C11AP. XII
— AFFECTIONS CÉHÉBUALES ET CÉRÉBELLEUSES.
qu'elle était normale du côté opposé. Mais regardait-il un objet avec les deux yeux, sa vue se troublait après quelques secondes, devenait double, et cela d'autant plus, qu'il les tenait plus longtemps fixés sur l'objet qu'on lui présentait. Ainsi je lui faisais regarder l'un de mes doigts, et, après huit à dix secondes en général, il en voyait deux confusément, s'écartant progressivement l'un de l'autre, jusqu'à 20 et 30 centimètres. Si cette expérience était trop prolongée, elle provoquait des vertiges et des nausées. Cependant aucun des nerfs moteurs de l'œil n'était paralysé. D'ailleurs celte diplopie se produisait également lorsqu'il regardait seulement avec V&ilgauche. Ce phénomène de diplopie monoculaire n'est pas niable, car j'ai fait cette même expérience bien des fois en présence de témoins. Je me bornerai pour le moment à le signaler, laissant à d'autres plus compétents le soin d'en expliquer le mécanisme (1).
(1) J'ai prié M. Galezowski de venir constater ce fait curieux. Il m'a autorise ;i publier ici la note suivante, dans laquelle il expose le résultat de son examen ophthalmoscopique et sa manière d'interpréter les phénomènes qu'il a observés :
« En examinant ce malade, j'ai constaté qu'il n'y avait aucune trace de paralysie musculaire du globe oculaire, la pupille cependant était moins dilatée que dans l'œil sain; elle se dilatait môme très-incomplétemeut sous l'influence de l'atropine. Le malade voyait double de cet œil, et l'image fausse était assez prononcée. Le malade voyait très confusément à dix pas, tandis qu'avant la maladie il voyait très-bien de loin.
« La papille était infiltrée dans sa partie externe ;image droite), et 1 on voyait une légère traînée blanchâtre s'étendre jusqu'à la macula. Cette infiltration n'était que très-faible ; mais en même temps toutes les veines étaient sensiblement engorgées et les vaisseaux capillaires augmentés de volume.
« C'était une névrite séreuse aiguë, telle que nous l'avons déjà décrite, dans le temps, sous le nom d'œdème ou infiltration du nerf optique (Recherches ophthalmoscopiques sur les maladies de la rétine et du nerf optique, 1863, Paris). Mais comment expliquer l'infiltration du nerf optique, dans uue affection cérébelleuse, et comprendre la diplopie monoculaire?
« Pour répondre à la première question, il suffit d'examiner les recherches de Magendie, Flourens, Béclard, Longet, etc., et l'on comprendra que les fonctions visuelles se faisant dans les corps quadrijumeaux, la vue devra être troublée ou éteinte, lorsque ces derniers seront congestionnés, enflammés, comprimés par suite d une affection située dans un organe voisin. Or, toute affection du cervelet peut se communiquer facilement, au moyen du processus cerebelli ad testes, aux corps quadrijumeaux et produire conséquemment une amblyopie ou une cécité complète, comme cela était déjà signalé dans les observations de M. Andral et autres.
« La question de la diplopie monoculaire est plus difficile à résoudre. M. Desmsircs père a dit : « Exceptionnellement, c'est la rétine seule qui perçoit les deux images ; mais alors la diplopie est toujours uuiloculairc. » {Traité des maladies du >jeux. Paris, 1858, t. III, p. 043.)
« On comprend facilement la diplopie monoculaire, quand elle tient à une subiuxation du cristallin, opacité du cristallin, aberration de sphéricité, suite de défaut de réfraction, etc.
« Ici il faut chercher une autre explication, et je crois qu'elle se trouve en pnn e dans le défaut d'accommodation, et en partie dans les désordres fonctionnels de la
rétine. ...
Sous le rapport de l'accommodation, on trouvait, chez notre malade, le déiaut a a daptation de l'œil à une grande distance. Cela tenait probablement au spasme au muscle de Brucke, qui rendait l'œil myope. Nous connaissons, d'autre part, la propriété qu'a le cristallin de fournir les images doubles ou multiples, dès que 1 on