‹ De l'electrisation localisee et de son application a la pathologie et la therapeutique par courants induits et par courants galvaniques interrompus et continusChapitre 134 sur 543 · ART. L — EXPOSITION DES FAITS · texte numérisé non relu

ART. L — EXPOSITION DES FAITS

taires des fléchisseurs de la cuisse sur le bassin, et parce qu'il n'y a pas eu de fièvre apparente.

Observation LU. — Paralysie atrophique de tous les muscles moteurs des membres inférieurs, à l'exception du tenseur apo névrotique gauche. — Trois heures de convulsions, au début, sans fièvre appréciable.

Lugène Sivry, onze ans. A l'âge de trois ans, sans cause connue, mouvements convulsifs généraux dans les membres et dans le tronc ; perle de connaissance pendant trois heures. Les parents ne se sont pas aperçus qu'il eût de la fièvre. Après ses convulsions, il recouvre sa gaieté et son appétit, mais il ne peut remuer les membres inférieurs, ni se tenir assis. Il ne se plaint pas de douleurs. Un mois après le début de la paralysie, il peut se tenir assis; se redresser, quand il se penche en avant ; mais ses membres inférieurs sont restés paralysés, et de plus ils se sont amaigris rapidement. Une médication assez active paraît avoir été suivie, dès le début : vésicatoires promenés le long du rachis, strychnine, bains sulfureux, rien n'a pu améliorer l'état de ce malheureux enfant qui m'a été présenté en 1838 (huit ans après le début de sa maladie) ; il importe de noter ici que les fonctions de la vessie et du rectum sont restées normales.

Voici ce que je constate alors : la peau des membres inférieurs est littéralement collée aux os, comme on peut s'en faire une idée, en voyant les figures 99 et 100, héliographées d'après mes photographies. Parle pincement, je n'y reconnais du tissu charnu dans aucun point. L'exploration électrique n'y provoque pas la moindre contraction, excepté au niveau du tenseur aponévrolique droit. Cet enfant ne peut mouvoir ni les orteils, ni les pieds ni les jambes. 11 fléchit seulement très-légèrement la cuisse gauche sur le bassin, lorsqu'on le couche sur le côté droit; mais ce mouvement est tellement faible, qu'il ne saurait surmonter le poids du membre inférieur, comme lorsqu'étant assis il essaye d'élever la cuisse. Si l'on place celle cuisse dans la flexion sur le bassin, il ne peut l'étendre. Du côté opposé, les mouvements de la cuisse sont nuls. Une bride formée par le tenseur aponévrolique rétracté du côté gauche s'oppose àl'extension complète de la cuisse, et lorsque l'on veut en vaincre la résistance, le bassin se renverse en arrière sur la colonne vertébrale, de manière à former une ensellure très-prononcée. Si l'on veut faire tenir l'enfanl debout, les trois segments du membre inférieur s'infléchissent les uns sur les autres, comme dans la figure 99, où on le voit forcé d'entourer de ses bras le cou de sa mère pour ne pas s'affaisser. Cependant, quelques mois après le début de sa paralysie, cet enfant s'est mis, de mémo que tous ceux que j'ai vus atteints par cette infirmité, à se transporter d'un lieu à un autre, à la manière des culs-dc-jatte, c'esl-à-dire en se traînant sur son derrière, à l'aide des membres supérieurs. Mais il a trouvé bientôt une manière plus commode et plus r.ipide de progresser sur ses membres inférieurs : s'arctoulant, comme dans la figure 100, il saisit ses pieds avec ses mains et les porta l'un après l'autre en avant, imitant ainsi le pas de la marche.

392 CUAP. II. — PARALYSIE ATKOl'HJQUE DE i/eNFANCE.

Il acquit bientôt tant d'habileté, dans cet exercice, qu'il se transporluil, de celle façon, d'un lieu à un autre plus rapidement qu'en se traînant sur son derrière. Il put môme aussi monter un escalier. La première fois que je le vis, il marchait de cette manière depuis plus de six ans. Il en était résulté que les ligaments de l'articulation du coude, trep faibles pour supporter incessamment, à cet âge, le poids du corps, avaient été distendus dans le sens de la flexion, au point que l'avant-bras faisait en arrière un angle renlrant avec le bras, pendant l'extension (voy. la ligure 1 00), quand il prenait pour marcheiTallitude que je viensde décrire.

Ainsi voilà une affection qui a détruit à peu près tous les muscles des membres inférieurs, et dont l'invasion subite a été annoncée seulement par trois heures de convulsion, sans que l'on ait pu constater la moindre fièvre.

Pour compléter cet exposé des faits cliniques principaux qui puissent présenter cette maladie sous toutes ses formes, en donner une idée complète et servir surtout de base à sa symptomalologie et à son diagnostic, il me faudrait encore exposer des faits, dans lesquels la paralysie, après une fièvre de début intense et durant plusieurs jours, n'a frappé que l'un des membres inférieurs et s'est localisée dans un seul muscle. Souvent celte localisation a lieu dans le jambier antérieur ou dans le triceps sural dont la destruction (la transformation graisseuse ou granulo-graisseuse) produit des pieds-bols spéciaux, qui occasionnent des infirmités incurables et condamnent les malades à porter, toute leur vie et surtout jour et nuit, des appareils protbéliques et orthopédiques. Je devrais enfin montrer, dans les faits que j'ai recuillis, en très-grand nombre, la paralysie frappant les membres supérieurs et inférieurs tantôt hémiplégiquement et tantôt d'une manière croisée. Mais l'exposition de tous ces faits prendrait ici une trop grande place.

La description que je vais faire, dans les articles suivants, de la paralysie alrophique de l'enfance, reposera uniquement sur mes propres recherches cliniques qui datent de plus de vingt années, et sur des faits anatomiques que j'ai constatés à l'œil nu ou par l'examen microscopique de préparations que j'ai souvent dessinées à la chambre claire ou photographiée?.

ART. II. — SYMPTOMATOLOGIE.

ARTICLE II

SYMPTOMATOLOGIE.

^ I. — Première période (d'acuité).

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