‹ De l'electrisation localisee et de son application a la pathologie et la therapeutique par courants induits et par courants galvaniques interrompus et continusChapitre 293 sur 543 · ART. III, § II. — TRAITEMENT · texte numérisé non relu

ART. III, § II. — TRAITEMENT

lysie est limitée au second radial, si alors le poignet est élevé directement sur l'avant-bras; 4° enfin si, pendant ce mouvement d'élévation, le poignet est entré dans l'abduction, c'est que le cubital postérieur est paralysé, ainsi que le second radial. Ces signes sont certains; ils ne m'ont jamais trompé.

C. — La connaissance exacte du degré de lésion des muscles dans la paralysie saturnine est, ai-je dit, importante parce que l'excitation électrique doit être portée dans chacun d'eux à une dose d'autant plus forte, et pendant un temps d'autant plus long, qu'ils sont plus profondément paralysés.

Les radiaux sont les muscles qui guérissent les premiers sous l'influence du traitement faradique. C'est fort heureux, car sans eux les usages de la main sont à peu près perdus. Ainsi les fléchisseurs des doigts n'ont de force qu'à la condition que les extenseurs et les fléchisseurs du poignet, (tuteurs du poignet) le maintiennent solidement immobile comme s'il faisait corps avec l'avantbras.

Parmi eux, c'est le premier radial qui guérit le premier, et cela presque toujours longtemps avant le second radial. J'ai vu des cas dans lesquels le second radial conservait toujours une très-grande faiblesse.

Il eût été fâcheux que ce fût le premier radial qui se montrât plus accessible à l'action toxique du plomb et plus rebelle à l'action thérapeutique de la faradisation localisée, car ce muscle sert beaucoup plus que le second aux usages de la main. J'en citerai un exemple : Le jeune X..., dont le membre supérieur est représenté dans la figure 107 (obs. LXVI1I), a été longtemps privé de son premier radial, sans le secours duquel il pouvait cependant faire l'extension du poignet avec son second radial, et son cubital postérieur ; mais alors son poignet se portait tellement dans l'adduction, que certains usages de la main en étaient très-gênés. Ainsi voulait-il porter ses doigts à sa bouche ou à son oreille du côté opposé, l'attitude de sa main contrariait ses mouvements, parce qu'elle s'inclinait sur le cubitus.

Les malades ont à peine recouvré les mouvements d'extension du poignet, qu'ils reprennent, pour la plupart, leurs occupations habituelles, malgré la persistance de la paralysie des extenseurs des premières phalanges (dits inexactement extenseurs des doigts) et des extenseurs du pouce. Ainsi, ils écrivent assez facilement, pourvu que le court extenseur du pouce ne soit pas paralysé; les peintres tiennent solidement leur brosse. D'autre part, comme il a fallu déjà un temps assez long pour obtenir ce résultat, les chefs de service des hôpitaux perdent patience et renvoient les malades, avant que leur guérison soit complète. Ces derniers sont forcés de reprendre leur

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