‹ De l'electrisation localisee et de son application a la pathologie et la therapeutique par courants induits et par courants galvaniques interrompus et continusChapitre 149 sur 543 · CHAP. II. — PARALYSIE ATROPHIQUE DE L'ENFANCE · texte numérisé non relu

CHAP. II. — PARALYSIE ATROPHIQUE DE L'ENFANCE

sont paralysés et atrophiés depuis l'âge de six mois. Ce pied a été photographié d'après son plâtre, et j'en possède une demi-douzaine semblables. On remarque, dans la figure 101, vue de côté, que sa forme est à peu près normale, et l'on voit dans la ligure 102, vue de

Fig. 101 et 102. — Pied donttous les muscles moteurs sont détruits, dans un cas de paralysie atrophique de l'enfance, vu de profil et de face.

face, qu'il est un peu dans l'attitude du valgus, comme dans tous les cas analogues. J'ajouterai qu'il est moins développé que celui du côté sain : c'est sa seule déformation. Ce pied bot gêne très-peu le malade ; il a seulement besoin d'être maintenu par une chaussure rigide. — Mais qu'un seul muscle soit atrophié, alors on voit, à la longue, les déformations les plus considérables se développer progressivement, gêner tôt ou tard la marche et la station, et quelquefois môme la rendre difficile, sinon impossible. Afin d'en donner une idée, j'en citerai quelques exemples.

Observation LXVII. — Un enfant âgé de Irois ans m'est présenté pour

dans un cas de paralysie atrophique de l'en- prononcé pendant le mouvement de

fauce.

une légère claudication survenue sans cause connue. A l'exploration

ART. Ht. § IV. — DIAGNOSTIC ET PRONOSTIC. 42b

électrique et physiologique, je constate l'absence du triceps sural. Je conseille alors la faradisation de ce muscle et l'emploi d'une sandale de nuit qui maintienne le pied dans l'extension continue; ce qui n'a point été exécuté. Six ans plus tard, ce même enfant m'est présenté avec le talus pied creux direct, représenté de face au repos dans la figure 103, et semblable, lorsqu'il est vu de côté, à celui qui est représenté dans la figure 97. Le mouvement de l'articulation tibio-tarsienne était alors annulé, et la flexion. du pied n'était opérée que par un mouvement supplémentaire entre le calcanéum et l'astragale, ce qui produisait une flexion avec abduction exagérée, comme on !e voit dans la figure 104.

C'est une déformation grave, et qui rend la station et la marche pénibles et difficiles, si elle existe des deux côtés, comme chez l'enfant de l'observation XXXIX, et qui a de chaque côté un talus pied creux valgus, représenté dans les figures 103 et 104.

Je pourrais, prenant individuellement la plupart des autres musclesdu pied,démontrer,par l'observation clinique, que ces paralysies atrophiques partielles sont en général plus graves que la destruction en masse des muscles du pied, bien qu'au début elle trouble si peu la locomotion qu'il faut une assez grande attention pour les diagnostiquer.

Enfin, parmi ces paralysies partielles du membre inférieur ou du membre supérieur, il est des muscles dont la perte lèse les fonctions beaucoup plus que d'autres. — Si, par exemple, la destruction en masse des muscles moteurs du pied sur la jambe ne porte pas un grand trouble dans la locomotion, il n'en est pas de même des muscles moteurs de la cuisse sur le bassin ou de celui-ci sur la cuisse. De quelle utilité serait l'intégrité des mouvements du pied sur la jambe du petit malade représenté dans les figures 99 et 100? Qu'on lui rende seulement les muscles moteurs de la jambe sur la cuisse, et principalement les extenseurs de la jambe sur la cuisse et les fléchisseurs de la cuisse sur le bassin, et les graves inconvénients de son infirmité disparaîtront presque entièrement. — Pour les membres supérieurs, la perte des deltoïdes et du fléchisseur du bras sur le bras annule presque complètement l'usage du membre supérieur, comme chez la jeune fille dont le membre est représenté dans la figure 103. — A la main, les muscles de l'éminence thénar sont de première nécessité.

Je ne fais que rappeler ici ces faits de détails qui sont, on le comprend, des éléments principaux du pronostic de la paralysie atrophique de l'enfance. Ils ont été d'ailleurs analysés et exposés dans mes recherches électro-physiologiques-et pathologiques sur les muscles moteurs de l'épaule, de la main et du pied (■).).

(I) Duclieune (de Boulogne), Physiologie des mouvements, Paris, 18GG.

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ARTICLE IV

ACTION THÉRAPEUTIQUE DE LA FARADISATION LOCALISÉE. § I. — A «ne époque peu éloignée du début.

La faradisation localisée, appliquée à temps, c'esl-à-dire à une époque rapprochée du début de la paralysie alrophique de l'enfance, pourrait abréger la durée de la paralysie, diminuer, sinon prévenir, l'atrophie des muscles, et peut-être empêcher leur transformation graisseuse.

I. Ce n'est pas au début de la maladie que je proposerai de faire l'application de la faradisation localisée à cette paralysie de l'enfance, et surtout lorsque la fièvre annonce un état inflammatoire bien caractérisé. Alors il faut seulement recourir aux moyens antiphlogisliques généraux, appropriés à l'âge du sujet. Cette médication doit être dirigée en vue de l'existence d'une lésion de la moelle ou d'un point de la moelle. En conséquence, c'est dans son voisinage et sur son trajet que doivent être appliqués les ventouses sèches ou scarifiées, les vésicatoires, etc.

II. Mais lorsque la période d'acuité est écoulée (en général après trois ou quatre semaines), il faut faire intervenir l'excitation musculaire localisée, en continuant encore, pendant un certain temps, la médication générale : les révulsifs à la peau et sur le tube digestif, le calomel à l'intérieur, comme l'a conseillé Kennedy, les excitants directs des centres nerveux, la strychnine, etc.

J'ai démontré que, par ses symptômes et sa marche, cette affection musculaire spontanée de l'enfance se rapproche de la paralysie consécutive à la lésion traumatique des nerfs spinaux. On a vu, en effet, qu'au début de celte dernière paralysie, un grand nombre de muscles sont également affectés dans leur motilité volontaire, mais que, parmi ces muscles, il en est qui recouvrent assez rapidement leur motilité, sans s'atrophier ou du moins sans que la nutrition soit en souffrance; qu'il en est d'autres, dans lesquels les mouvements ne reviennent qu'après un temps plus ou moins long, et qui restent plus ou moins atrophiés; qu'enfin, parmi ces muscles, il en est dans lesquels non-seulement la paralysie persiste, mais aussi qui deviennent granuleux ou graisseux. On a vu en outre que, par l'exploration électro-musculaire, on distingue ceux dans lesquels les mouvements doivent revenir plus vile, de ceux qui seront paralysés plus longtemps et souffriront davantage dans leur nutrition. Eh bien! il est permis d'attendre de la faradisation localisée une influence thérapeutique non moins heureuse dans la paralysie atro-

phique de l'enfance que dans la paralysie consécutive aux lésions traumatiques des nerfs et de la moelle. Ainsi, il arrive quelquefois que, chez certains sujets, des muscles dont l'influx nerveux éprouve un faible obstacle dans sa marche du centre à la périphérie, par suite d'un degré léger de lésion du point de la moelle d'où émane cet influx, recouvrent cependant tardivement leur motilité. J'ai cité des cas dans lesquels les mouvements n'étaient revenus qu'après plusieurs mois, bien que les muscles eussent très-peu souffert dans leur nutrition ; ce qui indique qu'alors la lésion nerveuse était peu intense. Dans des cas de paralysie atrophique de l'enfance analogues, où l'exploration électro-musculaire aurait pu faire reconnaître que les muscles sont légèrement lésés, l'excitation électro-musculaire hâterait probablement aussi le retour des mouvements. Est-il besoin de faire ressortir l'importance de ce rétablissement plus prompt de la. motilité, à une époque de la vie où la nutrition est si active, où les membres peuvent éprouver un arrêt de développement, par suite de leur immobilité absolue?

Jadis, lorsque je formulai ces préceptes, je ne pouvais m'appuyer sur une expérimentation suffisante ; je prévoyais seulement que leur application devait être couronnée de succès. Aujourd'hui cette question est jugée, car toutes les paralysies atrophiques de l'enfance qui se sont présentées à moi, et dans lesquelles la contractilité électromusculaire était seulement diminuée, ont guéri complètement assez rapidement et sans atrophie ni déformation des membres, lorsque la faradisalion localisée a été appliquée peu de temps après leur début. Les paralysies de l'enfance de même espèce, qui dataient de six mois, d'un an et même de deux ans, dans lesquelles la contractilité électro-musculaire n'était pas plus affaiblie, ont guéri également par la faradisation; mais les membres avaient été plus ou moins amaigris par la durée de la paralysie, et quand celle-ci avait siégé dans les muscles moteurs du pied, ce membre avait été plus ou moins déformé.

III. On avait de la répugnance à soumettre des enfants à de telles excitations, surtout ceux qui avaient à peine atteint quelques mois. On craignait de réagir sur les centres nerveux, si irritables à cet âge, et d'aggraver la lésion centrale dont on voulait essayer de réparer les désordres. J'avoue qu'au début de mes recherches, je me suis laissé aller à ces mêmes appréhensions nées de la réprobation dont l'emploi de l'électricité, chez les trop jeunes enfants, avait été unanimement frappé par les médecins.

Il est incontestable que certaines méthodes d'électrisalion, certains procédés opératoires, ne peuvent être appliqués aux enfants sans inconvénients et même sans danger. Ainsi, je voudrais proscrire en général l'électrisation trop vive par action réflexe (méthode dont

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j'ai exposé la critique précédemment), qui agit à coup .sûr sur les centres nerveux; l'électro-puncture , l'excitation éleclro-culanée , la faradisation à intermittences rapides, parce que ces procédés ou ces méthodes provoquent de vives douleurs, ou peuvent produire une surexcitation fâcheuse.

Mais j'affirme aujourd'hui que l'on peut pratiquer, sans- crainte aucune, la faradisation musculaire localisée chez de très-jeunes enfants, pendant un temps assez long (un ou deux mois) et à une dose assez forte, pourvu que les intermittences du courant soient suffisamment éloignées. Je me fonde, en ceci, sur des expériences nomhreuses faites dansées derniers temps. J'ai excité les muscles de beaucoup d'enfants âgés de quelques semaines à un an, de manière à obtenir ainsi des contractions énergiques. Ces enfants, en général, n'ont témoigné aucune douleur, lorsque j'ai eu la précaution de les habituer, en agissant graduellement, à la sensation étrange, mais non douloureuse, qui accompagne la contraction électrique des muscles. L'opération ne tarde môme pas habituellement à les amuser. Il est vrai que quelques-uns d'entre eux, d'après la remarque des parents, conservent, vers La fin du traitement (après une cure d'une trentaine de séances), plus de gaieté et de vivacité; alors il est sage de suspendre la cure, pendant quelques semaines, pour y revenir, quand il y a lieu.

J'ai eu à regretter de n'avoir pas connu plutôt cette innocuité de la faradisation musculaire localisée, à intermittences .éloignées, sur l'état général des enfants, car, dominé par le préjugé, il m'est arrivé trop souvent d'en refuser l'application, dans des conditions où elle aurait pu être utile.

IV. Les muscles dont la contractilité est très-affaiblie doivent rester longtemps paralysés et s'atrophier considérablement. Bien que Ton n'en puisse empêcher l'atrophie, la faradisation localisée ne laisse pas celte dernière arriver à un degré aussi avancé, et il est permis d'espérer que, parce trailement, elle conservera aux muscles assez de fibres pour qu'ils puissent remplir leurs fonctions.

V. Les muscles dont on ne peut plus provoquer la contraction par la faradisation localisée, à une époque voisine du début de cette paralysie de l'enfance, s'atrophient complètement ; ce sont eux qui, à la longue, doivent être atteints partiellement ou en totalité dans leur texture. Mais sont-ils infailliblement condamnés à mourir ? En raisonnant par analogie, il m'est permis d'espérer qu'il n'en sera pas toujours ainsi. En effet, cette abolition de la contractilité électro-musculaire, dans la paralysie traumalique des nerfs, annonce, comme je l'ai démontré, un arrêt complet de l'inllux nerveux. Or on a vu que, dans celte dernière afieclion, la faradisalion localisée a rappelé la nutrition et les mouvements dans les muscles,

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