ART. II. § IV. — DIAGNOSTIC ET PRONOSTIC
d'entre eux s'atrophieront à des degrés divers et que l'altération de texture se localisera dans un muscle ou dans quelques muscles; ce qui fera prévoir telle ou telle déformation des membres, tel ou tel pied bot dont j'ai représenté des exemples dans des ligures dessinées d'après nature, et dont j'ai exposé ailleurs le mécanisme (1).
Eb bien ! celte précision de diagnostic et de pronostic, dans ta première période de la paralysie alropbique de l'enfance, a reposé., dans tous ces cas, principalement sur la connaissance du degré d'affaiblissement de la conlractilité électro-musculaire, combinée, bien entendu, avec l'ensemble des autres symptômes.
Tels sont les résultats importants que j'obtiens, depuis une vingtaine d'années, de l'application de la faradisation localisée à l'étude du diagnostic de la paralysie atropbique de l'enfance, résultats si constants que de la diminution ou de la perte de la conlractilité électro-musculaire j'ai fait l'élément diagnostique et pronostique principal de celle paralysie infantile.
C'est de cet élément de diagnostic et de pronostic que M. Bouchut est venu contester la valeur, en soutenant que la perte de la confractilité électrique n existe, dans laparalysie atrophique graisseuse, que lorsque la lésion est très-avancée, c'est- à-dire lorsque les muscles sont détruits (2).
Celte assertion, je puis l'affirmer, est erronée ; car tout le monde pourra constater sur le vivant, à l'aide de mon emporte-pièce bistologique ou de tout autre instrumenlanalogue, que, dans celte paralysie à sa première période, la structure de la fibre musculaire est encore parfaitement normale, alors môme que la conlractilité éleclro-musculaire n'est plus appréciable (3).
Voyons donc par quel élément de diagnostic M. Boucbut propose de remplacer l'exploration électro-musculaire. «Le meilleur moyen, dit-il, de reconnaître la paralysie graisseuse de l'enfance est l'examen
{l) Duchenne (de Boulogne), Èlectrisation localisée, 2e édition, Paris, 1861, et Physiologie des mouvements, 18G6.
(2) Bouchut, loc. cit., p. 224. Lt plus haut ou lit cette autre assertion : « La perte de la contractilité électrique peut exister dans les anciennes paralysies cérébrales », assertion contre laquelle protestent mes longues recherches exposées dans les deux éditions de mon Traité a" êledrisation localisée.
(3) J'ai constaté ce phénomène pathologique daDs bien d'autres affections musculaires. Je possède nn muscle extenseur commun des doigts provenant d'un individu atteint depuis quinze ans de paralysie saturnine, chez lequel j'avais constaté pendant la vie, avec Aran, qui en a fait l'autopsie, que ce muscle ne se contractait plus par l'excitation électrique, môme par l'électro-puncture.
Est-il besoin de faire observer que par l'électro-puncture on obtiendra quelquefois encore de faibles contractions, quand les muscles, excités à travers la peau avec des rhéopliores humides, paraîtront avoir perdu complètement leur excitabilité. C'est ce que j'ai dit depuis longtemps. Mes puissants appareils d'induction me dispensent ordinairement de recourir à ce procédé douloureux.
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histologique, et cela en allant chercher sur le vivant des parcelles de muscles paralysés » Quelle serait donc la perplexité des familles, et même du médecin, s'il fallait, pour établir le diagnostic de cette maladie trop fréquente, attendre malheureusement que l'instrument eût ramené des portions des muscles dégénérées ! Et puis, pour juger du degré de lésion des muscles paralysés, il faudrait aller piquer chacun des muscles et leur enlever des fragments, afin de les examiner au microscope ! Je doute fort que ce moyen de diagnostic puisse jamais devenir usuel. Quant à moi, depuis 1865, je n'y ai recouru que dans les cas difficiles et exceptionnels.
En somme, il ressort de tout ce qui précède que, dans la première période de la paralysie atrophique de l'enfance la connaissance du degré de lésion de la contractilité électro-musculaire est un des éléments les plus précieux de diagnostic et de pronostic de cette maladie.
Étant bien déterminés, les éléments de diagnostic de la paralysie atrophique de l'enfance, la comparaison de ces éléments avec ceux qui caractérisent d'autres affections musculaires de l'enfance (l'atrophie musculaire progressive de l'enfance, la paralysie pseudohypertrophique) rendra leur diagnostic différentiel facile. Je me réserve de les agiter, dans le chapitre où je traiterai de ces affections musculaires.