CHAI1. IX. — PARALYSIES SATURNINES ET VÉGÉTALES
travail; mais n'ayant pas encore la force et l'habileté nécessaires, ils ne tardent pas à rechuter. Aussi ai-jc l'ait venir dans mon cabinet ceux d'entre eux que j'ai pu décider à renoncer à la profession qui les exposait à l'intoxication par le plomb, dans l'espoir de leur rendre l'usage de leur main. J'ai suivi ces malades depuis leur guérison, et j'ai eu la satisfaction de constater que, n'étant plus exposés à l'intoxication saturnine, ils n'ont pas essuyé de rechute.
J'ai toujours vu, dans la paralysie saturnine, le muscle deltoïde opposer tiès-peu de résistance à l'action thérapeutique de la faradisation localisée. Un malade par exemple dont l'observation sera rapportée par la suite, et qui, depuis deux ans, était privé de l'élévation des bras, avait déjà recouvré à peu près entièrement cette fonction, après une dizaine de séances. J'en puis dire autant de ceux que j'ai eu l'occasion d'observer dans les mômes conditions que lui.
D. —J'ai démontré, on l'a vu précédemment, que, lors môme que la paralysie saturnine s'est généralisée, cette affection spéciale conserve encore son caractère distinclif, en privant de leurcontractilité électrique les muscles dans lesquels elle établit son siège d'élection. Dans ces paralysies généralisées, les mouvements et la nutrition reviennent assez vite dans les muscles qui ne sont pas le siège habituel de la paralysie saturnine partielle. Ainsi, des malades que j'ai vus atteints de paralysie saturnine généralisée, ont recouvré rapidement et sans l'intervention de la faradisation localisée, tous leurs mouvements, à l'exception de ceux de certains muscles de la région postérieure de l'avant-bras ; il a fallu un temps assez long, et même recourir à la faradisation localisée, pour rappeler les mouvements et la nutrition dans ces derniers muscles.
En 1861, j'ai eu l'occasion de traiter plusieurs paralysies consécutives à la colique dite végétale par la faradisation localisée; j'ai alors constaté que cette médication se comportait, dans ces cas, comme dans la paralysie saturnine, c'est-à-dire qu'elle exerçait son action thérapeutique d'abord sur la nutrition et sur la tonicité musculaire, puis sur les mouvements volontaires, et que j'obtenais la guérison de ces paralysies, lors môme qu'elles s'étaient montrées rebelles aux autres traitements. J'en ai rapporté un exemple dans les précédentes éditions (1).
E. — " Le mode de faradisation que j'ai employé avec le plus d'avantage dans le traitement de la paralysie saturnine est à peu près-le môme que celui que j'ai appliqué dans les paralysies consécutives aux lésions traumatiques des nerfs mixtes. Ainsi, 1° on devra se servir du courant de la première hélice, à intermittences rapides et à un degré aussi intense que possible et le diriger principalement sur les
(I) Duchcnne (de Boulogne), Èled. /oc, obs. LXXIN, 1855 et obs. LIX, 1861.