‹ De l'electrisation localisee et de son application a la pathologie et la therapeutique par courants induits et par courants galvaniques interrompus et continusChapitre 246 sur 543 · ART. II, § II. — ÉTAT ANATOMIQUE DES MUSCLES · texte numérisé non relu

ART. II, § II. — ÉTAT ANATOMIQUE DES MUSCLES

d'hypertrophie musculaire dont j'avais montré un spécimen (voy. fig. 150, loi) en 1861 (1). Mon savant confrère, qui a fait à la Société médicale des hôpitaux une communication intéressante sur ce sujet, a secondé mes recherches anatomo-pathologiques avec la plus grande obligeance, en me permettant d'enlever chez son petit malade, à plusieurs reprises et à différentes périodes de celte espèce morbide, des portions de muscles hypertrophiés (2) dont quelques- uns ont été examinés par plusieurs de nos micrographes les plus habiles. Le résultat de ce nouvel examen ayant confirmé pleinement les faits anatomo-pathologiques que j'avais observés dans un précédent examen microscopique, je me suis décidé à publier le travail dont voici le résumé.

1° L'hyperplasie du tissu connectif interstitiel, avec production d'un tissu fibroïde plus ou moins abondant est la lésion anatomique fondamentale des muscles, dans la paralysie pseudo-hypertrophique (voy. fig. 160, pl. III) (*).

2° Elle siège dans tous les muscles paralysés, dès qu'ils commencent à augmenter de volume; ce qui justifie la dénomination anatomique de paralysie myo-sclérosique, que j'ai proposé de lui donner, en regard de sa dénomination symptomatologique '.paralysie pseudo-hypertrophique.

3° C'est elle qui produit l'augmentation considérable de volume des muscles en raison directe de la quantité du tissu connectif et fibroïde interstitiel hyperplasié.

4° Le tissu connectif et fibroïde hyperplasié est ordinairement mêlé ou uni à une quantité minime ou moyenne de vésicules adipeuses (voy. fig. 161, 163,164, pl. III), ou bien, d'après les faits ob-

(1) Voy. Index bibliographique .

(2) Voici la description de mon emporte-pièce liistologique':

Il se compose d'une tige cylindrique a, 6, c, fig. 172 divisée en deux moitiés, dont l'une, 6, est fixée sur un manche C par la vis B, et dont l'autre, a, est mise en mouvement sur la première, en poussant le bouton A.

(*) Légende de la planche III.— Fig. 158. Sujet (représenlé dans les fig. 152 et 153 pl. 11), ■vu de face, montrant ses pectoraux atrophids, quoique tous ses autres muscles soient, en apparence, hypertrophiés. — Fig. 159, 160, Ifii. Faisceaux primitifs à 45diam., provenant de sujets att« ints de pseudo-hypertrophie à différents degrés, montrant la quantité considérable de tissu connectif et fibroïde interstitiel, au degré le plus avancé duns les deux dernières. — Fi}:. 162, 163, 164. Mèmesfaisceau» à 200 diam., montrant la finesse de la striatiou, comparativement à l'état normal représenté dans la figure 165. — Fig. 166, 167,168. 169. Différents degrés le la dégénérescence graisseuse de la fibre musculaire. — Fig. 170. Montrant la nécrobiose de la fibre musculaire en a, et I ■ prolifération d'éléments du tissu fibreux en b.

Emporte-pièce histologique : fig. 171 ; avec tige fermée fig. 172 ; avec tige ouverte et une portion de son manche ; fig, 173 ; avec sa tige grossie trois fois; afin de montrer la cavité qui reçoit le morceau de muscle enlevé par l'instrument.

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servés en Allemagne, il esl remplacé par une quantité considérable de ces vésicules adipeuses. Ce dernier état me paraît être dans la paralysie pscudo-hypertrophique, le degré le plus avancé de l'altération du tissu musculaire interstitiel.

5° D'après mes observations personnelles, la slriation transversale est conservée dans toute la longueur de la plupart des fibres musculaires; mais elle devient alors extrêmement fine et très-peu apparente (voy. fig. 165, qui représente comparativement une fibre normale, à fig. 161, 163, 16i). Dans les points où la strialion transversale a disparu, l'on voit des stries longitudinales; quelquefois ces slrialions longitudinales élant elles-mêmes effacées {voy. fig. 163 et 164), les sarcolèmes semblent contenir des vésicules adipeuses qui, en réalité, proviennent du tissu interstitiel ambiant, et qui d'ailleurs diffèrent des granulations graisseuses carasléristiques de la dégénérescence graisseuse musculaire (voy. fig. 166, 167, 168).

6° L'hyperplasie du tissu connectif interstitiel n'apparaît, en général, qu'àlaseconde période delamaladie ; elle mesemble précédée d'un état fluxionnaire des muscles, qui peut occasionner aussi une augmentation légère de leur volume. Dans celte période (première période de la maladie) la striation transversale est souvent d'une extrême ténuité (voy. fig. 162).

Contrairement à l'opinion de M. Heller et de MM. Eulenburg et Cohnheim, le tissu fibroïde interstitiel de la paralysie pseudo-hyper-

Le manche G de cet instrument est tenu de la main droite, avec les trois doigts infléchis ; l'extrémité de l'index plus ou moins étendue est appliquée sur la lige «, b, c, afin de limiter lu profondeur à laquelle on veut la faire pénétrer. Alors remportepièce étant fermé, comme dans la figure 171, on lui fait traverser la peau ; puis, lorsqu'il est arrivé à la profondeur voulue, on l'ouvre comme dans la fig. 17 2. Le petit morceau de tissu musculaire qui s'est alors engagé entre le crochet de la pointe c, et l'extrémité libre de l'autre moitié a, est divisé par ses bords tranchants et se trouve ainsi enfermé dans la cavité de la pointe a. On peut ensuite retirer l'emportepièce fermé, sans accrocher les tissus qu'il a traversés. (La fig. 17 5 représente, grossie trois fois, la cavité qui reçoit les tissus que l'on veut examiner.)

L'emporte-pièce histologique doit être introduit perpendiculairement à la direction du muscle à explorer, et son crochet doit prendre le muscle transversalement, sous peine de ne rien ramener.

Afin de diminuer la douleur que l'instrument peut occasionner, je tends for'tcment la peau ; ensuite'je le fais pénétrer et je le retire fermé rapidement. Le sujet n'accuse alors que la sensation faible d'un petit choc; l'enfant crie à peine, si l'on a eu le soin de ne pas lui laisser voir l'instrument.

Cette petite opératiou n'a été suivie d'aucun accident. Il est vrai que je n'ai jamais négligé de déplacer latéralement la peau, pendant que je la tendais, de manière que la plaie extérieure et la plaie musculaire eussent perdu leur parallélisme; après l'opération, on doit toujours nettoyer l'instrument avec soin. On connaît trop les dangers des piqûre; anatomiques, pour que j'aie besoin d'insister sur ce point. On comprend aussi que si l'instrument n'était pas bien nettoyé, les préparations microscopiques seraient gà'.ées par des matières étrangères. Pour nettoyer l'instrument, il faut en démonter les différentes pièces, essuyer les parties qui ont pénétré dans les tissus, après les avoir trempées dans l'alcool qui ne les expose pas, comme l'eau, à se rouiller.

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