‹ De l'electrisation localisee et de son application a la pathologie et la therapeutique par courants induits et par courants galvaniques interrompus et continusChapitre 141 sur 543 · ART. III. — ANATOMIE PATUOLOGIOUE · texte numérisé non relu

ART. III. — ANATOMIE PATUOLOGIOUE

subi une altération profonde. ». Ils ont terminé par l'espèce de conclusion suivante: « Aussi croyons-nous pouvoir affirmer, jusqu'à plus ample informé, que c'est par une altération primitive des cellules nerveuses des cornes antérieures de la substance grise de la moelle qu'il faut expliquer les troubles de la motilitê dans la paralysie infantile. Mais la nature de celle altération et sa cause prochaine sont encore à trouver (\). »

L'insuffisance des renseignements obtenus, dans ce cas, par MM. Parrot et Joffroy, pourrait faire naître des doutes sur l'âge réel de la paralysie. Quant à moi, je puis affirmer qu'elle devait être dans sa première période, car j'ai eu l'occasion de constater, en 1868, des altérations anatomiques analogues dans un cas de paralysie' atropbique de l'enfance datant de deux mois et demi. J'en ai dû la connaissance à l'obligeance de M. Damascbino, alors chef de clinique. Voici le cas dont il s'agit.

Observation LXIII.— Un enfant était atteint, depuis deux mois et demi, d'une paralysie atrophique, hémiplégique gauche, qui s'était localisée dans le membre supérieur et surtout dans le deltoïde dont l'atrophie avait été prompte, lorsqu'il Vint à succomber à une maladie intercurrente, dans le senice de M. lloger, en octobre 1868. M. Damaschino m'a montré, en novembre 1868, sur des préparations microscopiques de la moelle à l'état frais de cet enfant, et sur des sections transversales de la même moelle, surtout durcie dans l'acide chromique, au niveau du renflement cervical, les lésions anatomiques suivantes, dans la substance grise des cornes antérieures et du côté correspondant à la paralysie atrophique: 1° corps granuleux libres et corps granuleux dans la gaine lymphatique des vaisseaux ; 2° atrophie des cellules. M. Damascbino a observé en outre, à l'examen microscopique des muscles atrophiés de cet enfant, une atrophie granuleuse et granulo-graisseuse des fibres musculaires; une accumulation de noyaux dans les gaines du myolùme; un épaissi sèment des cloisons conjonctives qui séparent quelques faisceaux musculaires, peu de graisse dans ce tissu conjonclival.

J'avouerai que, dans ce cas, la dilatation des vaisseaux et la présence de corps granuleux dans leur gaîne lymphatique était alors à mes yeux et pour M. Damaschino la lésion principale, je crois me le rappeler, et qu'elle me paraissait être le résultat d'un èlat inflammatoire aigu des cornes antérieures; aujourd'hui encore, n'oubliant pas les principes qui m'ont toujours dirigé, je ne saurais comprendre une altération parenchymatcuse aiguë, sans lésion concommilante des vaisseaux. J'ai pressé vainement M. Damaschino de publier ce cas. 11 ne l'a pas fait encore, dans le but louable de se

(I) Parrot et Joffroy, toc. ctt.

/.10 CUAP. II. — PARALYSIE ATROPHIQUE DE L'ENFANCE.

donner le temps d'étudier avec son maître M. Roger, un second cas analogue recueilli en janvier 1869 dans le même service.

Voici sommairement, dans une note qu'il m'a communiquée et que je transcris ici, les faits analomiques essentiels qu'il a observés avec M. Roger dans ce second cas qui vient corroborer le précédent, dont le début était un peu moins récent.

Observation LXIV. — Paralysie atrophique, datant de six mois et demi, chez un enfant mort en janvier 1S69; examen microscopique. — Foyer de ramollissement dans la substance grise de la corne antérieure droite de la région lombaire. — A l'état fiais, accumulation de corps granuleux hors et dans les guînes lymphatiques des vaisseaux ; — réseau capillaire trèsdèveloppé, et beaucoup plus développé que sur une injection bien réussie de substance grise; dimension très- remarquable des vaisseaux ; — à l'état frais, cellules atrophiées, un peu granuleuses; noyaux à peine visibles; — après durcissement, mûmes lésions; les coupes transversales montrent très-bien que les corps granuleux sont dans les gaines lymphatiques (fig. 108) (I). Atrophie des cellules; quelques-unes disparues à peu près complètement apparaissent à un très-fort grossissement (à 800 diamètres) et sont à peine reconnaissablcs. Les prolongements des cellules sont très-alrophiés, à peine visibles, même à très-fort grossissement.

L'e.vamen des muscles montre l'atrophie granulo-graisseuse démuselés malades; les fibres sont à peine reconnaissables et réduites à la gaine.

Abondance de noyaux dans les gaines du sarcolème; accumulation du tissu adipeux dans les interstices des muscles et de leurs principaux •aisceaux.

Ces lébions analomiques des cornes antérieures de la moelle observées dans ces deux cas de paralysie atrophique de l'enfance, à sa première période, seront-elles interprétées par MM. Roger et Damaschino, de la même manière que MM. Charcot et Joffroy? Viennent-elles confirmer ou infirmer la doctrine de l'atrophie primitive des cellules des cornes antérieures, dans cette maladie? Cette question sera sans aucun doute agitée par MM. Roger et Dainabchiiio,

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