ACTION THÉRAPEUTIQUE DE LA FARADISATION LOCALISÉE
Les paralysies spinales aiguës de l'adulte, par atrophie des cellules antérieures de la moelle, les paraplégies consécutives aux lésions traumaliques de la moelle (myélites diffuses, hémorrhagies, etc.) r peuvent être, comme les lésions traumaliques des nerfs, guéries ou améliorées par la faradisation localisée. Personne ne songera certes à préconiser la faradisation localisée comme moyen curalif ; dans ces cas de paralysies entretenues uniquement par un état inflammatoire d'une portion de la moelle, cet agent thérapeutique vient seulementalors en aide à la nutrition périphérique privée de l'innervation centrale. Mais il peut arriver que cette inflammation ou que l'affection, cause de la compression, viennent à diminuer ou à disparaître, et que cependant la paralysie continue ou ne guérisse pas complètement. Alors la paralysie est périphérique ; le muscle a perdu, en toutou en partie, son aptitude à réagir sous l'influence de la force nerveuse centrale (son excitabilité nerveuse). C'est dans ce moment que la faradisation localisée peut rétablir le mouvement. Les faits éleclrothérapeutiques de ce genre ne sont pas rares.
Il est vrai qu'il est difficile de bien juger de l'opportunité du
(1) Ce dernier fait a été publié in extenso dans V Union médicale, on 1859, par M. Moynier, qui en a fait le sujet d'une note intéressante sur l'cschare du sacrum.
458 CUAP. IV. — PARALYSIE GÉNÉRALE SPINALE SUBAIGUE.
moment où il convient de faire intervenir la faradisation localisée, dans cette espèce de paraplégie. Gomment, en effet, reconnaître si la compression a diminué ou n'existe plus; si la paralysie n'a pas été modifiée par le traitement interne, approprié à l'affection qui a produit celte compression? La faradisation ne peut donc ôtre appliquée alors qu'à titre d'essai et, pour ainsi dire, comme pierre de touche. C'est en tâtonnant que j'interviens habituellement dans cette espèce de paraplégie. Lorsque je n'obtiens pas de la faradisation un résultat complet, et môme lorsque j'échoue dans une première cure, je conseille de faire plus tard une nouvelle tentative, après avoir continué le traitement approprié à la guérison de la lésion centrale. Il m'est quelquefois arrivé, en procédant de la sorte, de trouver le moment opportun, et de guérir ou d'améliorer ces paraplégies qui, par leur durée, font trop souvent le désespoir des malades.
On peut supposer rationnellement que la moelle dontles éléments moteurs ou trophiques (les cellules antérieures) ont été altérés par le travail inflammatoire ou qui a été trop longtemps comprimée a perdu plus ou moins son excitabilité. C'est dans ce cas que la strychnine, le phosphore, etc., ont souvent rétabli les mouvements; ne pourrait-on pas, au môme titre et peut-être avec plus d'efficacité, appliquer la méthode de faradisation ou de galvanisation à l'aide de laquelle on agit sur le centre nerveux spinal; la faradisation ou la galvanisation par action réflexe, ou les courants continus, dirigés dans la continuité de la moelle ou des' nerfs? (Ces méthodes ont été exposées dans le chapitre III.) Bien que j'aie expérimenté jusqu'à présent sans succès ces deux modes d'électrisation, dans la paraplégie consécutive à la myélite aiguë ou par compression de la moelle, je les conseille, etje continuerai de les expérimenter, après avoir échoué par la faradisation localisée des muscles paralysés.