C4 CHAP. IV. — PARALYSIE GÉNÉRALE SPINALE SUBAIGUE
dessous de l'état normal. Les rhéophores appliqués sur la région postérieure de l'avant-bras droit ne provoquent que la contraction affaiblie de l'extenseur du pouce. Les muscles de la région antérieure ne se contractent un peu que par l'excitation du nerf médian; celte contraction n'a lieu que sous l'influence d'un courant très-intense. Les muscles du bras sont plus contractiles, mais il leur faut un courant assez intense. A gauche, les muscles du membre supérieur ont conservé plus de contraclilité électrique. Les muscles de l'abdomen se contractent moins qu'à l'état normal; ceux du tronc paraissent avoir conservé toute leur contractilité électrique. A la face, certains muscles ont perdu, à un léger degré, cette propriété musculaire. Tous les muscles du corps et des membres étaient atrophiés en masse et les mouvements n'avaient pas été atteints partiellement, pendant la marche envahissante de la maladie. — L'intelligence est intact eainsi que (a sensibilité des fonctions digeslives, la miction et la défécation. — Deux mois après cette exploration, cette dame mourut tout a coup, sans agonie, ayant conservé avec une parfaite intégrité ses facultés intellectuelles.
Depuis la publication des deux observations précédentes, rédigées en 1848 et 1849, j'en ai recueilli un grand nombre d'autres, qui présentent la paralysie générale spinale antérieure sous les formes ascendante et descendante ; j'en rapporterai plusieurs autres, actuellement en voie d'évolution dans le cours de ce chapitre.
Les deux cas types que je viens de relater, présentent le tableau exact et complet de la paralysie générale spinale antérieure subaiguë dans son entier développement; ils permettent de la suivre dans sa marche, ascendante et descendante, jusqu'à sa dernière période caractérisée principalement par des troubles de la parole et de la déglutition. (Je me rappelle parfaitement aujourd'hui que ces troubles fonctionnels surtout chez le sujet de la dernière observation étaient de ceux qui caractérisent la paralysie glosso-labio-laryngée.) Celte paralysie fera le sujet du chapitre VI.
Mais ce tableau donnerait une idée inexacte de la maladie, et laisserait croire que sa terminaison est toujours fatale, si je ne plaçais, à côté des précédents, un cas dans lequel la nutrition est revenue peu à peu dans la plupart des muscles, après que cette paralysie est restée slationnaire et généralisée pendant plus d'une année, sans toutefois avoir atteint la langue et la face.
Voici la relation de ce cas que j'observe en ce moment dans ma clinique civile.
OasiinvATioN LXXXIII. — Paralysie générale spinale antérieur subaigué. — Retour progressif des mouvements, treizemois après le début. — Foucault, âgé de 51 ans, sellier, habituellement bien portant. En février 1865, sans cause connue, sans fièvre, fourmillements et engourdissement du doigt de la main droite, sentiment de faiblesse dans les mouvements de la main