ART. H, § IV. — PARALYSIE DU N. RADÎAL. — TRAITEMENT
nateur toujours intact dans la paralysie saturnine, qui m'a mis immédiatement sur la voie de ce diagnostic exact.
Supposons que ce malade eût été peintre, qu'il eût eu antérieurement des coliques de plomb ; qu'il eût un liséré des gencives et que, se trouvant dans un lit d'hôpital, il eût été proposé comme sujet d'examen. Le candidat n'aurait certainement pas manqué d'attribuer sa paralysie à l'intoxication saturnine. C'est justement ce qui est arrivé, dans un concours pour les hôpitaux, à l'occasion d'un malade que j'avais examiné moi-même. Il était peintre et avait eu antérieurement des coliques saturnines ; mais je lui avais trouvé tous les signes d une paralysie du nerf radial à frigore. Cette erreur de diagnostic valut une bonne note an candidat, juges et candidats furent très-satifaits les uns des autres ! la connaissance du signe diagnostique que je viens de mettre en relief, à savoir qu'il exùte unê sorte d'immunité pour le supinateur dans la paralysie saturnine aurait évité une pareille confusion.
Dans les deux éditions précédentes, j'ai exposé une série de cas de paralysies saturnines de l'avant-bras (I) dans lesquels la profession ou les habitudes des malades avaient dû faire écarter toutes causes d'intoxication par le plomb, ils avaient présenté la plupart des signes apparents de paralysie du nerf radial à frigore, mais le diagnostic réel avait été mis en lumière par l'exploration électromusculaire. Il ne me paraît plus nécessaire d'exposer ces faits cliniques.
En résumé, il ressort des faits et des considérations précédentes : 1° que la paralysie du nerf radial à frigore et la paralysie saturnine de l'avant-bras peuvent être facilement confondues entre elles, et que l'on ne saurait, en général, les distinguer l'une de l'autre, sans l'exploration électro-musculaire; 2° que l'application de l'exploration électro-musculaire m'a fait reconnaître un grand nombre de paralysies qui avaient été ou auraient pu être attribuées à d'autres espèces de paralysies, et particulièrement à' la paralysie du nerf radial à frigore ; 3° enfin, que cette méthode d'exploration m'a mis sur la voie de plusieurs intoxications saturnines (par la poussière des feuilles de plomb qui recouvre la face interne des caisses de thé, par la poudre de sucre mis en morceaux sur une plaque de plomb, par la poudre de tabac, par certaines boissons sophistiquées, entre autres la bière, enfin par l'eau qui coule dans des conduits en plomb).
§ IV. — Pronostic et traitement par la farartisation localisée.
Une paralysie des muscles animés par le nerf radial qui ne guéri-
ii!Ly?yez Duchenne (de Boulogne), Èlertrisation localisée, «861» Obs. LXXXII LXXXIII, LXXXIV, LXXXV, LXXXVI, LXXXVJI, LXXXVJII, LXXXIX