PART. CHAP. II. — PARALYSIE ATROPIIIQUE DE L'ENFANCE
traitement n'a pas produit une seule fibre musculaire dans le deltoïde. Il est vrai que, dans ce cas, le deltoïde était complètement dégénéré; ce que je n'ai pu reconnaître qu'après celte expérience. Je ferai remarquer aussi qu'ici le traitement faradiquea été appliqué trop tardivement (huit ans après le début).
Tout espoir de sauver les muscles d'une destruction complète fût-il perdu, la faradisation serait encore utile et, dans certains cas, nécessaire au développement du système osseux. J'ai dit, on se le rappelle, que la maladie en question dans ce chapitre, n'affecte pas seulement les muscles, comme son nom semblerait l'indiquer. Les os subissent aussi un arrêt de développement, proportionnellement au degré de la lésion nerveuse. Si l'affection siège alors dans l'un des membres inférieurs, il en résulte unraccourcissementquipeut causer un trouble considérable dans la station etla marche. J'ai observé, chez une jeune fille de neuf ans, consécutivement à une paralysie atrophique datant de l'âge de deux ans, un raccourcissement du membre inférieur de 6 centimètres ; chez d'autres, âgés de douze à quinze ans, le raccourcissement allaitjusqu'à 8 et 9 centimètres. Ce raccourcissement causait une telle claudication, que l'on devait égaliser la longueur des membres, à l'aide d'une chaussure dont la semelle avait une hauteur égale à la différence de longueur des membres inférieurs . Cette chaussure, on le conçoit, ne pouvait être dissimulée, ce qui était très-disgracieux ; et elle fatiguait, en raison de celte hauteur, les articulations du pied dont les muscles moteurs étaient presque tous atrophiés. On ne pourrait s'y prendre trop tôt pour prévenir, autant que possible, une aussi grande différence dans la longueur des membres. Je ne connais pas d'agent qui puisse, dans ce cas, aider à la nutrition des os, à l'égal de la faradisation. Je sais combien il faut être circonspect dans toute question thérapeutique, combien il est facile alors de se faire illusion. Mais je puis affirmer, autant qu'il est permis de conclure d'une longue expérimentation,'que, sous l'influence de la faradisation, les os, dans cette affection, croissent considérablement en longueur et en grosseur, et que, par ce traitement expérimenté sur des enfants pauvres pendant plusieurs années, je n'ai eu qu'un raccourcissement de 2 à 3 centimètres, dans des cas où le membre atrophié, abandonné à lui-même, eût été probablement plus court de 5 à 9 centimètres.
IV. Un mot seulement sur le traitement des paralysies alrophiques de l'enfance par les courants continus. Les essais que j'en ai faits, me font craindre que souvent ils ne soient difficilement applicables, chez les enfants, à cause des douleurs provoquées dans les points de contact des rhéophores avec la peau. La plupart de ceux que j'ai soumis à l'action des courants continus, provenant même d'un assez petit nombre d'éléments dont l'action électrolytique était aussi
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affaiblie que possible, ont poussé des cris affreux; quelquefois, après quelques séances, les parents n'ont plus voulu permettre de continuer ce traitement; cependant je l'associe, autant que possible, à la faradisalion localisée.
V. Concurremment avec l'électrisation, il faut faire intervenir, de bonne heure, la prothèse musculaire à-forces élastiques, et plus tard l'orthopédie, lorsque la paralysie atrophique s'est localisée dans les membres inférieurs, et surtout dans un ordre de muscles. On doit s'efforcer alors, par ces moyens : 1° de favoriser la nutrition des muscles les plus paralysés et les plus menacés d'atrophie, en les plaçant dans un état de raccourcissement continu; 2° de prévenir les rétraclions musculaires dont la force tonique est devenue prédominante, et les déformations ou pieds-bots consécutifs, en équilibrant mécaniquement les forces toniques des muscles antagonistes; 3° enûn, dans une période très-avancée, alors que la restauration des muscles atrophiés ou dégénérés n'est plus possible, de faciliter la station ou la marche, à l'aide d'appareils orthopédiques appropriés. — Je renvoie cette question spéciale à l'article consacré à l'étude des appareils prothétiques et orthopédiques.