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VI. Question de la régénération des nerfs

A. Depuis près d'un siècle, la question de la régénération des nerfs est agitée. Après avoir étélonglemps contestée par les physiologistes et par les chirurgiens les plus célèbres, elle est aujourd'hui définitivement et parfaitement établie par l'expérimentation.

Il serait opportun d'exposer ici la question historique de la régénération des nerfs; malheureusement la place me manque. Je me bornerai donc à rappeler les auteurs dont les découvertes ou les

ART. II. — SYMPTOMATOLOGIE, DIAGNOSTIC ET l'RONOSTIC. 345

expériences ou môme les opinions contradictoires ont le plus contribué à éclairer celle question. , .

Dans nue première période qui s'étend de 1776 à 1838, figurent en première ligne les noms de Cruikshank (1), collaborateur de Hunier, de Fontaaa (2).qui, le premier, a reconnu, à l'examen microscopique, la substance nerveuse régénérée, de Lorenzo Nanoni (3), de Haigbton (4), qui a recherché expérimentalement les preuves physiologiques de la régénération des nerfs. Les preuves anatomiques tirées de l'examen microscopique ont eu, on le conçoit, beaucoup moins de valeur que celles qui sont ressorties de l'expérimentation physiologique, en raison de l'insuffisance des notions que l'on possédait alors en histologie et de l'imperfection des instruments. Contrairement à la doctrine de la régénération des nerfs, de nombreux observateurs ont soutenu que le tissu qui relie les deux bouts des nerfs divisés, n'est qu'un tissu analogue à celui qui réunit tous les aulres tissus; que les nerfs ne sont pas susceptibles de se régénérer. Parmi les opposants à la doctrine de la régénération des nerfs, je citerai Monro, Richerand, Boyer, Breschet, Magendie, Jobert de Lamballe (5). La seconde période de l'histoire de la régénération des nerfs (de 1838 jusqu'à nos jours) commence à Steinrueck(6),qui a répété toutes les expériences de ses devanciers et les a fait admettre comme indiscutables.

«La régénération des nerfs, dit M. Tillaux, auteur d'une excellente thèse (7), estdonc prouvée et admise. Cette seconde période renferme les remarquables travaux de M. Waller en 1850. Le physiologiste anglais démontre que non-seulement la cicatrice est nerveuse, mais que toute section nerveuse s'accompagne nécessairement d'un travail de dégénéra tion qui détruit les tubes nerveux et d'un travail de réparation qui les renouvelle, etcela dans un boutseulemenl du nerf coupé, dans le bout qui n'est plus en.continuité avec le centre trophique de ce nerf. Suivant cetauteur, il est indispensable, pour que la restauration se fasse, que les deux bouts soient d'abord réunis par une substance nerveuse, sans quoi la régénération sera indéfinie. C'est ici qu'interviennent les travaux de MM. Vulpian et Philippeaux, qui dé-

(1) Cruikshank, Experiments on the nerves, particularly on their reproduction, Médical facis and observations , vol. VII, n° 14. (?) Fontana, Traité sur le venin de la vipère. Florence, 1781.

(3) Lorenzo Nanoni, Sulla regenerazione délia parte similari. 1782.

(4) Haigbton', An. expérimental inquiry concerning the reproduction of nerves. I'hilosop/ncal transactions, 1795, p. 190, Médical facis and observations, vol. VII, n° 15. — Reiïs Archiv, Band 11, p. 71.

(5) Jobert 'de Lamballe), De la réunion en chirurgie. Paris, 18G4.

(6) Carolus Otto Steinrueck, Dissertutio inauguralis physioloyica de nervorum régénérât ione. Berolini, 1 838.

(7) Tillaux, Des affections chirurgicales des nerfs. Paris, 18GG, thèse pour le coucour* de l'agrégation (section de chirurgie et d'accouchement, , p. 49.

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