ART. II. — SYMPTOMATOLOGIB, DIAGNOSTIC ET PRONOSTIC
sensibilité clans la moitié interne de la main et, un peu plus tard, retour de douleurs aussi vives qu'avant l'opération. En môme temps apparition, dans le point le plus douloureux, d'une petite tumeur (névrome) enl vée de nouveau par M. Huguier. — En 1866, entrée à l'hôpital de la Clinique de la malade qui, depuis plusieurs années, est torturée jour et nuit par les mêmes douleurs, malgré les opérations précédentes, et qui vient réclamer l'amputation de sa main. — Prenant en considération l'existence de plusieurs névromes dans sa main, et l'impossibilité dans laquelle ils mettent, depuis longtemps, la malade de gagner sa vie, M. Nélalon cède à son désir.
Il m'engage à analyser les troubles fonctionnels de sa main, et à examiner l'état de la contractilité électrique des muscles animés par le nerf cubital. — Constatation alors par moi : 1° de la griffe de la main, caractéristique de la lésion du nerf cubital, mais ayant diminué considérablement, d'après le dire de la malade, depuis 5 à 6 mois, (elle était un peu moins prononcée que dans la figure 95, p. 360); 2° de l'absence de la contractilité électrique dans les muscles animés par le nerf cubital; 3° de l'abolition des mouvements d'adduction et d'abduction du petit doigt et de l'annulaire, et d'extension de leurs deux dernières phalanges. — Après l'amputation, dissection de la main, constatation de l'intégrité du tissu des interosseux, seulement atrophiés et un peu pâles, à l'exception toutefois de l'un des deux derniers lombricaux, qui est graisseux; enfin, à l'examen microscopique, constatation de la régénération de la portion réséquée, et du bout périphérique du nerf cubital, qui a été habilement préparée par l'un des internes, M. Benj. Anger.
En somme, ce fait confirme la doctrine de la régénération Wallerrienne, c'est-à-dire de la régénération d'une portion du nerf réséqué dans l'étendue de 4 centimètres et de son bout périphérique.
Quel était l'état anatomique des muscles interosseux? Telle était la question qui m'avait été posée par M. Nélaton, avant l'opération. La persistance de leur paralysie depuis la section du nerf cubital et l'absence de la contractilité électro-musculaire, m'avaient d'abord fait croire à la dégénérescence graisseuse des inlerosseux ; mais, ayant appris que, depuis plusieurs mois, la griffe avait notablement diminué, ce qui ne pouvait avoir eu lieu que par le retour de la tonicité des interosseux (ce que j'avais observé dans d'autres cas analogues), avant môme le rélablissement des mouvements volontaires, j'exprimai l'opinion : que la texture de ces muscles devait avoir été conservée intacte; c'est ce qui a été confirmé après l'amputation.
D'autre part, ce retour de la force tonique m'avait fait pressentir la régénération périphérique du nerf cubital.
Je conclus de tout ce. qui précède : que le pronostic ne doit pas être trop grave, dans les cas de paralysie consécutive à la destruction d'un nerf, alors môme que les muscles en ont éprouvé un grand