II. — MUhCUS
Lobslein relaie des cas de paralysie qui semblent appartenir à ia maladie de l'enfance dont il est ici question (-2) ; il en cite plusieurs qui avaient existé chez des enfants, dans lesquels on trouva
(1 ) Deux de ces vaisseaux capillaires dessinés à 25 diamètres par M. Damascliino «ont représentés : l'un, figure 110 vu transversalement, contient une grande quantité de corps granuleux dans sa gaîne lymphatique; l'autre, ligure 111, vu longiludinaiement et traité par l'éther, ;ifin de montrer l'extieme distension de la gaine lymphatique : les corps granuleux ont disparu, dissous par l'éilier.
(i) Lobstein, Traité d'anatonue pathologique, t. II, § UO'J.
AUT. m ANATOMIE PATHOLOGIQUE. Vil
un certain nombre de muscles de la jambe convertis en une masse graisseuse, cl qui avaient été observés par différents auteurs.
M. Bouvier dit (I) : a Dans les pieds bots anciens, tous ces muscles sont minces, pâles, atrophiés, et le plus souvent graisseux. » Ce môme observateur en a rapporté un cas avec figure coloriée, représentant les muscles graisseux, dans son travail couronné par l'Institut, et un second exemple dans une communication verbale faite à l'Académie de médecine (2). M. Broca a constaté également l'existence de certains muscles graisseux, chez des enfants affectés de pied bot; il en a rapporté plusieurs exemples (3).
Observation LXV. — M. Bou\ier m'a fourni l'occasion d'examiner l'état de la fibre musculaire chez une jeune fille nommée Alphonsine Quaras, âgée de douze ans, et qui a succombé en novembre 1859 à une fièvre lyphoïde, dans le service de M. Blache, à l'hôpital Neckev. Elle était affectée d'une paralysie atrophique de l'enfance, qui avait produit, du côté droit, un talus pied creux varus dans sa moitié antérieure. La masse charnue formée par les jumeaux et le soléaire était d'un blanc jaunâtre et avait subi presque entièrement la dégénérescence et la subslitulion graisseuse. Il élait difficile de savoir exaclement où commençait le tissu musculaire métamorphosé, où cessait le tissu adipeux qui l'entourait. Cependant on trouvait dans l'épaisseur des jumeaux graisseux quelques points isolés d'un à deux millimètres de grosseur d'un •rouge plus ou moins clair dans lesquels on reconnaissait encore la slrialion des fibres musculaires mêlées à des fibres granuleuses ou granulo-graisseuses qui n'étaient pas encore complètement converties en .graisse.
Les autres muscles de la jambe offraient aussi à l'œil nu tous les •degrés de coloration et de décoloration jaune que l'on observe dans i'atrophie musculaire progressive, depuis le rouge vif ou un peu rpâle de l'atrophie simple, jusqu'à leur décoloration plus ou moins jaunâtre. On peut du reste en juger par la comparaison des figures 113 et lli.La première dessinée d'après nature représente la jambe •disséquée de la jeune fille dont il vient d'être question; la seconde •est la reproduction d'une peinture faite par un artiste d'un grand talent, d'après le bras disséqué d'un nommé Leconte qui a succombé à l'atrophie musculaire progressive (son histoire sera rapportée dans le chapitre iv de la seconde partie).
J'ai constaté, à l'examen microscopique, que le degré d'altération de la fibre musculaire était, comme dans l'atrophie musculaire progressive, en raison directe de la décoloration ou de la coloration plus ou moins jaunâtre de la masse des muscles. Ainsi 1° à la colo-
(1) Bouvier, Dicr. de médecine et de chirurgie pratiques, t. XIII, p. "3. (2i Bouvier, Bulletin de C Académie de médecine, Paris, 1838, t. lil, p. 2 M. (3j Broca, Bulletins de la Société anutomique, 1849, p. Ub ; 1850, et p. 40, 1851.