I. — PHÉNOMÈNES DE DÉBUT
A. Fièvre initiale habituelle, mais faisant quelquefois défaut. — Dans ïa grande majorité des cas, j'ai vu la fièvre signaler le début de la paralysie atrophique de l'enfance; quelquefois cette période fébrile a fait entièrement défaut.
Contrairement à cette opinion que j'ai exprimée en 4861 (I), M. II. Roger a professé, en 1864, dans ses excellentes leçons cliniques de l'hôpital des Enfants, que la paralysie atrophique de l'enfance débute toujours par de la fièvre. Après lui, M. Laborde a exprimé la môme opinion.
Comme, pour tout observateur attentif, cette paralysie infantile ne peut être attribuée qu'à une myélite aiguë primitive, — j'aurai bientôt à démontrer, d'après des recherebes analomo-pathologiques récentes, qu'elle siège dans les cornes antérieures, — il est en effet difficile de concevoir qu'une affection aussi grave et qui atrophie ou détruit aussi rapidement les muscles paralysés, puisse débuter sans provoquer une réaction fébrile. Cependant j'ai à opposer à l'opinion si rationnelle de M. H. Roger quelques faits cliniques qui m'ont démontré, d'une manière incontestable, que cette paralysie apparaît quelquefois, chez les enfants, sans la moindre fièvre appréciable, pendant le jour et, pour ainsi dire, dans les bras de leurs mères.
Je puis citer, comme exemple et à l'appui de mon opinion, l'une des observations précédentes (obs. Ll) dans laquelle on a vu que les membres inférieurs ont été trouvés paralysés, après trois heures de convulsions, sans que l'on ait constaté la moindre fièvre appréciable. L'enfant s'était levé bien portant et avait marché, lorsque, dans la journée, il tomba tout à coup dans les convulsions pour lesquelles fut appelé immédiatement un médecin qui déclara qu'il n'avait pas de fièvre; d'ailleurs, sitôt que les convulsions eurent disparu, cet enfant joua sur son lit et mangea comme d'habitude, bien qu'il ne pût remuer les membres inférieurs.
Ce fait clinique sera peut-être récusé, parce qu'il n'offre pas, — et j'en conviens, — toutes les garanties désirables d'observation exacte à son début. C'est pourquoi, je vais le corroborer par
(J) Duclienne (de Boulogne), De l'Èkclrisation localisée, 2e édition. Paris, 18C0.