ART. II, § IV. — TRAITEMENT PAR LA FARADISATION, ETC
que je possède dans mon cabinet (pile de Daniell, pile de Marié Davy, au bisulfate de mercure, pile au sulfate de plomb, pile portative de Gaiffe, au chlorure d'argent, pile portative de Iiuhmkorff et Duchenne, enfin pile de Daniell à un seul liquide modifiée récemment par Calot et Trouvé), m'ont permis de les expérimenter successivement, depuis plusieurs années, dans le traitement du rhumatisme deltoïdien à frigore, suivant les procédés préconisés par Remak et ses adhérents, comparativement au traitement par la faradisation cutanée. J'en ai rendu témoins des observateurs qui suivent ma clinique civile. Il m'est arrivé, mais très-rarement, d'obtenir de ces courants continus un résultat immédiat, analogue à celui que cet électro-thérapeute a montré dans des expériences qu'il a faites à l'hôpital de la Charité. Dans les cas exceptionnels où les douleurs rhumatoïdes ont été amendées par l'application du courant continu, j'ai appliqué les rhéophores du courant continu labile ou stabile loco dolenti. J'affirme que ce résultat n'est pas dû au passage du courant continu à travers les nerfs du membre, mais bien à l'excitation de la sensibilité cutanée de la région douloureuse, excitation exercée par les rhéophores du courant continu, qui ont produit en outre des vésications et des escharres à la peau. Lorsqu'en effet ces rhéophores de l'appareil à courant continu n'ont pas été appliqués sur le point de la surface cutanée de la région deltoïdienne, je n'ai observé aucune action thérapeutique appréciable sous l'influence du passage du courant continu à travers les muscles douloureux.
Voici en somme les résultats des expériences comparatives que j'ai faites depuis quelques années chez les malades de ma clinique civile (poly-clinique) ; j'ai toujours commencé le traitement des rhumatismes deltoïdiens simples, par l'application du courant continu, eL presque toujours j'ai dû en venir à lafaradisation cutanée pour en obtenir la guérison. — Dans la pratique civile au contraire, j'ai toujours appliqué immédiatement lafaradisation cutanée au traitement du rhumatisme deltoïdien simple et jamais je n'ai dû recourir au courant continu. Dans les cas où, la faradisation cutanée ayant échoué, j'ai essayé ensuite l'application thérapeutique du courant continu, je n'en ai jamais rien obtenu.
III. — Je n'ai pas vu une seule fois la faradisation delà peau diminuer les douleurs symplomatîques d'une névrite à frigore du circonflexe. Des malades m'ont été adressés dans la période paralytique de cotte névrite; ils avaient été soumis à cette excitation électro-cutanée, pendant la période douloureuse ; loin d'en obtenir le moindre soulagement, ils avaient senti au contraire leurs douleurs s'exaspérer. Dans un cas semblable où j'ai pratiqué moi-môme la faradisation, les douleurs sont devenues plus fortes. Aussi ai-je renoncé à l'ap-