‹ De l'electrisation localisee et de son application a la pathologie et la therapeutique par courants induits et par courants galvaniques interrompus et continusChapitre 319 sur 543 · I. — État de la contractilité musculaire · texte numérisé non relu

I. — État de la contractilité musculaire

Marshall-Hall a écrit : « Dans la paralysie cérébrale, l'irritabilité a augmenté (1).» J'ai démontré précédemment (chap.lll, 2e partie, pag. 451) que, par le procédé d'expérimentation appliqué par ce célèbre physiologiste à ses recherches sur l'état de l'irritabilité musculaire, dans les paralysies spinales et cérébrales, on pouvait seulement connaître l'état de l'excitabilité réflexe de la moelle, et que, pour déterminer exactement l'état de la contractilité électromusculaire dans les paralysies, il était absolument nécessaire de localiser exactement l'excitation dans les muscles paralysés. C'est à l'aide de cette méthode de faradisation que j'ai recherché s'il est vrai que l'irritabilité est augmentée dans les paralysies cérébrales.

Il faut, dans ce genre de recherches, se tenir en garde contre diverses causes d'erreur que je vais signaler.

A. — Les contractures qui compliquent fréquemment les paralysies cérébrales, peuvent masquer l'état de l'irritabilité électrique des muscles paralysés, et môme faire croire à la diminulion de cette propriété musculaire. Supposons, par exemple, que, dans un cas d'hémiplégie de cause cérébrale, on ait à examiner, du côté paralysé, l'état d'irritabilité des muscles extenseurs de la main d'un sujet dont les fléchisseurs sont contraclurés ; les muscles se contracte-

(1) Marshnll-Hall, loc. cit.

73 0 GHAPii XH, — AFFECTIONS CÉHÉBHALES ET CÉKJÏBfirXEUSES,

ronl alors faiblement sous l'influence d'un courant, qui serait cependant assez fort pour mettre énergiquement en action les muscles homologues du côté sain, D'un autre côté, les muscles contractures ne répondent pas mieux que les précédents à l'excitation électrique. On n'en conclura certes pas que la contractililé est diminuée, car, dans le premier cas, les muscles mis dans un état d'élongation par leurs anlagonisles eontraclurés ne peuvent manifester leur contractililé électrique, et, dans le second, les muscles, déjà raccourcis par la contracture, ne peuvent plus se contracter davantage. Il faut donc, dans ce genre de recherches, expérimenter sur des membres en complète résolution, sans complication de contracture.

B. — On ne doit pas tenir compte des différences très-faibles que l'on pourrait observer dans l'état de la contractililé des deux côtés du corps, surtout lorsqu'on expérimente a minima, selon le procédé de Marshall-Hall ; cette faible inégalité entre les deux côtés du corps existe en effet à l'état normal. Voici comment j'ai expérimenté pour arriver à la connaissance de ce fait : plaçant alternativement les rhéophores sur les mêmes points et au niveau des muscles homologues, puis, le courant étant extrêmement faible, j'ai augmenté graduellement ce dernier jusqu'à ce que le muscle commençât à se contracter. J'ai répété ces expériences sur un trèsgrand nombre de sujets sains, et j'ai noté à quel degré de faradisation les muscles de chaque côté du corps entraient en contraction. Eh bien ! j'ai toujours observé que les muscles de l'un des côtés du corps étaient plus excitables, mais cela d'une manière irrégulière, tantôt à gauche et tantôl à droite.

Ces expériences, faites dans des paralysies cérébrales non compliquées de contractures, ont donné des résultats identiques. Lors donc que, par hasard, les muscles du côté paralysé sont entrés les premiers en action, je me suis gardé de conclure de ces expériences, avec des courants excessivement faibles que l'irritabilité était augmentée, comme Ta fait Marshall-Hall (I).

Existe-t-il, à l'état normal, une légère différence entre les deux côtés du corps; ou bien cela tient-il à la résistance plus grande opposée au courant par une plus grande épaisseur de tissu à traverser existant tantôt à gauche, tantôl à droite? Cette dernière raison me paraît la plus vraisemblable. Je n'ai pas besoin d'ajouter, après ce qui précède, que l'on doit toujours tenir compte de l'état anatomique des membres et des régions sur lesquels on expérimente, car il

(I) Ce physiologiste a expérimenté seulement avec des minima, et le hasard a pu l'induire en erreur, car j'ai répété ses propres expériences en galvanisant comme lui les muscles par action réflexe sur des sujets sains et sur des sujets frappés d'hémiplégie céréhrale; les résultats ont été les mêmes que dans les expériences (pie j'ai faites avec la faïadisation localisée dans les muscles, en procédant par minima.

ART. I, § 1, — DIAGN. DIFFÉRENTIEL DES PARALYSIES C^RÉBR. 731

est évident que si, par exemple, ils sont œdématiés, le courant pour arriver au muscle devra toujours être plus intense.

Ayant évité toutes les causes d'erreur que je viens de signaler, il m'a été impossible de constater, dans les nombreux cas qui ont été soumis à l'exploration électro-musculaire, que l'irritabilité est augmentée, ainsi que l'a prétendu Marshall-Hall, par le fait de la paralysie cérébrale; je l'ai toujours trouvée dans son état normal.

Enfin la sensibilité électro-musculaire est en général intacte dans la paralysie cérébrale.

II. — DIAGNOSTIC DIFFÉRENTIEL DES PARALYSIES CÉRÉBRALES, TIRÉ DE L'ÉTAT DE LA

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