‹ De l'electrisation localisee et de son application a la pathologie et la therapeutique par courants induits et par courants galvaniques interrompus et continusChapitre 328 sur 543 · CHAI'. XII, — AFFECTIONS CÉRÉBRALES ET CÉRÉBELLEUSES · texte numérisé non relu

CHAI'. XII, — AFFECTIONS CÉRÉBRALES ET CÉRÉBELLEUSES

ment posés à plat sur le tapis, étaient agités de petits mouvements continuels, et que ses orteils étaient incessamment et alternative- < ment abaissés et relevés. Alors aussi elle voyait son corps osciller faiblement.

Mais à ces contractions instinctives viennent bientôt se mêler des contractions volontaires. Dès que le malade a conscience de la perte de son équilibre, on le voit s'en préoccuper sans cesse, dès qu'il se tient debout, et faire, pour le conserver, des efforts qui l'cpuisent bientôt. Aussi ne peut-il se tenir longtemps debout sans éprouver de la fatigue.

B. — A la marche seulement, on peut distinguer un malade cérébelleux de celui qui est atteint d'alaxie locomotrice arrivée à la période à'asynergie musculaire. Le premier, comme je l'ai déjà dit, marche en décrivant des courbes alternativement à droite ou à gauche, ou en zigzags, et ne peut aller droit devant lui. 11 se penche doucement du côté où il dévie; il semble alors qu'il soit entraîné latéralement par le poids de son corps. Il arrive quelquefois môme que cette inclinaison du corps est telle qu'il se laisse tomber de ce côté. Bien qu'il marche ainsi en titubant, il accomplit normalement les différents temps de la marche, et le membre qui oscille alors d'arrière en avant ne va point au delà du pas et ne retombe pas en frappant du talon le sol avec bruit; au contraire, il marche souvent en traînant ses jambes.

Analysons maintenant comparativemeni la progression, chez l'ataxique arrivé à la période d'asynergie musculaire. Il marche habituellement droit devant lui, en vacillant, mais sans décrire des courbes ni des zigzags, comme l'homme ivre. Les oscillations dont il est agité conservent le môme caractère que lorsqu'il se tient dans la station debout, bien que la progression les augmente; elles sont d'autant plus étendues que l'incoordination des mouvements règne à un plus haut degré. Le malade est très-inquiet pendant la marche; il craint tellement de perdre son équilibre, que son regard abaissé vers le sol ou fixé sur ses jambes n'ose l'en détourner dans la crainte de tomber. — C'est ce que je n'ai point observé dans la titubalion cérébelleuse. — Enfin il arrive un moment où, ayant perdu à des degrés divers l'harmonie de ses muscles antagonistes, J'ataxique ne peut plus modérer les mouvements des différents temps de la marche. C'est ainsi que, dans le second temps de la marche, le membre oscillant avec trop de force d'arrière en avant dépasse la limite ordinaire du pas, et retombe en frappant le sol du talon. En outre, pendant celte môme oscillation des membres inférieurs, la flexion du pied sur la jambe est exagérée. — La marche de l'homme atteint d'une lésion cérébelleuse n'offre rien de semblable.

ART. II, § II. — DIAGNOSTIC DIFF. DES AFF. CÉRÉBELLEUSES. 7 59 II. — Vertiges. Diplopie au point de vue du diagnostic dans les

AFFECTIONS CÉRÉBELLEUSES.

Les vertiges sont en général les premiers symptômes des affections cérébelleuses. J'ai en effet demandé à un grand nombre d'individus qui en étaient atteints, s'ils éprouvaient des vertiges ; ils m'ont dit que la tête leur tournait, ou bien qu'ils voyaient tout tourner ou danser autour d'eux, et que c'était cela qui les empêchait de se tenir d'aplomb ou de marcher droit devant eux. Leur titubation n'est pas produite par le défaut de coordination des mouvements; elle est causée par les vertiges; c'est pourquoi je l'ai appellée titubation vertigineuse .

L'ataxie locomotrice, au contraire, ne produit point de vertiges ; les troubles de l'équilibration et la titubation, qui se montrent à une certaine période de celte maladie, ne sauraient donc être attribués à ces vertiges. J'ai constaté ce fait sur plus d'une centaine de sujets. Je leur demandais si, dans la station debout ou en marchant, ils avaient des vertiges; si la vue se troublait alors; s'ils n'en éprouvaient pas des nausées; si, en un mot, ils ne se sentaient pas la tête alourdie ou tourner, comme lorsqu'on a bu un peu trop de vin ou de liqueurs. Ils répondaient que leur tête était parfaitement libre, et que l'équilibration leur manquait seulement dans les jambes. J'en ai vu qui s'étaient enivrés souvent avant l'invasion de leur maladie, et alors ils savaient mieux en faire la différence. Us sentaient bien, disaient-ils, qu'après avoir trop bu, les tournoiements de la tête les empêchaient de marcher droit ou de rester debout, sans se balancer en tout sens, mais que, dans leur maladie les jambes seules leur faisaient défaut pour se tenir en équilibre. L'un d'eux me disait: « Quand j'avais bu, je ne m'équilibrais pas par la tête ; mais dans ma maladie ma tête est bonne, c'est par le bas que je manque d'équilibre. »

Il est bien entendu qu'alors on doit tenir compte de l'état de la vue, et se rappeler que la diplopie consécutive au strabisme paralytique occasionne aussi des éblouissements, quelquefois des tournoiements pendant la marchp, et qu'elle fait dévier de la ligne droite. Mais comme il suffit de clore l'œil affecté de strabisme pour faire disparaître ces troubles, il sera toujours facile d'éviter cette cause d'erreur chez les alaxiques.

En résumé, il est démontré que la titubation, dans l'ataxie locomotrice, n'est pas produite par les vertiges, comme dans les affections cérébelleuses; qu'elle s'explique seulement par la perte de la faculté de coordonner les mouvements. C'est pourquoi jel'ai appelée titubation asynergique, dont les signes distinctifs sont essentiellement différents, soit dans la station debout, soit dans la marche, de

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ceux de la titubation vertigineuse occasionnée par l'ivresse alcoolique.

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