V. — Maladies associées
La paralysie glosso-labio-laryngée peut exister coïncidemment avec une autre affection musculaire. Il en résulte que l'observateur, s'il n'a pas eu l'occasion d'étudier chacune de ces affections isolées, et surtout s'il ne possède pas une connaissance suffisante de ces deux espèces morbides, est exposé à ne voir, dans leur association accidentelle, qu'une seule et même maladie. J'ai été exposé moi-môme
(1) Voy. Duchenne (de Boulogne), De l'É/ect. /oc, obs. CXLYII, p. 642, 1861.
J'ai dcpuislors constaté les mûmes phénomènes, dans d'autres cas d'atrophie musculaire progressive qui avait atteint les muscles de la langue. Dans aucun de ces cas, je n'ai observé les troubles de la respiration (faiblesse de l'expiration et de la circulation cardiaque, accélération, petitesse, irrégularités du pouls, syncope), symptomatiques de la paralysie des muscles bronchiques de Reissessen et des intercostaux, et que l'on observe dans la paralysie glosso-labio-laryngée Ou a vu que, dans l'atrophie musculaire progressive, ce sont seulement le diaphragme et les muscles intercostaux qui sont atteints par l'atrophie.
Il existe aussi une différence très-grande entre les troubles de la déglutition que Ion rencontre dans l'atrophie musculaire progressive et ceux de la paralysie glosso-labiolaryngée. J'ai dit, en effet, que ratrophie.de la langue s'étendait quelquefois aux muscles du pharynx et de l'œsophage. Alors le bol alimentaire est avalé avec difficulté et arrive avec peine jusque dans l'estomac; le malade est ainsi forcé de boire souvent quelques gorgées pour le faire descendre dans l'œsophage; et puis, quand il boit, le liquide tombe avec bruit dans l'estomac comme si on le versait dans une cara'fe. On n'observe rien de semblable dans la paralysie glosso-labio-laryngée.