CHAI'. IX. — PARALYSIES SATURNINES ET VÉGÉTALES
gastralgiques observées chez ce malade et enlre celles que l'on a appelées coliques saturnines, qui siègent au niveau de la région abdominale, descendent dans la direction des cordons jusque dans les testicules et s'accompagnent d'aplalissement du ventre; 2° il y avait eu de la diarrhée au lieu de la constipation habituelle de l'intoxication saturnine; 3° la profession du malade (c'était un notaire) ne pouvait l'avoir exposé à l'intoxication plombique; 4° il n'avait pas, sur les gencives, le liséré qui caractérise cette dernière; 5° enfin le processus de celle paralysie générale elle-même était bien différent de celui de la paralysie saturnine; elle avait été compliquée de contractures, de trémulations et d'une atrophie assez rapide et générale des masses musculaires.
Tout, en un mot, dans cet ensemble de symptômes, démontrait que la paralysie ne pouvait être attribuée, dans ce cas, à l'intoxication saturnine.
Mais supposons que ce malade se soit trouvé dans des circonstances où l'empoisonnement par le plomb ait été possible, et que sa gastralgie ait été accompagnée d'une constipation rebelle ; alors l'hypothèse d'une intoxication saturnine acquerrait une apparence de vérité; ensuite, sous la pression de celte idée, on aurait quelque tendance à faire de la gastralgie avec ballonnement de Pépigaslre une entéralgie saturnine avec aplatissement du ventre, et l'on aurait, conclu à l'existence d'une paralysie saturnine.
C'est justement ce qui est arrivé au malade de l'observation LXXXVI, dont le cas était le pendant du précédent, à quelques exceptions près. 11 racontait en effet que l'empoisonnement par le plomb est fréquent à Bahia, ville du Brésil qu'il avait habitée plusieurs années, et où le vin est conservé dans des outres recouvertes d'un' vernis; qu'il avait bu fréquemment de ce vin. Il lui attribuait sa constipation habituelle el opiniâtre ; ajoutons à cela que ses gencives étaient décolorées par l'anémie profonde dans laquelle il était tombé (1). Ces circonstances pouvaient certes faire pencher un instant le diagnostic vers une paralysie saturnine. Mais après un examen plus approfondi celte hypothèse n'aurait pu tenir, en présence des quelques considérations que j'ai exposées à la suite de l'observation précédente (obs. LXXXVI), et qui démontrent qu'en aucune
(!) Dans l'observation LXXXVI, j'avais consigné, en note, ces détails qui m'avaient été donnés tardivement par le malade. Malheureusement cette note a été égarée à l'imprimerie.
Je saisis cette occasion pour signaler ici des errata bien plus graves, entre autres l'oubli d'un paragraphe important lÊiiologie de V air ophte musculaire progressive, qui a été également égaré dans l'imprimerie, mais qui sera composé de nouveau et placé, en note, à la fin de ce livre. Ces errata que l'on trouvera en trop grand nombre, dans quelques feuilles, et surtout dans la feuille 35, ont été commises à l'époque ou tout, était bouleversé par nos derniers événements politiques. A ce moment aussi, une maladie grave m'empêchait de donner tous mes soins à la correction des épreuves.