‹ De l'electrisation localisee et de son application a la pathologie et la therapeutique par courants induits et par courants galvaniques interrompus et continusChapitre 315 sur 543 · I. — t>ANS LES CONTRACTURES HYSTÉRIQUES OU HÏSTÉRIFORMËS · texte numérisé non relu

I. — t>ANS LES CONTRACTURES HYSTÉRIQUES OU HÏSTÉRIFORMËS

A. — Ordinairement, ai-je dit, les contractures hystériques se localisent, aux membres supérieurs, dans les fléchisseurs des doigts ou du poignet ou de l'avant-bras, et, aux membres inférieurs, dans les extenseurs du pied sur la jambe ou dans les fléchisseurs de la jambe sur la cuisse, ou à la fois dans tous les muscles moteurs de ces différents ordres de muscles ; j'ai essayé de combattre ces contractures en faisant passer le courant d'induction à intermittences rapides dans les antagonistes des muscles contracturés.

Une seule fois j'en ai obtenu la guérison en une dizaine de séances ; chaque séance de quatre à cinq minutes de durée et la dose moyenne a été suivie de la cessation des contractures qui revenaient plus tard, mais de moins en moins fortes, et à des intervalles de plus en plus éloignés, jusqu'à leur entière disparition.

Dans tous les autres cas, non-seulement ce procédé de faradisation, mais tous les autres n'ont produit aucun amendement dans l'état des contractures hystériques ; ils les ont souvent aggravées. Les malades sont quelquefois tellement irritables que la faradisation provoque des désordres nerveux les plus étranges, par exemple Comme clans l'observation CXL1I. 11 est évident qu'alors la faradisation est formellement conire-indiquée. En somme, on doit être très^circonspect dans l'application thérapeutique de la faradisa*

72 4 GUÀPi XI. — AFFECTIONS MUSCULAIKES II YSTÉIUQUES.

lion localisée au traitement des contractures hystériques, et y préparer les malades en simulant d'abord l'opération et en commençant par des doses très-faibles.

B. — Le courant continu descendant stabile peut être toléré dans les contractures hystériques, alors que les courants interrompus (faradisalion ou courant galvanique interrompu) ne sont pas applicables, et faire disparaître les contractures. Cette proposition est la déduction à tirer d'un fait clinique dont voici le résumé.

Observation CXL1II . — En juillet 1869, une jeune personne tombe subitement pour la première fois, à la suite d'une vive émotion, dans une attaque d'hystérie qui ne s'est reproduite que trois fois depuis plusieurs années. (Un de ses proches parents chez lequel elle se trouvait en visite avait été frappé de mort en sa présence.) Le lendemain, contracture des extenseurs du pied sur la jambe droite et parésie des autres mouvements du membre inférieur de ce côté, sans douleur, mais avec affaiblissement de la sensibilité cutanée; en ou Ire- les moindres efforts qu'elle fait pour mouvoir les segments de ce membre provoquent la contracture létanitbrme du membre entier, qui dure d'une à deux heures. — En janvier 1870, les contractures paralytiques gagnent le membre inférieur opposé, mais à un moindre degré. Aux phénomènes morbides précédents s'ajoute, en février, une parésie des membres supérieurs, qui, sous l'influence du moindre effort, se complique d'une contracture temporaire, durant plusieurs heures, des fléchisseurs des doigts, du poignet et de l'avanl-bras sur le bras. Dès le début, la malade soignée par un médecin des plus distingués, M. Crass, professeur à l'École de médecine navale de Drest, a été traitée par le bromure de potassium, par la faradisalion des antagonistes des muscles contraclurés, puis par le courant continu de l'appareil Gaiffe (au chlorure d'argent et à 30 éléments), et enfin par l'hydrothérapie. Pendant ce traitement, la maladie n'en a pas moins marché comme il vient d'être dit et l'électrisation a paru même augmenter les contractures.

Tel était l'état de celte malade, lorsqu'elle Tut confiée à mes soins en mars 1870. Comme je voulais essayer de faire tolérer le courant continu descendant stabile traversant longiludinalement les nerfs où siégeaient les contractures, je fis passer, dans le crural droit, un courant de 21 éléments de la pile de Ruhmkorff et Duchenne (au proto-sulfate de mercure et à G centimètres d'immersion); quelques secondes après le membre se contraclura tétaniquemenl. Ayant alors suspendu l'application du courant continu, jusqu'à ce que cet état de contractures générales eut disparu, je fis passer de nouveau, dans le crural, le même courant continu à 21 élémenls à son minimum d'immersion (3 à 5 millimètres d'immersion), c'est-à-dire à son minimum d'électricité de quantité ; alors il fut parfaitement toléré pendant 10 minutes sans provoquer de contractures réflexes. Dans les séances suivantes, je fis passer ce même courant conlinu stabile, pendant quelques minutes, dans chacun des nerfs des membres inférieurs et supérieur?, donnant plus de temps à ceux du côté droit. La tolérance s'établit si bien que je pus augmenter peu a peu la

Page 1