‹ De l'electrisation localisee et de son application a la pathologie et la therapeutique par courants induits et par courants galvaniques interrompus et continusChapitre 120 sur 543 · CHAP. I. — PARALYSIES CONSÉC. AUX LÉS. DES NERFS MIXTES · texte numérisé non relu

CHAP. I. — PARALYSIES CONSÉC. AUX LÉS. DES NERFS MIXTES

on avait cru qu'elles s'étaient développées pendaut la vie intra-utérine et qu'il n'y avait rien à faire. A l'époque où ces sujets m'étaient présentés, toute intervention thérapeutique avait été inutile, car il ne restait plus de ces muscles paralysés que quelques faisceaux isolés.

On va voir cependant, que reconnue à temps, comme elle l'a été heureusement par les médecins éclairés que je viens de citer, cette espèce de paralysie peut guérir par la faradisalion localisée, si elle est appliquée presque immédiatement.

Mon pronostic était grave, lorsque M. Guibout m'envoya son nouveau-né paralytique. Mon opinion était néanmoins que la faradisation localisée offrait encore quelque chance de succès, k une époque aussi rapprochée du début. Après la vingtième séance seulement, on s'aperçut que l'enfant élevait un peu le bras en le portant en avant. C'était le tiers antérieur du deltoïde qui exécutait ce mouvement. Dès lors l'espoir me revint de rappeler, avec le temps, les mouvements et la nutrition dans tous les muscles paralysés. Après trente séances, appliquées, chacune, trois fois par semaine, l'élévation du bras en avant et en dedans était à peu près complète. Mais c'était le seul mouvement obtenu. Dans une seconde cure d'une vingtaine de séances, faite après deux mois de repos, je vis apparaître l'élévation du bras en dehors; longtemps après, la flexion de l'avant-bras sur le bras; enfin l'attitude de la main, qui n'était plus en pronation, annonça que le sous-épineux avait recouvré son action et contre-balançait. l'action rotatrice de l'humérus en dedans exercée par le sous-scapulaire. Aujourd'hui, après une quatrième cure, l'action du tiers postérieur du deltoïde commence à revenir, il ne me reste aucun doute sur la guérison complète ou à peu près complète et prochaine de celte paralysie. Enfin, le membre s'est développé progressivement et a acquis un volume presque égal à celui du côté opposé.

L'enfant qui m'a été adressé par M. Depaul, quelques mois après le précédent, est soumis au même traitement; après 60 séances, le tiers antérieur du deltoïde commence seulement à se contracter volontairement; si M. Depaul et moi nous n'avions pas été témoins de l'heureux résultat obtenu dans le cas précédent, nous perdrions courage.

L'expérimentation ayant démontré que la restauration des nerfs divisés ou réséqués, et le rétablissement de leurs fonctions se font d'autant plus vite que le sujet est plus jeune, j'aurais dû m'attendre a une guérison plus rapide. Mais l'enseignement qui ressort des faits cliniques précédents, apprend que, dans la pathologie humaine, les phénomènes ne sont pas absolumentles mômes que dans les vivisections, et que, dans telles circonstances, il faut s'armer de patience

et ne pas renoncer trop tôt à la faradisation. Je savais d'ailleurs qu'à ce degré de lésion des nerfs et dans l'enfance, lorsque ces sortes de paralysies sont abandonnées à elles-mêmes, les muscles s'atrophient et dégénèrent rapidement ; j'en avais recueilli des cas, et j'en ai observé un nouvel exemple chez le nouveau-né qui m'avait été envoyé de l'hôpital des Cliniques par M. Depaul, et qui avait une paralysie obstétricale de l'un des membres supérieurs, absolument semblable aux cas précédents (il en a été question plus haut; p. 357). Son traitement, qui était commencé, n'a pu être continué à cause d'une longue maladie de sa mère, qui me l'a rapporté six mois plus lard environ. Alors je n'ai plus retrouvé de traces du deltoïde ni des fléchissures de l'avant-bras sur le bras; c'était un cas incurable.

B. — Dans ces faits cliniques, l'exploration électrique m'avait appris que la lésion des nerfs était profonde; mais dans le cas de M. Tarnier (rapporté ci-dessus), elle m'avait montré que la contractilité électro-musculaire était seulement un peu affaiblie. (Ce fait a été constaté par M. Tarnier, qui avait accompagné la famille dans mon cabinet.)

En présence d'une lésion nerveuse aussi légère, je pensai que la paralysie pouvait guérir sans l'intervention de la faradisalion localisée soit spontanément et mieux encore à l'aide de simples frictions excilantes. Rassuré d'ailleurs par l'exploration électrique, je déclarai qu'il n'y avait pas d'urgence d'agir, et que l'on pouvait attendre. Ce conseil fut suivi; cependant, trois mois plus tard, la paralysie était dans le même état. Mais comme je trouvai encore la conlraclilité électro-musculaire peu affaiblie, mon pronostic ne fut pas modifié ; j'exprimai l'opinion : que la guérison parla faradisation localisée devait se faire beaucoup moins attendre que dans les cas dont il vient d'être question. En effet, après quelques séances, l'élévation du liras en avant commençait à se faire. Aujourd'hui, après vingt séances, le bras n'est plus retenu en rotation en dedans, ce qui est dû au retour de l'action du sous-épineux ; conséquemment la main n'est plus en semi-pronalion permanente ; la flexion de l'avant-bras commence à se faire, et il ne reste à guérir que la paralysie du tiers postérieur du deltoïde et à augmenter la force des mouvements acquis.

C. — En résumé, certaines manœuvres obstétricales violentes, nécessités par l'abaissement difficile des bras après la sortie du tronc de l'enfant, ou par de fortes tractions exercées sur l'épaule, à l'aide d'un doigt introduit sous l'aisselle en forme de crochet, après la sortie de la tête de l'enfant, produisent quelquefois une paralysie du membre supérieur, localisée dans les muscles deltoïde, sousépineux et fléchisseurs de l'avant-bras sur le bras, caractérisée par l'abaissement de ce membre appliqué alors contre le tronc, par la rotation du bras en dedans, et par l'extension de l'avant-bras sur

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