‹ De l'electrisation localisee et de son application a la pathologie et la therapeutique par courants induits et par courants galvaniques interrompus et continusChapitre 151 sur 543 · ART. IY. — ACTION THÉRAPEUTIQUE DE LA FARADISAT. LOCAL · texte numérisé non relu

ART. IY. — ACTION THÉRAPEUTIQUE DE LA FARADISAT. LOCAL

Le bras est environ un tiers moins volumineux que celui du côté opposé. Le tissu cellulo-adipeux sous-cutané est très-abondant. Ainsi, lorsqu'on saisit la peau entre les doigts, on constate une différence d'épaisseur de plusieurs centimeires entre le côté malade et le côté sain. Il en résulte que l'on ne peut juger du volume des muscles par le volume du bras. On sent en effet, à travers la peau, qu'il reste très-peu de tissu appartenant réellement à ces muscles. J'obtiens une faible contraction électrique à la partie inférieure du biceps. Quant au triceps brachial, il paraît avoir complètement disparu.

A l 'avant-bras, je ne retrouve plus le long supinateur ni le premier radial, par l'exploration électrique.

Main. — L'éminence thénar est atrophiée, je ne puis y faire contracter que ie court abducteur du pouce.

Le petit malade peut écarter le bras légèrement en avant, et l'on sent alors se contracter quelques petits faisceaux internes du tiers antérieur du deltoïde; tous les autres mouvements du bras sur l'épaule sont perdus. La flexion de l'avant-bras sur le bras est possible, mais elle n'a lieu qu'avec de grands efforts, et l'enfant ne peut soulever le plus léger poids. L'extension de l'avantbras n'est produite que par la pesanteur de ce membre. Le poignet est habituellement dans une attitude d'adduction, et si

l'on veut le placer dans l'abduction, on éprouve une résistance invincible qui paraît opposée par des ligaments qui unissent le carpe à l'avant-bras. On voit que la surface articulaire formée par l'extrémité inférieure du radius et du cubitus est oblique de dehors en dedans et de bas en haut. L'impossibilité de placer la main dans l'abduction occasionne, chez cet enfant, une grande géne dans les usages de cette main. Le pouce ne peut être opposé qu'à l'index, et ce mouvement est très-faible; de là aussi le peu de dextérité de la main. Les os de l'épaule, du bras, de l'avant-bras et de la main, sont moins développés que ceux du côté opposé. Enfin, la température y est habituellement moins élevée.

Tel était l'état de cet enfant, lorsque je commençai son traitement; sa paralysie datait de quatre ans. Chacun des muscles atrophiés fut faradisé trois fois par semaine avec un courant assez intense et avec des intermittentes peu rapprochées (deux à trois intermittences par seconde), c'est-à-dire proportionnellement au degré d'excitabilité et de duchenne. — 3" édition. 28

Fig. 105. — Déformation de l'épaule et du bras dont les muscles moteurs ont été détruits par la paralysie atropbique de l'enfance.

434 CI1AP. II. — PARALYSIE ATROl'JIIQUE DE L'ENFANCE.

sensibilité de l'enfant. Dans l'intervalle des séances, je fis pratiquer la gymnastique localisée, selon la méthode de Ling, associée à une gymnastique que j'appelle nerveuse, pour les muscles qui avaient perdu leur action. Ce traitement a été suivi régulièrement, pendant plus de deux ans; la faradisation n'a été suspendue que pendant plusieurs mois de l'été. Il en est résulté une amélioration progressive, quoique très-lente. Les fibres de la partie interne du tiers antérieur du deltoïde, qui s'étaient contractées par l'excitation électrique, sont devenues autant de faisceaux qui ont grossi peu à peu ; d'autres fibres ont apparu ensuite dans toute la moitié antérieure de ce muscle, et sont devenues le centre de nouveaux faisceaux musculaires, mais il ne s'en est pas montré dans la moitié postérieure.

Fi'g. (06. — Représentant l'épaule atrophiée et Fig. 107. — Moignon d'une épaule dont les

La figure 107, dessinée d'après nature, représente l'état actuel (après le traitement) du moignon de l'épaule gauche du jeune X... On voit le relief delà moitié antérieure de son deltoïde; son moignon, bien arrondi, forme un contraste frappant avec l'épaule subluxée en bas, consécutivement à l'atrophie du deltoïde , de la jeune fille représentée dans la figure 105, et avec celle que l'on voit dans la figure 106 appartenant à un autre enfant dont les mêmes muscles avaient été atrophiés. La comparaison de ces figures peut donner une idée de l'état dans lequel se trouvait le moignon de l'épaule de notre jeune garçon, avant son traitement.

Avec la nutrition musculaire, les mouvements sont également revenus chez cet enfant. Les principales fonctions du deltoïde sont entièrement rétablies. En effet, l'élévation des bras en avant ou en dehors est complète. L'absence de la moitié postérieure du deltoïde l'empêche seulement de porter facilement sa main à la partie latérale et postérieure du

subluxée en bas, dont les muscles moteurs avaient été détruits par la paralysie atrophique de l'enfance.

muscles moteurs étaient atrophiés comme dans la fig. 106 et dont les deux tiers antérieurs ont été développés par la faradisation.

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