‹ De l'electrisation localisee et de son application a la pathologie et la therapeutique par courants induits et par courants galvaniques interrompus et continusChapitre 180 sur 543 · I. — Symptomatologic et marche · texte numérisé non relu

I. — Symptomatologic et marche

La paralysie générale spinale diffuse subaiguë est la seconde variété de l'affection musculaire que j'ai supposée symptomatique d'un état sub-inllammatoire de la moelle, et dont je viens de décrire la première variété sous le nom de paralysie générale spinale antérieure subaiguë. La description de celle-ci est presque entièrement applicable à l'autre, pour ce qui a trait à sa symplomatologie et à sa marche. Je m'abstiendrai d'y revenir; c'est pourquoi la description de la paralysie générale spinale suba.gue diffuse qui fait le sujet de cet article, aura peu d'étendue. On en aura le tableau complet, si, aux symptômes de la première variété, on ajoute : 1° des douleurs plus ou moins vives, soit dans des points du rachis, soit dans le trajet de certains nerfs, soit dans les masses musculaires envahies par la paralysie; 2° des troubles profonds de la sensibilité de la peau (hyperesthésie ou aneslhésie cutanée); 3° des contractures ou une rigidité des membres; 4° une paralysie, à des degrés divers, de la vessie et du rectum, des désordres génésiques; 5° enfin une eschare au niveau du sacrum.

Mais le programme symptomatologique de cette dernière variété n'est pas toujours entièrement rempli ; on en comprendra la raison, si l'on considère que tous ces phénomènes morbides sont l'expression de l'extension de la lésion anatomique à toutes les parties constituantes de la moelle, et que certains points de ce centre nerveux peuvent bien n'avoir pas été envahis ou ne l'avoir été que faiblement; aussi n'ai-je jamais trouvé une ressemblance parfaite entre tous les cas de la paralysie générale spinale diffuse subaiguë.

I. — Les douleurs apparaissent habituellement au début; elles précèdent ou accompagnent la parésie ou la paralysie musculaire; elles s'exagèrent par paroxysme; elles persistent pendant des années, quelquefois jusqu'à la fin de la maladie. Elles ne sont pas fulgurantes; elles ont un caractère de continuité qui les distingue de celles de l'alaxie musculaire progressive. Elles siègent souvent, un certain temps, dans des trajets nerveux, avant l'invasion <les phénomènes paralytiques et atrophiques, et prennent alors l'apparence de névralgies, ou bien elles occupent des masses musculaires et môme des jointures, et augmentent par la pression ; elles sont quelquefois prises alors pour de simples douleurs rhumatismales, surtout s'il est arrivé que le malade se soit exposé

/,7 0 Cil Al'. TV. — PARALYSIE GÉNÉRALE SPINALE SUBAIGUE.

à un refroidissement. C'est seulement lorsque les phénomènes paralytiques et atrophiques apparaissent que le diagnostic réel de la maladie peut être établi.

II. — Les douleurs s'irradient quelquefois dans les doigts et les orteils, où se sont fait sentir déjà primitivement des fourmillements et des engourdissements; elles remontent dans les membres, ou dans des segments de membres, et annonçant en accompagnant la parésie ou la paralysie. Des troubles de la sensibilité cutanée apparaissent pendant le cours de la maladie, quelquefois sous la forme d'hyperesthésie cutanée, occupant, comme par plaques, des points de la surface du corps ou des membres, faisant ensuite place à une anesthésie ; d'autres fois enfin les extrémités, les mains et les avantbras, les pieds et les jambes sont frappés d'emblée d'aneslbésie incomplète qui augmente progressivement.

Lorsque les membres inférieurs sont atteints par la paralysie, les fonctions de lavessie sont souvent troublées à leur tour ; en général, à une période assez avancée de la maladie, cesontdes difficultés dans la miction, accompagnées ou non de spasmes du col, et une constipation opiniâtre; plus tard, les urines et la défécation deviennent involontaires. En môme temps arrivent des désordres fonctionnels génésiques : une excitation immodérée ou l'impuissance, accompagnées quelquefois d'un priapisme douloureux pendant le sommeil. Enfin, dans une période ultime, apparaissent des eschares au sacrum.

Tels sont, dans leur ensemble, les phénomènes morbides qui, ajoutés à la paralysie atrophique envahissante, caractérisent la paralysie générale spinale diffuse subaiguë.

Forcé de me resserrer, je ne rapporterai pas les faits cliniques nombreux desquels j'ai tiré la symplomatologie précédente. Après la description rapide que je viens d'exposer, on reconnaîtra d'ailleurs de beaux exemples de cette variété de la paralysie générale spinale subaiguë, dans quelquesobservations rapportées par les auteurs comme appartenant à l'atrophie musculaire progressive. Je citerai, entre autres, deux cas publiés, sous ce titre, par MM. Charcot et Jofl'roy. Ces pathologistes les ont distingués d'ailleurs de celle dernière espèce morbide, en les considérant comme des cas hybrides ou de fausses atrophies musculaires. Je me bornerai à résumer ici l'un de ces derniers faits cliniques qui, a mes yeux, est un cas type de paralysie générale spinale dilfuse subaiguë. Sa nécropsie exposée avec quelques détails servira à l'élude de l'anatomie pathologique de celle variété de la maladie qui fait le sujet de ce chapitre.

Observation LXXX1V. — Résumé. — En août 18Gb, apparition de douleurs apyreliques vives dans la continuité des membres droits, suivant le trajet des

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