ART. IV. — ACTION THÉRAPEUTIQUE DE LA FARADIS. LOCALISÉE
cas, un signe favorable. Cette proposition me paraît d'autant plus fondée que, lorsque la paralysie s'est montrée rebelle à tous les traitements, j'ai vu l'hypéreslhésie musculaire ne pas se manifester.
Observation XLV. — En 1850, un malade était entré à la Charité, salle Saint-Félix, n° 11, pour une paralysie à peu prés complète du membre supérieur, consécutive à une luxation scapulo-humérale et datant de deux ans. Il avait été soumis à l'éleclrisation à l'hôpital Beaujon, quelques mois avant d'entrer à la Charité. Mais, soit qu'on ne sût pas diriger l'excitation dans les muscles paralysés, soit que l'appareil ne fût pas assez puissant, la paralysie n'en éprouva aucune modification avantageuse. Ce malade disait n'avoir jamais eu de douleurs, ni d'exaltation de la sensibilité dans les muscles éleclrisés ; la sensibilité cutanée et musculaire était, au contraire, obluse au moment où je l'observai à la Charité. Mais sitôt que je dirigeai, à une dose suffisante, l'excitation faradique sur les muscles paralysés, le membre devint le siège de douleurs excessives qui nécessitèrent la suspension du traitement, pendant quelques jours. Bientôt après le malade exécuta des mouvements qu'il n'avait jamais pu Taire depuis son accident, et put se servir de son bras pour un grand nombre d'usages. Malheureusement il ne voulut pas se soumettre assez longtemps au traitement, et son état fut seulement amélioré. Ce fait est une preuve de plus à l'appui de mes assertions.
L'exaltation de la sensibilité, produite par le traitement faradique, n'est pas de longue durée ; elle disparaît bientôt peu à peu, en même temps que l'on voit revenir la vie dans les muscles.
Je n'ai pas toujours observé, comme dans l'observation précédente, que l'hypéresthésie des muscles et des nerfs se développe sous l'influence de la faradisation dans les paralysies anciennes.
§ ï I. — Action de la faradisation localisée sur la calorification
et sur la circulation.
Dans toutes ces paralysies par lésion traumatique des troncs nerveux, on constate, quelque temps après leur début, que l'abaissement de température est considérable ; ainsi, j'ai trouvé souvent, une différence de cinq à six degrés entre le côté sain et le côté malade; les sujets eux-mêmes ont toujours accusé une sensation de grand refroidissement dans le membre paralysé. La circulation locale s'y fait mal ; les veines cutanées sont peu développées ; la peau est violacée et œdémaliée, surtout quand le membre est exposé au froid. L n des effets les plus constants et les plus immédiats de la faradisation localisée, c'est de faire disparaître ces phénomènes morbides. Il suffit souvent de quelques séances pour ramener la calorification du membre duchenne. — 3e édition.