‹ De l'electrisation localisee et de son application a la pathologie et la therapeutique par courants induits et par courants galvaniques interrompus et continusChapitre 242 sur 543 · II. — Historique de mes recherches · texte numérisé non relu

II. — Historique de mes recherches

C'est en 1838 que j'ai entrevu pour la première fois l'existence de cette nouvelle maladie, en recueillant minutieusement un fait clinique élrange qui m'avait été adressé par mon ami, M. Bouvier. Ce cas m'avait remis en mémoire plusieurs autres cas analogues quej'avais vus antérieurement, mais sans les comprendre; mon esprit du moins se refusait à les accepter. C'est qu'il s'agissait d'enfants chez lesquels la station et la marche étaient difficiles, l'attitude singulière, et dont les membres inférieurs présentaient cependant une musculature puissante en apparence, musculature qui, après l'affaiblissement des mouvements, s'était développée, d'une manière monstrueuse, dans un plus ou moins grand nombre de muscles.

Une fois mon attention fixée sur cet ordre de faits cliniques, j'ai bientôt recueilli plusieurs cas semblables au premier. Les phénomènes morbides qu'ils m'offraient constamment et dont je ne connaissais pas d'analogues, dans la science, m'ayant paru symptomatiques d'une maladie nouvelle, j'en ai signalé l'existence enl86J, et j'ai rapporté, comme exemple et cas type de cette maladie, l'observation de l'un de ces faits cliniques (I). Que l'on jette les yeux sur les figures du sujet de celte observation vues de profil et de dos (voy. fig. 150 et 151); on remarquera que les membres inférieurs donl les muscles moteurs affaiblis sont énormément développés, contrastent, par leur grosseur, avec la maigreur relative des membres supérieurs, où la force motrice était cependant à peu près normale. Or, comme j'avais rencontré les mômes phénomènes morbides dans d'autres faits cliniques que j'avais recueillis, j'avais proposé d'appeler l'espèce morbide dont ils étaient l'expression : Paraplégie hyper trophique de l'enfance (2).

Celte dénomination, quoiqu'elle parût ôtre une antiphrase, était cependant l'expression exacte de l'apparence que présentaient les

(1) Duchenne (de Boulogne), Êledrisation localisée/S édition, obs. LXVm,p. 354

(?) Ici., loc. cit., p. 353.

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fails cliniques d'où elle était tirée. En effet, les muscles paralysés de mes petits malades ne semblaient ni enflés, ni bouffis, ni farcis de graisse ou d'un tissu interstitiel quelconque ; parce qu'à la moin-

Fig. 130 et 151 . — Paralysie pseudo-hypertrophique chez un jeune garçon, vu de dos et de profil (*).

dre contraction, ils formaient des reliefs considérables à travers une peau mince, à la manière des muscles d'athlètes (voy. les fig. 150, loi, 152, 153).

Mais, dans mon esprit, cette dénomination était et ne pouvait être que provisoire ; car j'ignorais alors si celte espèce de paralysie se présenterait toujours sous la forme paraplégique ou si elle ne segé-

(*j La figure 150 représente, vu du dos, un garçon de 1 ans, atteint de paralysie pseudonypertrophique dans sa première enfance, dont les muscles moteurs des membres inférieurs et les spinaux lombaires, développés démesurément, contrastent avec la maigreur des membres supérieurs. La figure 1 51 représente le même sujet, vu de profil; destinée à montrer l'ensellure

DiJ.rf h P<u ' * 8tali°" 61 'a marehe' el <iui est l'un ,les cara.lèros de la paralysie "demi lîtT* qUe", La Paralï8ie.de « B«rçoD s'est généralisée progressivement ; à 7 ans «dem., ses mouvements éla.ent entièrem,nt perdus. Il est mort phthisique à 15 ans (1871)

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néraliserait pas/Et puis, quelles en étaient la marche et la terminaison habituelles? L'hypertrophie envahissait-elle toujours tous les muscles frappés de parésie ou de paralysie? Enfin cette hypertrophie des masses musculaires était-elle produite par une augmentation du diamètre, ou la quantité des fibres musculaires, était-elle due à une hyperplasie, ou à une altération quelconque du tissu connectif interstitiel? Était-ce, en un mot: une hypertrophie apparente?

Comme toutes ces questions n'étaientpasencore résolues pour moi, non-seulement j'avais entendu réserver la dénomination définitive, de cette nouvelle espèce morbide, mais je m'étais privé de la satisfaction d'en faire la description. Si j'ose l'aborder aujourd'hui, c'est après avoir recueilli, en dix années, un nombre suffisant défaits cliniques, après avoir bien observé sa symptomatologie; après l'avoir suivie dans toutes ses évolutions, comparativement aux affections musculaires qui offraient quelque ressemblance avec elle : après avoir étudié sa marche, de son début à sa terminaison ; c'est, en un mot, parce que je me crois en mesure de résoudre, sinon toutes les questions que je viens d'exposer, du moins la plupart d'entre elles.

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