‹ De l'electrisation localisee et de son application a la pathologie et la therapeutique par courants induits et par courants galvaniques interrompus et continusChapitre 251 sur 543 · DÉFINITION ET HISTORIQUE · texte numérisé non relu

DÉFINITION ET HISTORIQUE

Abolition progressive delà coordination des mouvements et paralysie apparente, contrastant avec l'intégrité de la force musculaire: tels sont les caractères fondamentaux, mais incomplets, de la maladie que je me propose de décrire. Ses symptômes et sa marche en font une espèce morbide parfaitement distincte. Je l'appelle ataxie locomotrice progressive, me réservant de justifier bientôt cette dénomination (2).

(1) Je crois qu'il importe de reproduire ici ma première description de l'ataxie locomotrice progressive, telle qu'elle a paru dans les Archives gén. de méd. (déc, 1858, janv., fév., mars 1859) et dans la 2e édition de YElectrisation localisée, parce qu'elle a provoqué des discussions nombreuses et des critiques quelquefois acerbes. J'en conserverai autant que possible les observations nécessaires à l'établissement de la symptomatologie ; je supprimerai mes premières considérations anatomiques et patliogéniques, qui n'étaient alors que des vues de l'esprit, mais qui n'offrent plus aucun intérêt, en présence des nombreux faits anatomo-pathologiques dus à des travaux plus récents. Comme cette description a donné lieu à des recherches cliniques et anatamo-pathologiques importantes, je me réserve .de les signaler en notes.

(2) Plusieurs auteurs ont pensé, à tort, que j'ai entendu donner, dans ces quelques lignes, la définition de l'ataxie locomotrice progressive. Je l'ai éludée au contraire, jusqu'à ce que je fusse bien fixé sur la lésion centrale de cette maladie. Si l'on me demandait une définition plus complète, voici celle que je proposerais aujourd'hui, mais qui nécessairement devient un peu longue.

L'ataxie locomotrice progressive est caractérisée, 1° par une hyperplasie du tissu conneelif (sclérose) des cordons postérieurs de la moelle, dans une étendue plus ou moins grande; 1° pendant une première période, tantôt par un strabisme paralytique (paralysie d'un ou de plusieurs nerfs moteurs de l'oeil) : par l'atrophie de la papille du nerf optique, et par des phénomènes morbides oculo-pupillaires ; tantôt par des douleurs spéciales, pathognomoniques, lancinantes, fulgurantes, térébrantes, profondes, avec hypersthésie cutanée circonscrite au point douloureux, chacune d'elles ne durant que plusieurs secondes; 3° pendant une seconde période, par des troubles de la coordination et de l'équilibration également pathognomoniques, se localisant dans les membres inférieurs, s'étendant aux membres supérieurs, pendant une troisième période, s'ajrgravant dans l'obscurité, mais se produisant encore alors môme que le malade peut s'aider de la vue; 4° par un sentiment de faiblesse, pendant la station debout et la déambulation, qui se manifeste en môme temps que les troubles de la coordination motrice et de l'équilibration, et qui contraste

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