III. — Choix des rhéophores
La faradisation musculaire se pratique, soit en concentrant l'excitation électrique dans les plexus, dans les troncs ou filets nerveux qui provoquent la contraction des muscles placés sous leur dépendance, soit en dirigeant cette excitation sur chacun des muscles ou sur chacun de leurs faisceaux. Dans ces différentes opérations, les rhéophores doivent toujours être aussi rapprochés que possible l'un de l'autre.
Le premier mode de faradisation produit des mouvements d'ensemble, c'est-à-dire la contraction en masse de plusieurs muscles ou de tous les points d'un muscle; c'est la faradisation musculaire indirecte. Le second donne des mouvements plus partiels par l'excitation d'un muscle, d'une portion de muscle ou d'un faisceau musculaire : c'est la faradisation musculaire directe.
Chacun de ces modes de faradisation exige un procédé et des rhéophores spéciaux que je vais décrire.
On sait qu'en plaçant sur la peau les rhéophores humides d'un appareil d'induction, la puissance de l'électricité est concentrée dans les organes situés immédiatement au-dessous de cette peau.Encon-
lustre Faraday, bien que l'Académie des sciences lui ait prouvé que ses prétentions n étaient pas fondées, ses réclamations avaient quelque raison d'être, puisqu'il croyait avoir observé, le premier, 1rs phénomènes de l'induction. Mais comment caractériser ses nouvelles prétentions, lorsque, malgré son ignorance en anatomie et en physiologie, il est venu réclamer la priorité de l'invention d'une méthode d'é Iectnsation qui n'a pu être créée qu'à l'aide de recherches anatomiques et physiologiques spéciales, et qui n'est pas applicable sans la connaissance exacte et l'observition des règles que j'ai déduites de mes recherches? Un autre physicien M Becquerel a aussi soutenu les prétentions de Maason, en présence de l'Académie des sciences' l était aussi incompétent que lui sur les questions d'anatomie et d'éiectro-phvsiologie. C est là son excuse. J
68 CUAP. 11. — ÉLECTR1SATI0N LOCALISÉE.
séquence, lorsque l'on veut provoquer la contraction musculaire, on doit placer sur les points correspondants à la surface des muscles ou des nerfs qui les animent ces rhéophores mis en communication par des conducteurs métalliques, avec les extrémités inlrapolaires d'un appareil d'induction.
Sur les points de la surface cutanée correspondants aux muscles du tronc qui présentent une large surface, j'applique des éponges humides enfoncées dans des cylindres (fig. 20), ou des disques métalliques (fig. 21) recouverts de peau humide. Ces derniers se vissent sur des manches isolants, comme dans la figure 20 (Kg. 20).
Afin de limiter l'action électrique dans les muscles qui présentent peu de surface, par exemple, ceux de la face, ou les interosseux, je me sers de rhéophores métalliques coniques (Kg. 22 et 23) qui se vissent sur les manches isolants. Les rhéophores coniques sont recouverts d'une peau (1) trempée dans l'eau, et présentés parleur extrémité aux points qui recouvrent les muscles à faradiser. Ils me servent aussi à porter l'action électrique sur les troncs et les Klets nerveux, lorsque je pratique la faradisation musculaire indirecte.
Fig. 21. Fig. 22. Fig. 23.
Fig 20. Rhéophore métallique avec manche isolant. - Fig. 21. Rhéophore métallique à disque. ' — Fig. 22. Rhéophore métallique conique. — Fig. 23. Rhéophore métallique en olive.
La peau humide qui recouvre les rhéophores mélalliquesopposeau courant faradique beaucoup moins de résistance que les éponges humides. Ce phénomène est dû à la différence d'épaisseur de ces deux mauvais conducteurs, qui doivent être traversés par le courant dirigé sur la surface du corps (2). Aussi, préféré-je généralement aux éponges des rhéophores métalliques à large surface (Kg. 21), et recouverts également de peau humide, parce que, en raison du peu
(1) Je me sers habituellement de doigts de gant de peau retournés, et dont je coiffe les rhéophores coniques. .. .....
(2) On sait que la résistance opposée au courant par une colonne d eau distillée qu'il doit traverser augmente dans des proportions géométriques.
d'épaisseur de la colonne liquide que le courant doit alors traverser, ils affaiblissent moins la force du courant. Ces derniers rhéophores ont. en outre, l'avantage de pouvoir être plus ou moins appuyés sur la peau, sans exposer les malades à être mouillés autant qu'avec les éponges humides, par l'eau trop abondamment exprimée.