‹ De l'electrisation localisee et de son application a la pathologie et la therapeutique par courants induits et par courants galvaniques interrompus et continusChapitre 327 sur 543 · ART. 11, § II. — DIAGNOSTIC DIFF. DES AFF. CÉRÉBELLEUSES · texte numérisé non relu

ART. 11, § II. — DIAGNOSTIC DIFF. DES AFF. CÉRÉBELLEUSES

terisent l'ataxie locomotrice progressive, avec les troubles observés dans la slation et la marche chez les sujets atteints de troubles locomoteurs occasionnés par des affections cérébelleuses. Je n'aurais certainement pas commis une telle erreur si, ne m'en tenant pas aux apparences, j'avais analysé plus minutieusement les désordres fonctionnels qu'ils présentent, lorsqu'ils sont debout et pendant les temps de la marche. Je puis aujourd'hui décrire exactement les troubles de la locomotion qui caractérisent ces états différents.

A. — Voyons-les d'abord dans la station debout. Dès que le malade cérébelleux commence à tituber, son corps, pendant la station debout, oscille en tous sens, soit latéralement, soit d'avant en arrière, et vice vwsâ. L'étendue de ces oscillations est en raison directe du degré de la lésion. Il semble se balancer et s'y abandonner mollement et tranquillement.

Chez les sujets atteints d'ataxie locomotrice, les oscillations du corps, pendant la station debout, ont un caractère bien différent ; elles sont brusques, plus courtes et plus rapides. J'ai déjà comparé l'ataxique debout à un danseur qui, sans balancier, veut se tenir sur une corde roide :rien n'est plus juste que cette comparaison. Les contractions musculaires qui, dans la station verticale, produisent alors ces oscillations brusques du tronc, ressemblent à des spasmes. Pour constater ce fait, il faut que les membres inférieurs soient nus et à découvert ; alors on voit, quand le corps est agité plus ou moins vivement par ces oscillations, certains muscles de ces membres se contracter fortement et brusquement, et pendant un espace de temps très-court. Ce sont ces contractions qui impriment au tronc ces petits mouvements oscillatoires, brusques.

Ces contractions cependant ne sont pas seulement spasmodiques ; elles sontaussi fonctionnelles, car elles ont toujours lieu pour maintenir le corps dans la ligne de gravité. J'ai constaté, en effet, que, lorsque le sujet oscille dans un sens, ce sont toujours les muscles qui le ramènent dans un sens opposé, qui entrent vivement en action.

Ces contractions sont autant instinctives que volontaires. Il arrive en effet quelquefois, surtout au début de l'incoordination musculaire, que le malade oscille très-légèrement, sans qu'il en ait conscience ; et l'on peut constater déjà des contractions petites et courtes parmi les muscles qui meuvent les pieds et les orteils. J'ai vu faire dernièrement une observation fine par la femme d'un malade atteint d'ataxie locomotrice, auprès duquel j'étais appelé en consultation par mon ami le docteur Contour. Pendant quelques mois, disait-elle, avant que son mari s'aperçût qu'il conservait difficilement son équilibre, elle avait remarqué que, lorsqu'il se tenait debout, et sans être chaussé, ses pieds, au lieu de rester tranquille-

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