faradisation localisée.

On a vu aussi que ces pronostics se sont réalisés puisque le malade dont les nerfs paraissaient plus gravement lésés (obs. XXXII) a guéri en quelque séances (en neuf séances), tandis, que chez l'autre malade (obs. XXXI), la paralysie était encore dans le même état après un an, et que les muscles paralysés se sont rapidement atrophiés, comme je l'avais annoncé, bien que M. Nélaton, dans le service duquel il se trouvait, lui eût fait appliquer des boutons de feu, au niveau du plexus brachial, et qu'il eût été soumis régulièrement et énergiquement à la faradisation localisée.

III. La gravité dune paralysie consécutive à la lésion d'un nerf mixte est en raison directe de V affaiblissement de la contractilité et de la sensibilité électriques des muscles auxquels ce nerf conduit V excitant nerveux.

Cette proposition, que j'avais formulée en 1852 (1), et qui était démontrée par les faits cliniques exposés précédemment, s'est trouvée confirmée par de nouvelles et nombreuses observations. En voici sommairement un exemple.

Observation XXXIII. — L. Bellet, 53 ans, hôpital Saint-Louis, service de Malgaigne. — Paralysie consécutive à une luxation scapulo-bumérale droite de tous les muscles moteurs du membre supérieur de ce côté, constatation, deux mois après l'accident, d'une faible diminution de la contractilité électrique des muscles deltoïde, triceps brachial, long supinateur et des muscles de la région postérieure de l'avanl-bras, tandis que cette propriété est abolie dans les muscles animés par les neiTs médian et cubital. — Sensibilité électro-musculaire abolie, dans les muscles qui ont complètement perdu leur contractilité électrique. — Pas de sensibilité cutanée à la face postérieure de l'avant-bras, ni dans les nerfs médian et cubital. — Guérison de la paralysie dans les muscles qui ont conservé leur contractilité électrique, après 15 à 16 séances; commencement de retour progressif du mouvement dans les muscles qui ont perdu cette propriété, neuf mois seulement après l'accident, annoncé par des douleurs lancinantes de plus en plus vives après chaque séance; en môme temps, retour progressif de la chaleur et de la nutrition du membre, bien que la faradisation eût été pratiquée irrégulièrement et rarement (une fois par semaine). (Voy., pour les détails, ête<Strisat local, 2e édit., observation XXII.)

(1) Duchenne (de Boulogne), loc. cit., p. C84.

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