‹ De l'electrisation localisee et de son application a la pathologie et la therapeutique par courants induits et par courants galvaniques interrompus et continusChapitre 282 sur 543 · PARALYSIES SATURNINES ET VÉGÉTALES · texte numérisé non relu

PARALYSIES SATURNINES ET VÉGÉTALES

1835, eut pour la première fois, en novembre 1845, une constipation opiniâtre, avec vomissements et fièvre. Deux applications de sangsues furent pratiquées sur la région épigastrique, et la constipation ne céda qu'en dix-sept jours à desla-vements purgatifs. Un mois après, l'indicateur et le pouce de la main droite se fléchirent, sans qu'il fût possible au malade de les étendre. Cette paralysie disparut trois mois plus tard, sous l'influence de quelques bains sulfureux. — En novembre 1840, nouvelle constipation moins opiniâlre que la première, et suivie d'un affaiblissement musculaire dans les membres supérieurs, sans paralysie ni flexion des doigts, ni chute du poignet. En quatre mois, le malade vit revenir ses forces, sous l'influence des bains sulfureux. — En 1847, douleurs vives siégeant dans la région antibrachiale postérieure, et augmentant à la pression, surtout au niveau du quart inférieur du radius. Gervais entra alors à la Charité, dans la salle Saint-Louis, n° 16, et en sortit guéri de ses douleurs quinze jours après. 11 s'aperçut bientôt que le médius et l'annulaire de la main droite se fléchissaient, et qu'il ne pouvait plus les étendre. .11 n'en continua pas moins de travailler, bien que les autres doigts de la môme main se paralysassent à leur tour. L'affaiblissement des muscles de la région antérieure, disait-il, s'ajouta à la paralysie des muscles de la région postérieure. — En janvier 1849, la paralysie frappa le médius et l'annulaire du côté gauche. — En avril 1849 , douleurs dans les deux bras, suivies de la paralysie des autres muscles de la région postérieure de l'avant-bras gauche, à l'exception des longs extenseur et abducteur du pouce, de l'extenseur du petit doigt et des supinateurs. 11 fut alors admis à la Charité au n° 4 de la salle Saint-Félix. Pendant les trois premières semaines, il fut traité dans ce service, sans aucun résultat appréciable, parles vésicatoires, les bains sulfureux, la strychnine à l'intérieur et par la méthode endermique. Ce dernier médicament occasionnant des accidents, on songea à la faradisation localisée.

A son entrée à l'hôpital, je constatai les phénomènes suivants -.Adroite, flexion forcée du poignet et des doigts, sans extension volontaire possible; mais lorsqu'on maintenait les premières phalanges relevées, l'extension des deux dernières phalanges était possible (I); adduction du poignet et mouvement de supination conservés ; atrophie considérable des muscles de la région postérieure de l'avant-bras. (Le relief musculaire de la région postérieure de l'avant-bras avait presque entièrement disparu, on y voyait une sorte d'enfoncement entre le radius et le cubitus.) — A gauche, chute du poignet qui pouvait cependant être relevé un peu avec de grands efforts ; flexion et paralysie des trois premiers doigts ; adduction du poignet et mouvements du pouce et du petit doigt conservés ; les autres muscles de la région antérieure étaient moins paralysés qu'à droite.

Sous l'influence de la faradisation localisée dans chacun des muscles de l'avant-bras, je notai les symptômes suivants : A droite, l'extenseur commun des doigts, l'extenseur du petit doigt, le long extenseur du pouce, les radiaux, n'entraient pas en contraction avec les rhéophores humides, l'appareil étant gradué maximum. Une aiguille étant enfoncée dans ces

(1) On doit comprendre le mécanisme de ce phénomène, depuis que j'ai démontré les fonctions et les usages des interosseux.

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muscles — l'éleetro-punclure provoquait seulement quelques contractions fibrillaires, même à un courant intense. Le long abducteur du pouce se contractait encore, il avait seulement perdu un tiers à peu près de sa conlractilité électro-musculaire. Les autres muscles de l'avant-bras jouissaient de leur contractilité électrique. — A gauche, l'extenseur commun des doigts et le long extenseur du pouce avaient aussi peu de conlractilité électrique qu'à droite; les radiaux avaient perdu la moitié à peu près de leur contractilité normale. Les autres muscles de l'avant-bras et de la main jouissaient de toute leur irritabilité. Dans les muscles qui ne se contractaient pas sous l'influence de la faradisation localisée, le malade éprouvait cependant une sensation analogue à celle qui accompagne la contraction des muscles sains ; mais cette sensation y était notablement affaiblie.

J'ai rapporté cette observation avec quelques détails, parce qu'elle représente le tableau exact de l'une des formes les plus fréquentes de la paralysie saturnine.

Observation CXVIL — Paralysie saturnine du membre supérieur gauche, survenue graduellement chez un peintre qui a eu plusieurs coliques saturnines,

et datant de trois semaines. — État de la contractilité électro-musculaire.

{Charité, salle Saint-Félix, n. 1, service de M. Andral.)

Le poignet tombe à angle droit sur l'avant-bras; les doigts sont fléchis dans la paume de la main, le bras peut à peine être écarté du tronc ; l'extension et la flexion de l'avant-bras sur le bras sont seuls possibles ; amaigrissement général du membre ; diminution du relief des muscles de la région postérieure de l'avant-bras ; atrophie assez considérable du deltoïde. — Je constate à l'aide delà faradisalion localisée : 1° que l'extenseur commun des doigts et les radiaux ne sont pas mis en contraction par un courant intense; 2° que les autres muscles du bras et de l'avant-bras possèdent leur conlractilité électrique ; que les faisceaux moyens du deltoïde ne se contractent pas, au maximum du courant, tandis que, du côté sain, tout le deltoïde se contracte énergiquement à un courant faible ; 3° que la sensibilité électro-musculaire n'est que faiblement diminuée dans les muscles qui ne se contractent pas, sous l'influence de la faradisation, et qu'elle est normale dans ceux qui ont conservé leur contraclililé électrique .

Bien que j'aie à faire connaître prochainement l'influence thérapeutique de la faradisalion localisée, dans la paralysie saturnine, je dirai, dès à présent qu'en peu de séances (en trois ou quatre), les muscles qui avaient conservé leur contractilité électrique ont recouvré, chez les deux malades précédents, toute leur force, tandis qu'au contraire, la guérison des muscles a demandé un temps assez considérable.

Je vais rapporter succinctement l'observation d'un malade que je n'ai pas traité par la faradisation, mais chez lequel j'ai pu constater l'état de la conlractilité électro-musculaire, avant et après son traitement par la strychnine.

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