CHAT. X
— l'AKALYSI l£S A FUIGOUIÎ.
rait pas, serait une affection grave, car elle annulerait la plupart des usages de la main; mais je m'empresse de dire que jusqu'à présent (dans tous les faits cliniques que j'ai recueillis)j'ai toujours vu l'espèce de paralysie dont il est ici question, céder à la faradisation localisée, alors môme qu'elle avait résisté longtemps aux autres médications. Que serait-il advenu, dans ces cas rebelles, sans l'intervention de la faradisation? La paralysie eût-elle été incurable? c'est ce que j'ignore. Quoi qu'il en soit, il m'est permis de dire aujourd'hui, en m'appuyant seulement sur mes recherches, que la paralysie du ner radial à frigore n'est pas grave, puisqu'elle guérit toujours par la faradisation localisée.
Bien que les muscles souffrent peu, en général, dans leur nutrition et que leur irritabilité, comme je l'ai dit, ne soit point diminuée, la plupart de ces paralysies n'en sont pas moins souvent rebelles aux médications ordinaires (aux vésicatoires, à la strychnine), tandis qu'elles guérissent par la faradisation musculaire. J'en rapporterai plusieurs exemples.
Observation CXXXIII. — Charité, salle Saint-Michel, n° 11. — Brivard, charretier, âgé de vingt-huit ans, demeurant rue du Faubourg-Saint- Denis, n° 109, d'une constitution athlétique, n'ayant jamais été exposé à des émanations mercurielles ni saturnines, n'ayant jamais eu de paralysie . En mai 1849, cet homme passe une nuit exposé à un courant d'air froid alors qu'il était dans un état de transpiration ; en se réveillant, il sent sa main et son avant-bras engourdis et paralysés; il n'éprouve cependant aucune douleur. Cet état persistant malgré des onctions excitantes et deux vésicatoires, le membre paralysé diminuant de volume, il se décide à entrer à la Charité (service de Rayer) le 11 août 1849 (trois mois après le début de la paralysie). 11 y est soumis à l'électrisation de la manière suivante : un rhéophore était placé dans la main ou sur le dos delà main, et un second rhéophore humide est posé à la partie supérieure du bras. N'ayant obtenu aucune amélioration après neuf applications de ce] mode d'électrisation, il demanda sa sortie. Le malade se présenta quelques jours après à ma consultation : je constatai alors que tous les muscles animés par le nerf radial étaient paralysés. Les muscles paralysés jouissaient de leur contractilité électrique ; la sensibilité était augmentée, cependant ils étaient notablement atrophiés. Je localisai l'excitation faradique dans chacun des muscles paralysés, et comme le malade était très-sensible à cette excitation, je n'agis qu'avec un courant à rares intermittences, à forte tension, afin de la faire pénétrer dans l'épaisseur des muscles, et je renouvelai les applications tous les deux jours. Après la deuxième séance, Brivard relevait le poignet, auquel il faisait exécuter des mouvements latéraux. A la cinquième séance, les premières plialanges et le pouce avaient recouvré une partie de leurs mouvements. Après trois semaines de faradisation localisée, la guérison était complète.
Chez ce malade, l'influence thérapeutique de la faradisation Icca-