‹ De l'electrisation localisee et de son application a la pathologie et la therapeutique par courants induits et par courants galvaniques interrompus et continusChapitre 145 sur 543 · ART. III. § IV. — LIAGNOSTIC ET PRONOSTIC · texte numérisé non relu

ART. III. § IV. — LIAGNOSTIC ET PRONOSTIC

2° Paralysie complète et en masse, au début, allant en diminuant et se localisant ensuite dans un plus ou moins grand nombre de muscles ;

3° Contractilité électrique affaiblie, dès la première période, dans les muscles paralysés, en liaison directe du degré de la lésion de leur innervation ; retour, après un certain temps {après la période paralytique), de cette contractilité électrique dans les muscles ou portions de muscles dont le tissu n'a pas été altéré ;

A0 Déformations partielles et variées des membres, dans une période très-avancée, consécutivement aux troubles occasionnés dans l'équilibre de leurs forces toniques musculaires, arrêt de développement du système osseux, dans les régions où l'innervation a fait défaut;

5° Lésion spinale primitive, démontrée par l'analogie des symptômes et confirmée par V anatomo-pathologie.

Ces éléments de diagnostic ne m'ont jamais fait défaut, dans le diagnostic différentiel de la paralysie atrophique de l'enfance, à quelque moment de la maladie que j'aie été appelé à le porter.

Le diagnostic différentiel de la paralysie atrophique de l'enfance et de plusieurs affections morbides du même âge ne pouvant être déduit que de la comparaison des éléments de diagnostic de chacune de ces espèces morbides, il importe que l'exactitude de tous ces éléments soit parfaitement démontrée. La valeur diagnostique de l'un des signes les plus importants de la paralysie atrophique de l'enfance : la diminution ou l'abolition de la contractilité électrique dans les muscles paralysés, au moment où ils ne sont pas encore altérés dans leur texture, ayant été méconnue et même rejetée, d'une manière absolue, par un pathologiste qui occupe un rang distingué dans l'enseignement, par M. Bouchut (J), je me crois dans l'obligation de la réhabiliter immédiatement. Le fait suivant va mettre en relief l'exactitude et l'importance de ce signe.

Observation LXVl. — Paralysie atrophique, chez un enfant de 15 mois, limitée au membre supérieur droit. Pronostic grave mis en lumière, le cinquième jour de la maladie, par l'exploration électro-musculaire. — Une petite tille (Marie Bretonne), âgée de 15 mois, d'une bonne santé habituelle, est couchée bien portante. Sa mère s'aperçoit, en la prenant dans son berceau, au milieu de la nuit, afin de lui donner le sein, que sod membre supérieur droit est complètement inerte. Cinq jours après (le 15 juin 1853), cette enfant m'est présentée par sa mère qui paraît trèsrassurée, parce que, dit-elle, son enfant n'a eu ni fièvre, ni convulsions, parce que sa santé n'en a pas paru dérangée, et surtout parce que, depuis deux jours, quelques mouvements de la main et du poignet sont déjà

(I) Bouchut, De la nature et du traitement des paralysies essentielles de l'enfance {paralysie mijoyénique, paralysie gi-aisseuse et atrophique, paralysie -temporaire des enfants), {Union méd., n°s 130, 131, 131).

420 CÏ1A1'. II. — PARALYSIE ATROI'IHQUE DE L'ENFANCE.

revenus. Je constate en effet qu'elle peut fléchir les doigts et le poignet, mais que leurs mouvements d'extension et que tous les mouvements de l'avant-bras sur le bras, et du bras sur l'omoplate, sont abolis.

Quel est le pronostic de celte paralysie ? Comme le membre paralysé est déjà un peu atrophié, principalement au niveau de l'épaule, je dis à la mère de cette petite fille que je n'ose partager son espoir, et que je dois faire au contraire des réserves, jusqu'après l'exploration électro-musculaire. Alors celle-ci m'apprenant que l'excitabilité électrique est déjà considérablement affaiblie dans le deltoïde, le triceps brachial, le biceps brachial et le brachial antérieur, je lui déclare que l'existence de ces muscles est en grand danger, tandis que les autres muscles dont l'excitabilité est beaucoup moins altérée, recouvreront leur motilité volontaire dans un temps plus ou moins prochain. Huit jours après, en effet, l'atrophie de l'épaule et du bras avait augmenté considérablement, et les muscles de ces régions ne montraient plus la moindre contractilité apparente, sous l'influence d'un courant d'induction des plus intenses dont les rhéophores humides étaient appliqués sur la peau. Un mois plus tard, les mouvements d'extension des doigts et du poignet, et celui de pronalion étaient revenus; mais la paralysie persistait dans les autres muscles moteurs de l'avant-bras et du bras. J'ai revu cette petite fille en 1864, et j'ai constaté que mon pronostic, dont la gravité avait été mise en lumière par l'exploration électro-musculaire, ne s'était que trop bien réalisé.

Combien de fois appelé à poser non-seuleraent le diagnostic de la paralysie atrophique de l'enfance, mais surtout son pronostic, ai-je pu, après avoir examiné l'état de la conlractibilité électromusculaire, annoncer, à coup sûr, comme dans le cas précédent, la marche et la terminaison de l'affection musculaire, dans chaque cas particulier et dans chacun des muscles !

Que l'on me suppose, par exemple, en présence de plusieurs cas de paralysie atrophique de l'enfonce, datant de quelques jours (d'un demi-septénaire à un septénaire) et qui se ressemblent nonseulement par l'étendue et par la localisation de la paralysie, mais aussi parles symptômes qui l'ont précédée ou accompagnée. L'exploration électro-musculaire m'apprendra alors : — qu'ici la paralysie est légère et qu'elle guérira promptement, sans laisser de traces ; — que là, au contraire, les muscles paralysés ou la plupart d'entre eux sont menacés d'atrophie et de dégénérescence granuleuse ou graisseuse, comme on en voit un exemple dans la figure 34 qui représente un enfant de 11 ans, chez lequel, après une courte convulsion non suivie de fièvre, les muscles abdominaux ont été frappés de paralysie en masse, se sont atrophiés ensuite et ont été probablement atteints dans leur texture. - Dans d'autres cas, elle me permettra d'annoncer que la plupart des muscles retrouveront, avec le temps, leur motilité, mais qu'un certain nombre

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