ART „5 § 5. — ANAT0M1B PATHOLOGIQUE. - PATH0GÉNIE
en général, une marche rétrograde et guérit ou se localise dans quelques muscles, tandis que la seconde est fatalement progressive et que de plus elle peut être héréditaire, alors on comprendra combien de telles confusions sont fâcheuses et même compromettantes
pour le médecin.
En comparant cependant les principaux éléments de diagnostic de la paralysie générale antérieure spinale subaiguë à ceux de l'atrophie musculaire progressive que j'ai résumés précédemment (page 477), on évitera facilement des erreurs. Voici sommairement les principaux éléments de diagnostic de la paralysie générale spinale antérieure subaiguë : 1° parésie en masse des muscles moteurs d'un membre ou d'une portion de membre, augmentant peu à peu dans certains muscles, jusqu'à la paralysie complète; 2° bientôt après, atrophie en masse des muscles atteints par l'affaiblissement, et diminution, à des degrés divers, de leur contractilité électrique ; 3« extension plus ou moins grande ou plus ou moins rapide de la paralysie et de l'atrophie aux autres membres et au tronc, et puis, marche rétrograde, après un certain temps.
Maintenant la confusion devient impossible si l'on se rappelle que l'atrophie musculaire progressive vraie n'est jamais précédée ni accompagnée de parésie ou de paralysie ; qu'elle atteint les muscles isolément, partiellement, successivement et de la manière la plus irrégulière; que le mouvement est aboli seulement dans la période ultime de l'atrophie; qu'elle est fatalement progressive; enfin que la contractilité électro-musculaire reste normale.
J'ai rapporté deux cas de paralysie générale spinale antérieure diffuse (obs. LXXXVI et obs. LXXXVIl), qui étaient compliqués de crises gastralgiques (analogues, je l'ai déjà dit, aux névralgies viscérales que l'on observe dans d'autres affections spinales : l'ataxie locomotrice par exemple). Ces douleurs névralgiques sont encore un caractère qui différencie cette espèce de paralysie d'avec l'atrophie musculaire progressive dans laquelle on ne les a jamais observées.
Qu'il me soit permis de dire ici qu'elles peuvent seulement la faire confondre avec la paralysie générale saturnine, lorsque la constipation règne, pendant les crises gastralgiques, comme cela est arrivé, dans un concours à l'occasion du sujet de l'observation LXXXVI. Mais si on lit attentivement la description de ces douleurs gastralgiques avec gonflement de ta région épigastrique, on remarque qu'elles ne ressemblent en rien aux douleurs de la colique saturnine donl le caractère est de siéger dans la région ombilicale et de s'irradier dans les hypocondres et dans les testicules, enfin de produire l'aplatissement du ventre.
Les juges du concours dont il est question ci-dessus, et qui ont
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pris celle paralysie pour une paralysie saturnine, onl commis une erreur, car il est évident que le sujet de l'observalion LXXXVI n'a pas eu de coliques saturnines. D'ailleurs, l'observation LXXXVIJ qui suit, où la paralysie a présenté les mômes symptômes et le môme processus morbide, et dans laquelle'des crises gaslralgiques tout à fait semblables ont précédé et accompagné le début de la maladie, montre bien le peu de valeur, dans le cas précédent, de la constipation, comme signe diagnostique, puisque chez le sujet de cette observation les crises gastralgiques étaient accompagnées de diarrhée. (Je me réserve d'ailleurs de revenir sur ce fait clinique, à l'occasion du diagnostic différentiel delà paralysie saturnine.)
VI. — Est-ce une atrophie avec déformation de la main ou du membre supérieur?
A. — Par lésion du nerf cubital. La lésion du nerf cubital produit la paralysie atrophique des muscles interosseux et conséquemment une espèce de griffe de la main, qui, au premier abord, ressemble à celle que l'on observe chez les sujets atteints d'atrophie musculaire progressive, dont les interosseux sont lésés. C'est ce que l'on constate en comparant cette dernière déformation de la main représentée dans la figure 111, p. 495, avec l'autre genre dedéformation de la main représentée dans la fig. 95, p. 370, destinée à montrer la griffe occasionnée parla paralysie du nerf cubital.
La cause à laquelle est due une lésion traumatique du nerf cubital est en général facile à reconnaître, toutefois, il est des circonstances dans lesquelles elle peut échaper à l'observation. J'en ai recueilli quelques exemples dont je ne donnerai ici que le sommaire ou le résumé.
1° Paralysie professionnelle du nerf cubital. — Les professions dans lesquelles le coude doit être fortement et longtemps appuyé sur un corps dur, exposent les sujets qui les exercent, à une paralysie du nerf cubital. J'ai observé ces espèces de paralysies en assez grand nombre pour dire qu'elles ne doivent pas ôlre rares. J'en ai déjà rap* porté un exemple remarquable (1),
J'ai toujours vu confondre cette espèce de paralysie fonctionnelle du nerf cubital avec l'atrophie musculaire de l'adulte, à son début par les membres supérieurs. EsUl nécessaire de faire remarquer combien est fâcheuse cette erreur de diagnostic duquel ressort un pronostic grave, puisque celte dernière espèce morbide est progressive, tandis que l'autre affection musculaire reste toujours localisée à la main. On comprend donc combien il importe d'établir le dia-
fl) Duclicnnc (de Doulogno), Êlect, /oc, dbs. XVt, 1855.