ART. II. — DIAGNOSTIC DIFFÉRENTIEL
cèdent ou accompagnent les paralysies saturnines, l'absence de contractilité électrique et de sensibilité des muscles paralysés, la connaissance de la cause professionnelle ou accidentelle qui a produit l'intoxication, enfin les localisations spéciales de celte espèce de paralysie, rendent en général facile son diagnostic différentiel. Cependant on pourrait, dans certaines circonstances, la confondre avec la paralysie du nerf radial à frigore ; je me réserve d'en établir bientôt le diagnostic différentiel d'avec cette dernière dans le chapitre X consacré à l'étude des paralysies à frigore. Je ne discuterai ici que celui de la paralysie saturnine et delà paralysie générale spinale subaiguë, avec laquelle elle a en apparence quelque ressemblance.
Lorsque la paralysie saturnine est généralisée et qu'elle s'est développée sans cause appréciable d'intoxication par le plomb, elle peut offrir une certaine similitude avec la paralysie que j'ai décrite précédemment, dans le chapitre II de la 2e partie, sous le nom de paralysie générale spinale subaiguë. J'en ai rapporté précédemment deux exemples remarquables, chap. IV, p. 480 et 481. Voici sommairement les symptômes qui, dans celte dernière affection, fournissent les principaux éléments de diagnostic, qui ne permettent pas la confusion dont il est question. •
Un individu éprouve de temps à autre, à des intervalles de plusieurs mois à un an ou deux, des douleurs gastralgiques très-vives, d'une demi-heure à une heure de durée, et revenant par crises pendant plusieurs jours ; elles sont accompagnées souvent de vomissements avec ballonnement de la région épigastrique, sans coliques, sans constipation habituelle, quelquefois au contraire avec diarrhée; les crises. sont accompagnées de contractures plus ou moins étendues des membres, et quelquefois, après les crises, de trémulations pendant les mouvements volontaires; les membres s'affaiolissent ensuite graduellement, et bientôt les muscles moteurs de la main, principalement ceux qui sont animés par le nerf radial, sont frappés de paralysie ; enfin les muscles paralysés perdent à des degrés divers leur contractilité électrique et s'atrophient. Tels ont été les phénomènes morbides principaux offerts par les sujets des observations LXXXVI et LXXXVII. .
Appelé en consultation, afin de donner mon opinion sur le diagnostic de l'affection musculaire du malade dont il est question dans l'observation LXXXVII, j'avoue qu'à La vue de l'attitude de ses mains, de l'atrophie de ses avant-bras et en apprenant que sa paralysie avait été précédée de douleurs gastralgiques, l'idée d'une paralysie saturnine me vint à l'esprit; mais, après un examen plus attentif, j'ai dû abandonner cette hypothèse pour les raisons suivantes :
i° Il n'existait en effet aucune ressemblance entre les douleurs